F1 - Et si Mercedes dominait encore après le changement de règle sur le taux de compression ?
Mercedes pourrait-elle encore prendre l’avantage malgré la nouvelle règle sur le taux de compression ? C’est possible… grâce à la FIA !
Le règlement moteur introduit pour la saison 2026 de F1 fixe une limite claire. Le taux de compression maximal des V6 hybrides ne doit pas dépasser 16:1. Cette valeur correspond à l’espace restant dans le cylindre entre la position basse et la position haute du piston. Mais Mercedes a l’avantage.
Une règle technique qui fait déjà parler dans le paddock de F1
Jusqu’à présent, cette mesure du taux de compression
était effectuée moteur froid. Et lors du Grand Prix d’Australie, toutes
les unités de puissance ont été déclarées conformes à cette
réglementation.
Cependant, plusieurs équipes soupçonnent Mercedes d’avoir
trouvé un moyen d’obtenir un taux de compression plus élevé lorsque
le moteur fonctionne à pleine température. Et c’est même
avéré.
Depuis plusieurs mois, des concurrents du constructeur allemand estiment
que le moteur conçu à Brixworth pourrait atteindre un taux
de compression proche de 18:1 en fonctionnement. Soit une
valeur autorisée par le règlement précédent.
Il faut rappeler que la limite de 16:1 a existe depuis de
l’élaboration des règles moteurs. À la demande notamment de Porsche
et Audi, afin de limiter les écarts de performance.
Aucune preuve n’indique clairement que le bloc Mercedes
atteint une telle valeur. Néanmoins, plusieurs sources
affirment que le moteur allemand dépasserait déjà légèrement la
limite de 16:1 dans certaines conditions.
Une modification du règlement adoptée par la FIA
Face aux interrogations soulevées dans le paddock, la
FIA a décidé de clarifier les procédures de contrôle. Le
commissaire technique chargé des groupes propulseurs,
Vincent Pereme, a confirmé que la chambre de combustion du moteur Mercedes
respectait le règlement actuel.
Mais après plusieurs discussions tendues, les équipes et la
fédération ont convenu de modifier l’article C5.4.3 du
règlement. Jusqu’au 31 mai, la vérification du taux de
compression s'effectuera à température ambiante.
En revanche, à partir du 1er juin, la mesure
devra être réalisée dans deux conditions. Moteur à température
ambiante et moteur porté à 130°C.
Le règlement précise également qu’aucun dispositif ou
conception interne ne doit permettre d’augmenter le taux de compression
au-delà de 16:1 lorsque le moteur fonctionne.
Certains aspects de cette modification ne sont toutefois
pas entièrement publics. Dans les faits, les discussions
entre les équipes et la FIA auraient introduit une légère marge de
tolérance. À l’avantage de Mercedes donc.
Une date choisie avec précision et un tolérance pour Mercedes
Lorsque le moteur sera mesuré à 130°C, la valeur
admise pourrait atteindre 16,7:1. Il est important de
préciser que cette température correspond à celle de l’huile du
moteur, et non à la température externe du bloc.
À l’heure actuelle, il reste impossible de déterminer précisément
le taux de compression réel du moteur Mercedes en fonctionnement.
Selon l’écurie allemande, aucune modification ne sera nécessaire
pour respecter la nouvelle méthode de contrôle. D’autres
ingénieurs du paddock pensent toutefois que les Flèches d’Argent pourraient
devoir modifier la culasse. Par exemple en élargissant un
petit orifice qui limite actuellement le remplissage de la
préchambre à haute température.
La mise en application du nouveau contrôle à partir du 1er
juin n’est pas un hasard. Initialement, la date du 1er
août avait été envisagée. Cela afin de correspondre aux cycles de
changement des moteurs.
En 2026, chaque pilote dispose de trois moteurs pour les
24 Grands Prix de la
saison, ce qui signifie qu’une unité de puissance doit
tenir environ huit week-ends de course.
Or, la huitième manche du championnat correspond au Grand Prix de Monaco, prévu le 7 juin. Si Mercedes devait modifier son moteur, l’équipe pourrait ainsi le faire sur la deuxième unité de puissance, sans perturber son calendrier initial.
Le rôle du carburant Petronas en F1
Un autre élément entre en jeu : le carburant durable développé
par Petronas pour Mercedes. Ce carburant a été conçu pour
exploiter au maximum l’énergie thermique générée par un taux de
compression élevé. Si les réglages moteurs évoluent à partir de
juin, il est donc possible que l’équipe doive adapter
également la formulation de son carburant.
Les autres motoristes disposent toutefois d’un levier pour réagir.
Le règlement de F1 prévoit un mécanisme appelé ADUO (Additional
Development and Upgrade Opportunities). Celui-ci permet
d’autoriser certaines évolutions techniques si un moteur accuse un
retard de performance significatif.
Les équipes pourront déposer une demande après la sixième course de
la saison, le Grand Prix de Miami. Si la FIA
estime que l’écart de puissance dépasse 2% par rapport au moteur de
référence — celui de Mercedes développé sous la direction
d’Hywel Thomas —, elle pourrait autoriser des
modifications.
Dans ce cas, les changements pourraient être validés lors de la 12e
manche du championnat de F1. À savoir, le Grand Prix de
Belgique.
Et ainsi être introduits dès la course suivante,
le Grand Prix de Hongrie le 26
juillet. D’ici là, Mercedes pourrait profiter de cette période
d’incertitude réglementaire pour prendre de l’avance au
championnat.
Les principaux rivaux identifiés sont Ferrari, que Toto Wolff considère comme le
principal adversaire, et McLaren, qui travaille encore à
optimiser l’exploitation de son moteur.
Si le bloc Mercedes conserve son avantage malgré les nouvelles
procédures de contrôle, l’écurie allemande pourrait bien dominer
toute la saison 2026 avant que ses concurrents n’aient l’occasion
de réagir.















