F1 - Et si Mercedes dominait encore après le changement de règle sur le taux de compression ?

Publié le 14 mars 2026 à 08:00
F1 2026 : pourquoi les "teams Mercedes" seront à craindre à Melbourne !

Mercedes pourrait-elle encore prendre l’avantage malgré la nouvelle règle sur le taux de compression ? C’est possible… grâce à la FIA !

Le règlement moteur introduit pour la saison 2026 de F1 fixe une limite claire. Le taux de compression maximal des V6 hybrides ne doit pas dépasser 16:1. Cette valeur correspond à l’espace restant dans le cylindre entre la position basse et la position haute du piston. Mais Mercedes a l’avantage.

Une règle technique qui fait déjà parler dans le paddock de F1

Jusqu’à présent, cette mesure du taux de compression était effectuée moteur froid. Et lors du Grand Prix d’Australie, toutes les unités de puissance ont été déclarées conformes à cette réglementation.
Cependant, plusieurs équipes soupçonnent Mercedes d’avoir trouvé un moyen d’obtenir un taux de compression plus élevé lorsque le moteur fonctionne à pleine température. Et c’est même avéré.
Depuis plusieurs mois, des concurrents du constructeur allemand estiment que le moteur conçu à Brixworth pourrait atteindre un taux de compression proche de 18:1 en fonctionnement. Soit une valeur autorisée par le règlement précédent.
Il faut rappeler que la limite de 16:1 a existe depuis de l’élaboration des règles moteurs. À la demande notamment de Porsche et Audi, afin de limiter les écarts de performance.
Aucune preuve n’indique clairement que le bloc Mercedes atteint une telle valeur. Néanmoins, plusieurs sources affirment que le moteur allemand dépasserait déjà légèrement la limite de 16:1 dans certaines conditions.

Une modification du règlement adoptée par la FIA

Face aux interrogations soulevées dans le paddock, la FIA a décidé de clarifier les procédures de contrôle. Le commissaire technique chargé des groupes propulseurs, Vincent Pereme, a confirmé que la chambre de combustion du moteur Mercedes respectait le règlement actuel.
Mais après plusieurs discussions tendues, les équipes et la fédération ont convenu de modifier l’article C5.4.3 du règlement. Jusqu’au 31 mai, la vérification du taux de compression s'effectuera à température ambiante.
En revanche, à partir du 1er juin, la mesure devra être réalisée dans deux conditions. Moteur à température ambiante et moteur porté à 130°C.
Le règlement précise également qu’aucun dispositif ou conception interne ne doit permettre d’augmenter le taux de compression au-delà de 16:1 lorsque le moteur fonctionne.
Certains aspects de cette modification ne sont toutefois pas entièrement publics. Dans les faits, les discussions entre les équipes et la FIA auraient introduit une légère marge de tolérance. À l’avantage de Mercedes donc.

Une date choisie avec précision et un tolérance pour Mercedes

Lorsque le moteur sera mesuré à 130°C, la valeur admise pourrait atteindre 16,7:1. Il est important de préciser que cette température correspond à celle de l’huile du moteur, et non à la température externe du bloc.
À l’heure actuelle, il reste impossible de déterminer précisément le taux de compression réel du moteur Mercedes en fonctionnement. Selon l’écurie allemande, aucune modification ne sera nécessaire pour respecter la nouvelle méthode de contrôle. D’autres ingénieurs du paddock pensent toutefois que les Flèches d’Argent pourraient devoir modifier la culasse. Par exemple en élargissant un petit orifice qui limite actuellement le remplissage de la préchambre à haute température.
La mise en application du nouveau contrôle à partir du 1er juin n’est pas un hasard. Initialement, la date du 1er août avait été envisagée. Cela afin de correspondre aux cycles de changement des moteurs.
En 2026, chaque pilote dispose de trois moteurs pour les 24 Grands Prix de la saison, ce qui signifie qu’une unité de puissance doit tenir environ huit week-ends de course.

Or, la huitième manche du championnat correspond au Grand Prix de Monaco, prévu le 7 juin. Si Mercedes devait modifier son moteur, l’équipe pourrait ainsi le faire sur la deuxième unité de puissance, sans perturber son calendrier initial.

Le rôle du carburant Petronas en F1

Un autre élément entre en jeu : le carburant durable développé par Petronas pour Mercedes. Ce carburant a été conçu pour exploiter au maximum l’énergie thermique générée par un taux de compression élevé. Si les réglages moteurs évoluent à partir de juin, il est donc possible que l’équipe doive adapter également la formulation de son carburant.
Les autres motoristes disposent toutefois d’un levier pour réagir. Le règlement de F1 prévoit un mécanisme appelé ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunities). Celui-ci permet d’autoriser certaines évolutions techniques si un moteur accuse un retard de performance significatif.
Les équipes pourront déposer une demande après la sixième course de la saison, le Grand Prix de Miami. Si la FIA estime que l’écart de puissance dépasse 2% par rapport au moteur de référence — celui de Mercedes développé sous la direction d’Hywel Thomas —, elle pourrait autoriser des modifications.
Dans ce cas, les changements pourraient être validés lors de la 12e manche du championnat de F1. À savoir, le Grand Prix de Belgique.

Et ainsi être introduits dès la course suivante, le Grand Prix de Hongrie le 26 juillet. D’ici là, Mercedes pourrait profiter de cette période d’incertitude réglementaire pour prendre de l’avance au championnat.
Les principaux rivaux identifiés sont Ferrari, que Toto Wolff considère comme le principal adversaire, et McLaren, qui travaille encore à optimiser l’exploitation de son moteur.
Si le bloc Mercedes conserve son avantage malgré les nouvelles procédures de contrôle, l’écurie allemande pourrait bien dominer toute la saison 2026 avant que ses concurrents n’aient l’occasion de réagir.

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À propos de l’auteur
Hugo Quintal
Hugo Quintal
Passionné d'automobile depuis le plus jeune âge, je me suis spécialisé dans le journalisme auto lors de mes études. Mon truc à moi ? Les nouveautés, les technologies, la performance... Des passions dans la passion que j'ai découvertes en essayant tout ce qui roule sur cette planète. Quand je n'écris pas et que je ne suis pas derrière un volant... Je suis sur l'eau, en Kite ou en Wakeboard.
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