Le film "F1" dans la course aux Oscars 2026 : est-ce bien normal ?
"F1", le blockbuster d'Apple consacré à la Formule 1, se retrouve dans la course aux Oscars 2026. Nomination méritée ou surprise ?
Quatre nominations aux Oscars, dont celui du Meilleur Film : F1 : Le Film réalise un tour de force inattendu à Hollywood. Mais entre surprise totale, soupçons de marketing bien huilé et critiques divisées… Cette arrivée en pole position ne fait pas l’unanimité.
Une superproduction bien placée… mais pas forcément la plus rapide
Hollywood adore les récits de come-back, surtout
quand ils roulent à plus de 300 km/h. Avec F1 : Le Film,
le public s’attendait à une énième histoire de rivalité sur fond de
pneus qui crissent. Résultat ? Un blockbuster sur-vitaminé, signé
Joseph Kosinski (Top Gun: Maverick) et produit par
Jerry Bruckheimer et Lewis Hamilton, qui
coche toutes les cases du film calibré pour cartonner.
Et ça a marché : plus de 630 millions de dollars de recettes, une
immersion spectaculaire sur les circuits de F1, un Brad Pitt au
volant. Et des séquences tournées au cœur du paddock. Mais
de là à viser l’Oscar du Meilleur Film ?
Certains crient au forcing. Le film est en lice dans
quatre catégories :
- Meilleur Film
- Meilleur Montage
- Meilleur Son
- Meilleurs Effets Visuels
Mais ce sont surtout les absents de la liste qui font grincer des dents. Plusieurs films salués par la critique (Past Lives, The Taste of Mango, All Dirt Roads Taste of Salt) ont été écartés au profit d’un film… Disons, plus bruyant que profond. Bien qu’on adore la F1 !

Brad Pitt au volant, Hamilton aux manettes
Pour certains observateurs, F1 : Le Film
doit autant à son budget marketing colossal qu’à ses qualités
cinématographiques. La main d’Apple et de ses campagnes bien rodées
plane sur cette opération à grande vitesse, qui a su séduire les
votants de l’Académie.
Sur le plan de la production, il faut reconnaître que le film a mis les moyens.
Brad Pitt incarne Sonny Hayes, ex-pilote de retour en F1,
face à Damson Idris, jeune talent ambitieux. Et Javier Bardem, en
patron d’équipe prêt à tout. Le tout supervisé par Lewis Hamilton
lui-même. Alors présent en tant que garant de la crédibilité côté
paddock.
Les images sont spectaculaires, les scènes de course
bluffantes et le montage chirurgical. Mais au-delà du
bruit et de la fureur, le scénario n’invente rien. C’est du
Days of Thunder version
2025 ? Sauce Apple TV+. Bien fait, oui. Révolutionnaire ? Pas
vraiment.
Si certains spectateurs ont adoré l’expérience immersive,
d’autres dénoncent un film « formaté ». Quelque chose de
plus proche d’une pub de luxe pour la F1 que d’un vrai drame
sportif.
Ce qui ne l’empêche pas d’être diablement efficace. Surtout
sur le plan technique. Et c’est sans doute là que F1 : Le
Film brille réellement. Montage, son et effets
visuels. Des catégories où sa nomination est pleinement justifiée.
Pour le reste ? Il faudra voir si l’Académie est prête à faire de
la F1… Le nouveau roi de la route.
La 98e cérémonie des Oscars se tiendra le 15 mars 2026. D’ici là, une chose est sûre. Avec ses nominations, F1 : Le Film a déjà remporté le Grand Prix du coup médiatique. Mais pour grimper sur la plus haute marche du podium, il lui faudra plus qu’un tour rapide… Il lui faudra convaincre que sous le carbone et la gomme, il y a bien du cinéma.















