Ce youtubeur ose réparer lui-même une Chiron Pur Sport à 5,5 millions d'euros… la réaction de Mate Rimac était inévitable
Déclarée irréparable après un accident, cette Bugatti Chiron Pur Sport est reconstruite par le youtubeur Mat Armstrong. Une aventure qui a poussé Mate Rimac à répondre publiquement aux nombreuses rumeurs sur les réparations Bugatti.
Une Bugatti Chiron Pur Sport à plus de 5,5 millions d'euros, déclarée irréparable par l'assurance, finissant sur un pont élévateur de YouTube : c'est le point de départ du feuilleton Mat Armstrong. En tentant de reconstruire cette hypercar rarissime hors du réseau officiel, le créateur britannique a déclenché une telle tempête en ligne que le PDG de Bugatti-Rimac, Mate Rimac, a fini par prendre la parole publiquement. Son message vise autant la voiture de Mat Armstrong que tout ce qu'on raconte sur le coût et la sécurité des réparations Bugatti.
Derrière la requête très recherchée "Mat Armstrong Bugatti Chiron Pur Sport", il y a une histoire bien précise. La voiture, l'une des 60 Pur Sport produites, appartenait à l'influenceur Alex Gonzalez à Miami. Après un crash, l'assureur l'a classée "perte totale" et elle a été revendue aux enchères. Mat Armstrong est alors appelé pour la rebâtir devant des millions d'abonnés, tandis que Bugatti verrouille le numéro de série (VIN) et refuse tout accès officiel aux pièces. C'est ce bras de fer qui a fini par forcer la réaction du patron.
Pourquoi la Chiron Pur Sport de Mat Armstrong a fait sortir Mate Rimac du silence
Au départ, Bugatti avait proposé une réparation en usine autour de 1,6 million d'euros, puis une offre revue à environ 550 000 euros, refusée par le propriétaire. La Pur Sport part donc chez Copart, puis chez Mat Armstrong, spécialiste des supercars accidentées. Dans ses vidéos, il montre une auto dévastée, notamment deux déchirures majeures au niveau des supports de transmission. Surtout, il explique que la Chiron Pur Sport est "blacklistée" : avec ce VIN bloqué, aucun concessionnaire n'a le droit de lui vendre la moindre pièce officielle.
À mesure que la série progresse, Mat Armstrong évoque des tarifs jugés délirants pour certaines pièces et l'idée d'utiliser l'impression 3D ou des éléments d'autres modèles, comme un airbag d'Audi A3. Les réseaux s'enflamment, les chiffres circulent, souvent sans contexte, et Bugatti est accusé de rendre la voiture irréparable. Les commentaires sur la Pur Sport de Mat apparaissent même sous d'autres contenus Bugatti. Sur Instagram, Mate Rimac finit par publier une longue vidéo pour recadrer les discussions et expliquer pourquoi la marque reste à l'écart de cette reconstruction très médiatisée.
Ce que dit vraiment la vidéo de Mate Rimac sur les coûts Bugatti
Dans sa prise de parole, Mate Rimac commence par tacler les rumeurs : "On parle beaucoup des coûts de service, de réparation et d'entretien de Bugatti en ligne", explique le dirigeant, avant d'ajouter : "Et la plupart de ce que vous entendez est tout simplement faux." Il rappelle qu'une Chiron neuve est livrée avec quatre ans de service et de garantie inclus, ce qui limite les factures pour les premiers propriétaires. Il donne aussi des exemples concrets, comme un phare de Chiron facturé autour de 50 000 euros, loin des 150 000 euros répétés sur Internet.
Le PDG insiste surtout sur la complexité de l'auto. Les éléments clés de la Chiron Pur Sport, du W16 à la monocoque carbone en passant par la transmission, forment un ensemble pensé pour rouler à des vitesses extrêmes. Dans ce contexte, explique‑t‑il, des pièces critiques ne peuvent pas être reproduites en impression 3D ni remplacées par des composants issus d'autres marques sans mettre en jeu la sécurité. Selon lui, cette Pur Sport aurait dû être réparée dans l'usine de Molsheim, en étant littéralement séparée en deux pour accéder correctement à la boîte et à la structure.
Une Chiron Pur Sport coupée en deux dans un atelier YouTube
Malgré l'absence de soutien officiel, Mat Armstrong poursuit son chantier. Dans ses vidéos, on voit la Bugatti scindée en deux dans son atelier britannique pour atteindre la transmission gravement endommagée, une approche qui rappelle la procédure décrite pour l'usine. Il fait refaire des radiateurs sur mesure, cherche des solutions pour les airbags et parvient à redémarrer le gigantesque moteur W16. Chaque étape devient un épisode, suivi comme une série par un public partagé entre admiration et inquiétude.
Au bout de plusieurs mois, la Chiron Pur Sport roule à nouveau lors d'essais sur route, même si la voiture reste loin d'un état final : finitions, intérieur, validation de la structure, tout n'est pas bouclé. Le statut de cette Bugatti reste flou, puisque le VIN demeure black‑listé et qu'aucun passage en usine n'est prévu. En toile de fond, la saga ouvre un débat plus large sur le droit à la réparation des hypercars, entre fans qui saluent l'ingéniosité de Mat Armstrong et ingénieurs qui s'interrogent sur l'idée de remettre en circulation, hors réseau, une machine capable d'approcher les 400 km/h.














