Turbo ou compresseur ? Ces 5 voitures ont simplement décidé de prendre les deux

Publié le 31 août 2026 à 07:30
Turbo ou compresseur ? Ces 5 voitures ont simplement décidé de prendre les deux

Avant l’hybridation, certains constructeurs avaient une autre solution pour cumuler réponse et puissance : associer compresseur et turbo sur le même moteur. Voici cinq modèles qui ont osé cette mécanique.

On vous a peut‑être déjà parlé des voitures turbo, ou de celles équipées d’un compresseur volumétrique. Ce que l’on sait moins, c’est qu’une poignée de constructeurs ont osé les deux à la fois sur des modèles de série : une double suralimentation compresseur + turbo, aussi appelée twincharging.

L’idée : avoir le punch immédiat du compresseur à bas régime, puis laisser le turbocompresseur prendre le relais quand l’aiguille grimpe, pour gommer le "lag" et sortir la puissance d’un gros moteur avec une petite cylindrée. Cinq voitures de série l’ont fait de façon spectaculaire, au point d’être devenues des icônes pour les passionnés.

Cinq voitures de série à double suralimentation vraiment à part

La première à ouvrir la voie, en 1985, est la Lancia Delta S4 Stradale, version d'homologation du monstre de rallye Groupe B : son 1,8 litre Tipo 233 ATR 18S cumulait compresseur et turbo, jusqu’à 1 000 ch en essais, 487 ch en course et 250 ch pour la route. En 1989, Nissan applique la même recette à l’autre extrême du spectre avec la March Super Turbo, citadine de 0,9 litre dopée au twincharging pour les rallyes.

En 2006, la Volkswagen Golf GT 1.4 TSI EA111 montre que la double suralimentation peut aussi servir le downsizing : 170 ch, soit environ 14 % de puissance en plus et 5 % de carburant en moins qu’un 2,0 l turbo FSI de la maison. La Zenvo ST1, lancée en 2009, pousse le concept à l'extrême avec un V8 LS7 7,0 litres twincharged à 1 104 ch, tandis que la Polestar 1 (2019) combine un 2,0 litres B4204T48 twincharged et des moteurs électriques pour atteindre 600 ch au total.

De la Lancia Delta S4 à la minuscule Nissan March Super Turbo

Née pour dominer le Championnat du monde des rallyes en Groupe B, la Lancia Delta S4 est une vraie bête de course déguisée en compacte. Châssis spécifique, moteur central, transmission intégrale permanente : la Stradale n’est là que pour l’homologation, avec environ 200 exemplaires. Son quatre cylindres 1,8 litre reçoit un compresseur pour la réponse immédiate et un gros turbo pour la pleine charge, une architecture alors exceptionnelle sur une voiture de série.

Nissan part d’une base beaucoup plus humble avec la March (Micra) Super Turbo, mais l’objectif est le même : gagner en rallye. Le petit 0,9 litre MA09ERT twincharged développe 110 ch sur la version de route, presque trois fois plus qu’une citadine classique de l’époque. Environ 10 000 exemplaires sont produits, ce qui en fait aujourd’hui une curiosité très recherchée du monde JDM.

Golf GT TSI, Zenvo ST1, Polestar 1 : trois façons modernes d’exploiter le twincharging

La Golf GT 1.4 TSI EA111 vise surtout les normes de CO₂ : grâce à la double suralimentation séquentielle, son petit quatre cylindres offre le couple d’un gros bloc avec une consommation maîtrisée. Le moteur sera d’ailleurs repris sur d’autres modèles du groupe Volkswagen, de Skoda à Seat, avant d’être abandonné au profit de turbos plus classiques jugés moins complexes et coûteux.

À l’opposé, la Zenvo ST1 et la Polestar 1 utilisent la double suralimentation comme ingrédient dans un cocktail beaucoup plus extrême. La supercar danoise, produite à seulement 15 exemplaires entre 2009 et 2016, s’appuie sur son V8 LS7 twincharged pour viser les hypercars établies. La Polestar 1, elle, marie son 2,0 litres twincharged d'environ 330 ch à deux moteurs électriques arrière pour offrir un coupé hybride de 600 ch, symbole d’une période de transition entre moteurs thermiques sophistiqués et électrification.

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