Retrouvée dans une grange, cette Plymouth Superbird Hemi est en parfait état mais un petit détail fait tiquer les collectionneurs
Après des décennies passées dans une grange du Massachusetts, cette Plymouth Superbird B5 Hemi n’affiche que 17 000 km et n’a jamais été restaurée. Pourtant, un détail, cher aux yeux des puristes, manque à l’appel… de quoi faire chuter drastiquement sa valeur.
Derrière son immense aileron et son museau de fusée, la Plymouth Superbird B5 Hemi fait déjà partie des légendes de Detroit. On la voit le plus souvent parfaitement refaite, briquée comme une voiture de salon. Celle-ci a suivi un chemin bien différent, restée à l’écart des podiums et des concours pendant des années.
Longtemps oubliée dans une grange du Massachusetts au sol en terre et bois, cette Superbird bleue a refait surface avec seulement 10 855 miles au compteur, soit environ 17 000 km. Non restaurée, préservée dans son jus, elle a tout d’une capsule temporelle… à un détail près, qui fait grincer des dents les puristes.
Plymouth Superbird B5 Hemi : du muscle car bon marché au missile NASCAR
À l’origine, Plymouth lance la Road Runner en 1968 comme muscle car simple et abordable, dépouillée de chrome et de luxe pour rester accessible. En 1970, la marque la transforme en Superbird pour ramener Richard Petty de chez Ford et briller sur les superspeedways NASCAR, avec un nez allongé de 19 pouces (48 cm) et un aileron culminant à environ 58 pouces (147 cm) pour laisser le coffre s’ouvrir dessous. Pour l’homologation, 1 935 exemplaires sortent des usines.
Sous le capot, trois moteurs seulement : 440 4-barrel (1 084 voitures), 440 Six-Barrel (716) et le mythique 426 Hemi, monté sur 135 Superbird, dont 77 avec boîte automatique Torqueflite et 58 en boîte 4. Proposée autour de 4 300 $ (environ 4 000 €) quand une simple Road Runner débute à 3 000 $ (près de 2 800 €), la Superbird se vend mal. Ironie de l’histoire, certaines Hemi Superbird restaurées dépassent aujourd’hui le million de dollars, soit près de 930 000 €, surtout dans des teintes recherchées comme le B5 Blue.
De la grange du Massachusetts au coffre-fort The Brothers Collection
L’exemplaire dont il est question ici est une Superbird 1970 B5 Blue, intérieur vinyle blanc, boîte automatique à levier au volant et vitres manuelles, configurée comme un simple outil de vitesse. Elle a passé des décennies dans une grange du Massachusetts, posée sur un sol de terre et de planches, l’habitacle jauni et couvert de poussière. Quand elle est sortie de sa cachette, tout était là, mais figé par le temps.
Confiée aux spécialistes de Level One Restoration, la consigne a été claire : préserver plutôt que refaire. Le dessous a été nettoyé par projection de glace carbonique pour enlever la légère rouille sans effacer les marquages et tampons d’usine. La peinture d’origine B5, avec son léger effet peau d’orange et ses petits éclats, a été conservée. Avec ses pneus d’époque, l’auto ne roule presque pas, déplacée d’à peine 400 m pour un tournage à l’été 2023. À bord, les sièges blancs ont retrouvé leur éclat, le fameux compteur Tic-Toc-Tach fonctionne encore, et la voiture trône désormais dans le musée privé The Brothers Collection, à Salem, Oregon.
Un survivor exceptionnel, une fender tag absente et un dilemme
Les mécaniques ont simplement remis en route le 426 Hemi en nettoyant le réservoir, les conduites d’essence et les carburateurs, sans transformations modernes. On parle ici d’un vrai survivor : une voiture jamais restaurée, où chaque défaut raconte son histoire. Face caméra, le youtubeur Joshuan Thomas, alias Dezzy, pose la question que tout le monde se pose : "Est-ce qu’on la restaure, ou est-ce qu’on se contente de l’entretenir ?", résume-t-il sur la chaîne YouTube DezzysSpeedShop. À l’heure où les restaurations de haut vol atteignent les sept chiffres, cette Superbird qui sent encore 1970 reste volontairement figée dans le temps.
Reste ce fameux détail manquant : la fender tag. Sur une Mopar, cette petite plaque rivetée sur l’aile avant concentre les codes de couleur (comme B5), d’intérieur, d’options, d’usine et de date de production, véritable acte de naissance métallique. Sur cette Superbird, la fender tag n’est plus là, sans doute retirée par prudence, ce qui frustre les collectionneurs et peut peser sur la valeur. Malgré cette absence, l’auto, avec son état incroyable et son historique cohérent, demeure l’un des témoignages les plus purs de l’époque où Plymouth a transformé sa muscle car la plus humble en quasi projet d’aéronautique.














