Porsche Cayenne V8 cabriolet : ce drôle de break de plage, aussi fun que bourré de défauts, vient de trouver preneur
Avec sa capote en toile et ses faux panneaux en bois, ce Porsche Cayenne transformé en cabriolet ressemble à une blague devenue réalité. Pourtant, l’engin vient bien de trouver un acheteur aux enchères.
Une capote en toile, des flancs couverts de faux bois façon vieux break de plage et un gros V8 sous le capot : ce Porsche Cayenne cabriolet de 2005 a tout du délire d’ingénieur en vacances. Il vient pourtant de changer de mains pour 11 315 $ (environ 9 700 €), un prix réel pour une auto très irréelle.
Derrière ces boiseries purement décoratives se cache un Cayenne S de première génération, né SUV familial de luxe avant de passer par les ateliers de Newport Convertible Engineering en Californie. La vente récente sur une plateforme d’enchères spécialisée relance une question qui intrigue les passionnés : simple gadget kitsch ou achat judicieux dans un marché de niche de cabriolets très rares ?
Porsche Cayenne cabriolet : d’un SUV familial à faux break “woodie”
À l’origine, il s’agit d’un Cayenne S 2005, V8 4,5 litres atmosphérique de 340 ch, boîte automatique à six rapports et quatre roues motrices, facturé autour de 56 700 $ neuf à l’époque, soit environ 48 000 €. NCE découpe le toit, renforce la structure et installe une capote souple repliable, transformant le SUV en break découvrable.
La silhouette rappelle un mélange de Chrysler PT Cruiser rallongé et de Nissan Murano CrossCabriolet, avec un arrière très vertical. Pour accentuer le côté balnéaire, la carrosserie reçoit de grandes bandes adhésives imitant des boiseries, clin d’œil aux breaks “woodie” popularisés notamment par le Jeep Wagoneer, plutôt qu’un vrai plaquage. Porsche n’a jamais commercialisé de Cayenne cabriolet de série, se contentant d’un concept interne en 2002 resté sans suite.
Sous les fausses boiseries, un vrai Cayenne S bien fatigué
Techniquement, le groupe motopropulseur reste celui d’origine, apprécié pour sa souplesse et ses performances. Mais l’exemplaire vendu affiche environ 143 000 miles (environ 230 000 km) au compteur, et l’annonce détaillait une longue liste de défauts : capote déchirée, sellerie marquée, vernis écaillé sur certaines poignées.
La corrosion sous la caisse et un voyant d’airbag allumé viennent s’ajouter à un bruit suspect au ralenti, loin du grondement flatteur attendu d’un V8 allemand. À cela s’ajoute l’inconnue classique de ce type de transformation : rigidité d’une coque largement découpée et disponibilité des pièces spécifiques, notamment la capote sur mesure et ses mécanismes.
Entre bonne affaire pour le vendeur et pari de collectionneur
Sur la plateforme Cars & Bids, la voiture a trouvé preneur alors qu’elle avait été proposée autour de 4 800 $ (environ 4 100 €) un mois plus tôt en petite annonce. La mise en avant d’un tel ovni, photos à l’appui, a visiblement attiré les amateurs de curiosités mécaniques et fait grimper les enchères.
Un autre Cayenne cabriolet préparé par NCE, basé sur une série spéciale Porsche Cayenne Transsyberia 2010 avec seulement 61 000 miles (environ 98 000 km), s’est affiché à 45 000 $ (environ 38 000 €) en 2021, montrant l’écart de valeur possible selon l’état et la base choisie. Le préparateur a aussi livré une cinquantaine de Range Rover cabriolets, preuve qu’un petit public existe pour ces SUV décapotés très atypiques, susceptibles d’intéresser à terme les collectionneurs de Porsche “à part”.














