Mercedes 300 SL Roadster : retrouvé démonté après un crash, ce modèle rare s’affiche aujourd’hui à 1,38 million d’euros
Accidenté en France, démonté puis entièrement reconstruit, ce rare Mercedes 300 SL Roadster est aujourd’hui proposé à un tarif vertigineux en Allemagne. Entre passé mouvementé et cote folle, son cas fascine les collectionneurs.
Un coup d'œil au marché de l'occasion allemand suffit à donner le vertige : un rare Mercedes 300 SL Roadster, restauré à neuf, y est affiché à 1,38 million d'euros. Successeur de la mythique 300 SL Gullwing à portes papillon, ce cabriolet des années 60 se vend aujourd'hui plus cher qu'une villa de standing dans de nombreuses régions françaises.
Derrière ce tarif à sept chiffres se cachent plusieurs ingrédients très recherchés : production limitée, configuration d'époque, restauration signée HK Engineering et histoire mouvementée, de l'accident à la renaissance. Quand on assemble tout cela, on comprend pourquoi ce roadster est passé du statut de voiture de sport à celui d'objet d'investissement.
Mercedes 300 SL Roadster, le cabriolet qui a succédé à la Gullwing
Au milieu des années 50, Mercedes propose d'abord la 300 SL coupé, la célèbre Gullwing produite de 1954 à 1957. Le constructeur répond ensuite à la demande d'une voiture plus utilisable au quotidien : en 1957 arrive le Mercedes 300 SL Roadster, toujours basé sur le châssis W198 mais doté de portes conventionnelles et d'une capote en toile.
Cette évolution ne se limite pas à l'esthétique. Seuils de porte abaissés pour grimper plus facilement à bord, pont arrière revu pour plus de stabilité, puis adoption de freins à disque sur les exemplaires tardifs : le roadster devient moins extrême que le coupé, tout en gardant le six-cylindres 3,0 litres à injection d'environ 215 ch et près de 260 km/h en pointe.
Un 300 SL Roadster sauvé de l'oubli puis reconstruit à neuf
L'exemplaire dont il est question ici, près de Munich, sort d'usine en 1960 et part directement en Suisse, où son premier propriétaire réside dans un hôtel de Dietikon selon les documents d'époque. En 1971, la voiture subit un important choc frontal en France, puis reste des années démontée à l'extérieur, au point que certaines pièces de carrosserie finissent par être dérobées.
Le salut arrive en 2017, quand un spécialiste s'en empare pour une restauration achevée en 2019. Le six-cylindres en aluminium est reconstruit, la carrosserie retrouve son "Mittelblaumetallic", l'habitacle son cuir crème, avec freins à disque, pneus à flancs blancs, set de bagages assorti et 11 500 km au compteur, le tout validé par une expertise TÜV Süd.
Un prix à sept chiffres dans la hiérarchie des 300 SL de collection
Sur le marché international, les 300 SL affichent depuis des années des valeurs dignes de l'art contemporain. Un coupé Gullwing en bel état se négocie souvent entre 1 et 2 millions d'euros, certains exemplaires très rares dépassant 3 millions, tandis qu'un roadster varie globalement de 700 000 à environ 1,8 million d'euros selon l'année, l'état, les options et la provenance.
Au début des années 60, un 300 SL Roadster coûtait autour de 32 000 marks (environ 16 000 euros) en Allemagne, déjà plus cher qu'une maison. Aujourd'hui, un exemplaire restauré comme celui-ci rivalise avec le prix d'une villa. Pour les acheteurs, la question ne porte plus sur les pannes, mais sur l'originalité des pièces, la qualité des travaux, les matching numbers et un dossier complet, à faire contrôler avant de s'engager.














