Mercedes 300 SL : comment a-t-elle façonné la légende de Mercedes-Benz ?

Publié le 2 janvier 2026 à 07:00
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Née des victoires de la W194 et révélée à New York en 1954, la Mercedes 300 SL a bouleversé l’image de Mercedes. Mais comment ce coupé papillon s’est‑il imposé comme référence absolue chez les collectionneurs ?

La plupart des Mercedes anciennes font rêver, mais une seule sert de mètre‑étalon à toutes les autres chez les collectionneurs : un coupé bas, long, aux portes qui s’ouvrent vers le ciel. Née au milieu des années 1950, la Mercedes 300 SL a quitté le monde de la compétition pour entrer dans celui des œuvres d’art roulantes.

Des circuits à la route : la naissance de la Mercedes 300 SL

Présentée en 1954 et vendue à un prix stratosphérique pour l’époque, cette "Gullwing" est aujourd’hui l’une des rares voitures de série régulièrement vendues plus d’un million d’euros, au point d’être parfois comparée à un Van Gogh sur roues. Reste à comprendre comment cette ancienne voiture de course est devenue la Mercedes-Benz de référence.
En 1952, la voiture de course Mercedes W194 a signé quatre victoires en cinq départs, de la Carrera Panamericana à la Mille Miglia. Cette résurrection a donné l’idée à l’importateur américain Max Hoffman de réclamer une version routière, persuadé que le marché des Etats‑Unis était prêt pour un coupé très sportif.
Mercedes accepte et dévoile en février 1954 la 300 SL de série au New York International Motor Sports Show, choix symbolique d’un lancement d’abord américain. Environ 80 % des 3 258 exemplaires produits partiront ensuite aux Etats‑Unis, installant durablement l’image d’une marque capable de construire des machines rapides, exclusives et parfaitement utilisables au quotidien.

Châssis tubulaire, portes papillon et prouesses mécaniques

Sous la carrosserie dessinée par Friedrich Geiger, la Mercedes 300 SL Gullwing cache un châssis treillis tubulaire léger. Les longerons hauts imposent des ouvertures dans le toit, d’où ces fameuses portes papillon devenues sa signature. De quoi fasciner la presse, qui y voyait "la meilleure voiture de sport de série au monde", écrivait le magazine Sports Car Illustrated.
Le six cylindres en ligne 3,0 litres M198 reçoit une injection directe d’essence, une première sur un véhicule de tourisme quatre temps issu de la série. Avec plus de 200 ch et une vitesse de pointe proche de 250 km/h, la 300 SL devient la voiture de série la plus rapide au monde. Entre 1954 et 1963, 3 258 exemplaires sortent des chaînes, coupés et roadsters confondus.
Son allure spectaculaire et ses performances ont vite attiré les célébrités. Sophia Loren, Clark Gable ou Juan Manuel Fangio comptent parmi les propriétaires de 300 SL. Élue "Voiture de sport du siècle" en 1999, la 300 SL devient la sportive emblématique de l’après‑guerre pour Mercedes et une présence quasi automatique dans les grandes collections.

Sur le marché, cette aura se voit dans les prix. Un coupé se vend autour de 1,7 million de dollars, un roadster environ 1,3 million et un coupé tout aluminium plus de 5,4 millions, soit entre 1,2 et 5 millions d’euros. La valeur totale du parc atteint 4,93 milliards de dollars, près de 4,5 milliards d’euros, davantage que pour des Ferrari F40 ou 250 GTO ou une McLaren F1. Avec des transactions qui restent souvent comprises entre 1 et 2 millions de dollars l’exemplaire, la 300 SL est devenue la voiture de collection Mercedes qui sert d’étalon à toutes les autres...

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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