Ford GT40 : l’incroyable raison qui a donné naissance à cette légende

Publié le 1 janvier 2026 à 07:00
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Au début des années 1960, un rachat manqué va pousser Henry Ford II à lancer la Ford GT40 pour défier Ferrari au Mans...

Au départ, la Ford GT40 n'était pas censée exister. Ce monstre de 40 pouces de haut, à moteur V8 central et capable de plus de 320 km/h, est devenu l'une des voitures de course les plus célèbres de l'histoire, symbole absolu des 24 Heures du Mans.

Quand Ford croyait déjà tenir Ferrari

Derrière cette légende, on ne trouve pourtant ni un rêve d'ingénieur ni une simple stratégie marketing, mais un immense affront personnel. Au début des années 1960, Ford a voulu acheter Ferrari, et le refus brutal d'Enzo Ferrari va tout changer pour toujours.
Au début des sixties, Ferrari traverse une période financière compliquée et cherche un grand partenaire industriel. Ford, géant américain qui veut moderniser son image et briller en endurance, dépense alors plusieurs millions de dollars en audits et frais juridiques pour préparer un rachat qui doit lui donner le contrôle de la marque italienne, compétition comprise.
Tout semble ficelé jusqu'au moment où Enzo Ferrari découvre qu'il perdrait la main sur son département course et sa liberté de décision, notamment pour Indianapolis. Il retire sa signature au dernier moment, claque la porte et laisse Henry Ford II avec une montagne de frais, un accord pulvérisé et un ego profondément humilié.

Ordre de guerre : battre Ferrari au Mans

Vexé, Henry Ford II transforme cet échec en mission. Il demande à ses équipes de construire une voiture capable de battre Ferrari aux 24 Heures du Mans, avec un budget presque sans limite. Ford approche plusieurs spécialistes britanniques, dont Lotus, Cooper et Lola, et finit par s'appuyer sur Eric Broadley et sa Lola GT Mk6 comme base technique du futur prototype.
La première GT40 est achevée le 1er avril 1964. Son nom dit tout : "GT" pour Grand Tourisme et "40" pour sa hauteur d'environ 40 pouces, soit à peine plus d'un mètre. Châssis léger autour de 900 kg, moteur V8 central arrière, la recette est agressive, mais les premiers essais au Mans en 1964 révèlent une auto instable, sujette aux accidents et loin d'être imbattable.
En 1964 et 1965, Ferrari continue de dominer le Mans, tandis que la GT40 enchaîne problèmes mécaniques et abandons. Ford renforce alors le programme, fait appel à Carroll Shelby et à ses pilotes développeurs, comme Ken Miles, et pousse la cylindrée jusqu'à 7,0 litres. La GT40 devient une brute fiable, capable d'approcher les 340 km/h dans la ligne droite des Hunaudières. En 1966, la vengeance se matérialise : triplé historique 1-2-3 au Mans, après des victoires à Daytona et Sebring. La GT40 gagne encore au Mans en 1967, 1968 et 1969, soit quatre succès consécutifs qui mettent fin à la série de six victoires de Ferrari entre 1960 et 1965 et installent Ford comme premier constructeur américain dominant dans la Sarthe.

Produite à seulement 12 prototypes et 126 exemplaires entre 1964 et 1968, la GT40 est aujourd'hui un graal qui s'échange pour plusieurs millions de dollars. Elle a donné naissance aux supercars modernes Ford GT des années 2000 et 2010, de 550 à 660 ch et plus de 330 km/h, et continue de fasciner le grand public, relancée par le film Le Mans 66 qui raconte justement comment un "non" d'Enzo Ferrari a accouché d'une icône autonome, plus célèbre que bien des Ferrari qu'elle devait battre...

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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