Ferrari F1 d'Alain Prost : cette monoplace de 1991 débarque aux enchères à un prix fou
Jamais victorieuse, la Ferrari F1‑91 d’Alain Prost pourrait s’arracher à plus de 3 M€ lors d’une vente RM Sotheby’s à Monaco le 25 avril. Comment cette monoplace devenue symbole de rupture avec Ferrari est-elle devenue un trophée prisé des collectionneurs ?
Une Ferrari de Formule 1 qui n'a jamais gagné une course, mais qui pourrait partir pour le prix d'un hôtel particulier parisien. C'est le destin surprenant qui attend une monoplace rouge de 1991, pilotée à l'époque par Alain Prost et aujourd'hui convoitée par les collectionneurs.
Cette F1 Ferrari de 1991, connue sous le nom de Ferrari F1‑91 ou 642, sera proposée par la maison RM Sotheby's à Monaco le 25 avril, avec une estimation comprise entre trois et quatre millions d'euros. Pour beaucoup de fans, elle reste surtout le symbole d'une rupture aussi brutale que célèbre entre Prost et la Scuderia Ferrari.
Une Ferrari F1‑91 d’Alain Prost qui vaut jusqu’à 4 millions d’euros
Conçue par Steve Nichols et Jean Claude Migeot, la Ferrari F1‑91 a ouvert la saison 1991 de la Scuderia Ferrari avant l'arrivée de la 643. L'exemplaire mis en vente a été piloté en Grand Prix par Alain Prost. Son estimation entre trois et quatre millions d'euros la rapproche de la F1 643 ex Jean Alesi vendue autour de 3,6 millions d'euros à Paris en 2023, alors qu'en 2016 une autre F1‑91 similaire n'était encore évaluée qu'entre 300 000 et 600 000 euros.
© RM
Sotheby's
Cette monoplace a marqué l'histoire du pilote français en Formule 1.
Sur le marché des F1 de collection, ces montants restent très élevés mais cohérents. La Ferrari F2001 pilotée par Michael Schumacher a atteint 15,98 millions d'euros à Monaco, record pour une Ferrari de Formule 1. À côté, cette Ferrari F1 1991 d'Alain Prost apparaît comme une pièce plus accessible, chargée d'une histoire sportive bien plus tourmentée.
De l’idylle à la rupture entre Alain Prost et la Scuderia Ferrari
Tout avait pourtant commencé par un pari presque romantique. À la fin de l'été 1989, Ferrari annonce l'arrivée d'Alain Prost pour 1990, après ses années chez McLaren face à Ayrton Senna. Pour sa première saison en rouge, le Français se bat pour le titre jusqu'à Suzuka, signe cinq victoires, monte quatre autres fois sur le podium, mais ne décroche aucune pole position.
En 1991, le décor change complètement. La saison devient un véritable chemin de croix pour Alain Prost au sein de la Scuderia Ferrari. La voiture manque de performance, la tension monte, jusqu'au Grand Prix du Japon où le Français lâche : "Je n'ai jamais conduit une voiture aussi mauvaise. Hier avec le plein d'essence, nous avons constaté que la direction se bloquait complétement dans les grandes courbes, c'est un problème mécanique très grave qui s'est amplifié au cours de la saison. Disputer un Grand Prix dans ces conditions est très éprouvant, je n'avais pas l'impression d'être un pilote de F1, car un bon chauffeur de camion avec de gros bras aurait pu faire aussi bien". Alain Prost l'a déclaré au Japon, cité par Turbo. Ferrari y voit une insulte et met fin à son contrat ; le champion français se retrouve sans volant pour 1992, malgré une saison conclue par cinq podiums, sans victoire ni pole. Il reviendra en 1993 avec Williams et remportera son quatrième et dernier titre de champion du monde, après avoir fait la paix avec Ayrton Senna.
Comment la Ferrari F1 1991 est devenue un trophée à Monaco
Voir aujourd'hui cette F1 Ferrari 1991 d'Alain Prost passer sous le marteau à Monaco ajoute une touche presque sentimentale pour le public français. La même monoplace qui symbolisait, en 1991, l'échec d'une union annoncée comme mythique entre Prost et Ferrari, est devenue un objet de culte estimé jusqu'à quatre millions d'euros, promis à une nouvelle vie dans les mains d'un collectionneur prêt à payer très cher ce morceau d'histoire.














