Cette Ferrari Enzo a "trop roulé" : plus de 5 millions d'euros envolés à cause de son kilométrage
À la Monterey Car Week 2026, une Ferrari Enzo noire rarissime arrive aux enchères avec un compteur bien rempli. Entre plaisir de rouler et millions envolés, le dilemme promet des sueurs froides.
À Monterey, en plein cœur de la Monterey Car Week 2026, une Ferrari Enzo noire fait parler d’elle pour une raison qui ferait grimacer bien des collectionneurs : elle a été conduite. Pas juste sortie une fois pour faire des photos, non, vraiment utilisée. Résultat, son compteur pèse lourd sur son estimation.
Sur le papier, cette Enzo coche pourtant toutes les cases du rêve : hypercar de 2003, livrée noire profonde, cuir rouge, historique limpide et tampon d’usine validé par Ferrari Classiche. Mais dans un marché obsédé par les compteurs quasi vierges, chaque kilomètre déjà parcouru devient un petit péché capital qui se chiffre en millions.
Une Ferrari Enzo noire plus rare qu’une rouge
La plupart des Enzo croisées en photo sont rouges, image d’Épinal oblige. La production totale a tourné autour de 400 exemplaires, déjà très peu, mais les voitures peintes en noir Nero D.S. se comptent sur les doigts : une douzaine seulement auraient été livrées neuves aux États-Unis. Et parmi elles, trois à peine combinent extérieur noir et habitacle en cuir rouge Rosso.
L’exemplaire qui arrive aux enchères à Monterey appartient à ce club minuscule. Vendu neuf au Nevada, il a ensuite pris la route du Colorado en 2009, puis de Scottsdale en 2012 avant de suivre son propriétaire en Floride en 2022. La maison Broad Arrow Auctions précise que la voiture a reçu la certification Ferrari Classiche et une grosse révision en 2026, facturée environ 80 000 dollars (près de 70 000 €), histoire de rassurer les enchérisseurs.
Quand quelques milliers de kilomètres effacent plus de 5 millions d'euros
Cette Enzo noire “roulée” doit être adjugée pour 9 à 11 millions de dollars, soit environ 7,8 à 9,5 millions d’euros. Quelques mois plus tôt, une autre Enzo noire Nero D.S. avec le même intérieur rouge, mais affichant seulement 430 miles (environ 700 km) au compteur, a atteint 15,2 millions de dollars, près de 13 millions d’euros, devenant la deuxième Enzo la plus chère vendue aux enchères.
La différence dépasse donc 5 millions d'euros entre deux voitures quasi jumelles, mais séparées par leur kilométrage : 13 268 miles pour l’une, 430 pour l’autre, soit 21 352 km contre 692 km. Si l’on s’amuse à faire le calcul, cela revient à environ 400 euros “perdus” par kilomètre supplémentaire. Pour ce type d’hypercar, le marché ne valorise pas l’usage, il met un prix sur l’absence d’usage.
Jusqu’où les collectionneurs acceptent-ils de rouler en Enzo ?
Les autres ventes récentes d’Enzo confirment cette logique. Une Enzo jaune très peu roulée, autour de 1 040 km, a établi un record à 17,9 millions de dollars (environ 15,5 millions d’euros). À l’opposé, une Enzo de 2004 approchant les 20 000 km s’est vendue 7,6 millions de dollars, soit près de 6,5 millions d’euros, nettement en dessous des exemplaires “de vitrine”.
Plusieurs spécialistes parlent désormais d’un véritable culte du compteur minimal : certaines collections, surnommées “intouchées”, rassemblent des supercars presque neuves, conservées comme des œuvres d’art. Chaque sortie devient un arbitrage mental entre plaisir et décote potentielle. Avec cette Enzo noire, la question est frontale : accepter de la laisser dormir comme un lingot, ou assumer que chaque balade sur route ressemble à brûler quelques billets de 100 000 € sur l’asphalte.














