Qui voudrait d'une Nissan GT-R surélevée ? Godzilla finit aux enchères, vendue à moitié prix

Publié le 3 août 2026 à 19:00
Qui voudrait d'une Nissan GT-R surélevée ? Godzilla finit aux enchères, vendue à moitié prix

Une GT-R surélevée, équipée de pneus tout-terrain et d'une roue de secours sur le toit : cette préparation néerlandaise repousse les limites du concept "safari". Son prix, lui, s'est littéralement effondré.

Une Nissan GT‑R qu’on imagine d’habitude collée au bitume, posée au ras du sol, s’est retrouvée perchée sur des suspensions rehaussées, affublée de pneus à crampons et d’une roue de secours boulonnée sur le toit. Le propriétaire parle désormais de 4x4, et pourtant, sous cette silhouette d’engin d’apocalypse, on reste face à une supercar japonaise de 600 chevaux.

La base est un coupé de 2010, son V6 3,8 l biturbo VR38DETT passant d’environ 485 à près de 600 ch, toujours associé à la transmission intégrale et à la boîte double embrayage. Ce "Godzilla" sur échasses circule aujourd’hui aux Pays‑Bas et se retrouve aux enchères à un tarif étonnamment bas par rapport au prix auquel il était affiché, ce qui change complètement la perception de ce délire mécanique.

Nissan GT‑R off-road : quand Godzilla grimpe sur des échasses

Le projet est né chez le préparateur néerlandais Classic Youngtimers Consultancy, qui a pris une GT‑R R35 d’occasion autour de 48 000 km pour la transformer façon safari. La suspension a été rehaussée d’environ 12 cm, des pneus tout‑terrain plus hauts ont été montés, et d’énormes élargisseurs d’ailes rivetés ont été ajoutés. Sur le papier, on obtient une "Nissan GT‑R off-road" capable de suivre la tendance des Porsche 911 Dakar et Lamborghini Huracán Sterrato… en version beaucoup plus extrême.

Visuellement, l’auto coche tous les codes du baroudeur de film post‑apocalyptique : phares additionnels ronds démesurés à l’avant, barre LED sur la galerie de toit et roue de secours taille réelle vissée dessus. À l’arrière, l’aileron d’origine rappelle qu’il s’agit toujours d’une supercar. L’ensemble ressemble autant à un cosplay de 4x4 qu’à un vrai outil de franchissement.

De 95 000 € à 55 000 € : la chute libre d’un 4x4 de salon

Au lancement en 2020, ce "Godzilla 2.0" se négociait autour de 95 000 €. Un rapport d’expertise néerlandais de 2022 ira même jusqu’à estimer sa valeur assurée à 120 000 €. Le document juge la conversion de carrosserie professionnelle, avec un état général bon, tout en signalant quelques accrocs : dégâts autour du crochet de remorquage avant, pare‑chocs légèrement de travers, morceau d’élargisseur d’aile avant gauche manquant.

La suite est moins glamour. La voiture réapparaît chez le concessionnaire néerlandais Prins autour de 99 500 €, mais reste des centaines de jours en annonce sans trouver preneur. En 2026, changement de stratégie : direction la salle de vente de Troostwijk Auctions. Avec un compteur sous les 55 000 km, la vente s'est finalement conclue à 55 000 euros, soit une chute spectaculaire par rapport aux ambitions de départ.

Vrai 4x4 ou simple fantasme mécanique ?

Sur le terrain, la fiche technique donne autant envie qu’elle interroge. La garde au sol augmentée d’une douzaine de centimètres permet de quitter l’asphalte, mais le dessous de caisse reste celui d’une GT‑R, sans blindage massif ni angles d’attaque dignes d’un vrai tout‑terrain. La roue de secours sur le toit ajoute du poids en hauteur et nuit à l’aérodynamique, là où la voiture brillait justement d’origine.

Rationnellement, acheter un exemplaire unique aussi radical, c’est accepter un entretien de GT‑R, des pièces spécifiques introuvables si quelque chose casse, une assurance potentiellement pointilleuse et une revente compliquée, comme le parcours de cette auto le montre déjà. Émotionnellement, difficile de nier l’attrait : 600 chevaux, look de jouet géant, exclusivité totale. Certaines verront un mauvais plan, d’autres la chance de s’offrir un Godzilla surélevé pour le prix d’une compacte neuve bien équipée.

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