Ferrari : l’Enzo est-elle en train de devenir la nouvelle 250 GTO des collectionneurs ?

Publié le 22 février 2026 à 10:00
A vendre, cette Ferrari Enzo a appartenu à un Champion du monde de F1

À Kissimmee, une Ferrari Enzo jaune vendue près de 18 millions de dollars se rapproche dangereusement de la mythique 250 GTO. Ce choc de générations annonce‑t‑il un nouveau graal pour les collectionneurs ?

Une Ferrari Enzo jaune adjugée près de 18 millions de dollars aux enchères, et soudain une question agite les passionnés : la supercar des années 2000 est‑elle en train de rejoindre la légendaire 250 GTO au panthéon Ferrari ? L’affaire ne se joue plus seulement sur les posters, mais sur les chiffres. Face à elle, la Ferrari 250 GTO reste l’icône absolue des années 1960, longtemps voiture la plus chère du monde. Pourtant, la vente Mecum de Kissimmee, où les deux modèles se sont croisés, a donné une image nouvelle du rapport de forces. De quoi troubler plus d’un collectionneur...

Ferrari Enzo et 250 GTO : deux mythes Ferrari, deux époques

Née au début des années 1960, la 250 GTO a été construite à seulement 36 exemplaires, avec un V12 et une carrosserie en aluminium pensée pour gagner en course, des 24 Heures du Mans à d’autres épreuves d’endurance. Ses valeurs ont grimpé pendant des décennies, jusqu’à dépasser les 70 millions de dollars en vente privée, au point de devenir un véritable artefact automobile.
L’Enzo arrive en 2002, première supercar de route Ferrari à reprendre massivement la technologie de Formule 1 : châssis et coque en carbone, aérodynamique active, V12 atmosphérique hurlant et boîte automatisée à simple embrayage. Produite à 399 exemplaires, elle n’était pas destinée à la course. Longtemps jugée trop récente pour être “historique”, elle est aujourd’hui vue comme la dernière Ferrari extrême avant l’arrivée des hybrides et des écrans tactiles.

Mecum Kissimmee : une Enzo record face à une 250 GTO en retrait

En janvier 2026, la 250 GTO "Bianco Speciale", seul exemplaire usine peint en blanc, est vendue 38,5 millions de dollars, soit environ 33,1 millions d’euros. Un montant énorme, mais inférieur aux niveaux évoqués ces dernières années, souvent au‑delà de 48 millions de dollars. Certains observateurs y voient le signe d’un marché de la GTO qui se stabilise après une longue ascension. Dans la même vente, l’Enzo châssis 135262, jaune Giallo Modena, seulement 649 miles au compteur et l’une des 36 Enzo de cette couleur (11 pour les États‑Unis), atteint 17,875 millions de dollars, environ 15,4 millions d’euros.
Le précédent record public tournait autour de 6,26 millions de dollars, soit à peine 5,4 millions d’euros : la marche franchie est spectaculaire. À Kissimmee, l’Enzo a valu près de 46 % du prix de la GTO, alors que l’écart se comptait jadis plutôt en facteur 8 à 10. Les acheteurs d’aujourd’hui ont souvent grandi avec l’Enzo en une des magazines et dans les jeux vidéo. Ils n’étaient pas nés quand la 250 GTO courait, mais avaient 10 ou 15 ans quand Ferrari dévoilait cette supercar futuriste. Devenus quadragénaires fortunés, ils se tournent vers la voiture qui a marqué leur imaginaire : pour eux, l’Enzo représente la Ferrari ultime, brutale, bruyante, sans hybridation ni aides envahissantes.

Sur le plan financier, l’Enzo reste loin des sommets de la 250 GTO, mais elle coche désormais les cases de la “valeur refuge” moderne : production limitée, image forte, technologie emblématique, marché suffisamment fourni pour créer une cote claire. Pour une nouvelle génération de collectionneurs, elle joue déjà le rôle de 250 GTO accessible, tandis que la GTO historique demeure au‑dessus du jeu, dans une sphère presque intouchable...

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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