Ferrari 342 America (1951) : même en ruine, elle vaut une fortune

Publié le 21 février 2026 à 09:00
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Restée invisible depuis près de 60 ans dans l’État de New York, une Ferrari 342 America de 1951 refait surface en état de ruine. Aux enchères d’Amelia Island, sa mise à prix potentiel interroge autant que son histoire hors norme.

Au fond d’un bâtiment anonyme de l’État de New York, une vieille carrosserie recouverte de poussière a refait surface : une Ferrari 342 America Coupé de 1951, oubliée des radars depuis près de soixante ans. Longtemps, les passionnés n’en connaissaient plus que le numéro de série, persuadés qu’elle avait disparu pour toujours...

Ferrari 342 America (1951) : la GT rare née pour la vitrine

Cette GT très luxueuse, bâtie presque à la main et produite à seulement sept exemplaires, porte le châssis 0130 AL. Première 342 America construite, unique carrosserie signée Carrozzeria Ghia, ex-voiture de démonstration aux salons de Paris et Londres puis propriété de David Brown, elle s’apprête à passer aux enchères, en état de ruine apparente. Mais alors, comment en arrive-t-on à une estimation proche du million ?
Au début des années 1950, la série America incarne le sommet du luxe routier chez Ferrari. La 342 America adopte un V12 Lampredi de 4,1 litres d’environ 200 ch, installé sur un châssis allongé pour voyager vite et loin. Avec seulement sept voitures produites, chaque exemplaire devient presque une pièce de musée dès sa sortie d’usine.
Le châssis 0130 AL est le tout premier. Ferrari le confie à Ghia pour un élégant coupé 2+2, à livrée bleu foncé et gris argent, intérieur assorti et tableau de bord spectaculaire où plusieurs instruments Jaeger se regroupent dans un seul cadran central. Présentée au Salon de Paris d’octobre 1951, puis au London Motor Show quelques jours plus tard, la voiture séduit la presse britannique et même Stirling Moss, venu inspecter sa position de conduite.

© Ferrari

Ferrari 342 America (1951) : de la vitrine de Paris au silence de Watkins Glen

Au début de 1952, la 342 America retourne à Maranello pour ses derniers réglages avant d’être livrée à David Brown, patron d’Aston Martin. Probablement première Ferrari de route vendue au Royaume-Uni, elle participe à divers événements, notamment à Oulton Park, avant de changer de mains et d’être repeinte en rouge vers la fin des années 1950. Rien ne laisse alors imaginer sa longue disparition.
Entre fin 1966 et début 1967, la voiture quitte l’Angleterre pour les États-Unis. Après un passage en Californie, elle arrive chez un propriétaire de l’État de New York. On la voit une dernière fois en juin 1967 au Grand Prix de Watkins Glen, puis plus rien. Pas de vente, pas de restauration, pas de concours : la Ferrari devient une légende introuvable, rangée dans un bâtiment et oubliée pendant près de soixante ans. Redécouverte après le décès de son dernier propriétaire, la voiture est retrouvée exactement là où elle avait été laissée. Elle conserve ses plaques britanniques, des éléments de son intérieur bicolore et, surtout, son moteur d’origine, confirmé par les archives Ferrari. Elle n’a jamais été restaurée ni modifiée, mais son état impose une reconstruction complète. Pourtant, son estimation pour la vente d’Amelia Island en mars 2026 oscille déjà entre 900 000 et 1 200 000 dollars, soit environ 759 000 à 1 000 000 €.

Ce paradoxe repose sur quelques points clés : rareté extrême (sept unités, dont la toute première), histoire prestigieuse (voiture de salon officielle, ex-David Brown) et authenticité intacte. Sur le marché, une autre 342 America restaurée a déjà atteint 2 255 000 $ (environ 2 100 000 €), et toutes se négocient à sept chiffres. Acheter cet exemplaire "sortie de grange", c’est accepter plusieurs centaines de milliers d’euros de travaux et des années de chantier, mais avec la perspective d’une Ferrari unique, capable de valoir bien davantage une fois ressuscitée.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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