BMW M3 : ce break de légende jamais vendu par la marque existe enfin mais n'est pas près de rouler en France
BMW a refusé pendant vingt ans de vendre une M3 E46 break, mais un atelier anglais s'en charge aujourd'hui. À plus de 150 000 €, ce restomod promet bien plus qu'un simple swap.
Elle a hanté les forums pendant plus de vingt ans : la M3 E46 break, ce mix rêvé entre moteur de voiture de sport et coffre de familiale. BMW ne l’a jamais mise en vente, laissant un grand vide dans la saga M. Aujourd’hui, un petit atelier britannique ose enfin matérialiser ce fantasme de passionnés.
Car au tournant des années 2000, Munich avait bien développé un prototype de M3 E46 Touring entièrement fonctionnel, essayé en secret par quelques journalistes. Jugé trop coûteux à industrialiser et destiné à un public de "pères de famille" jugé peu intéressé, le projet a été enterré. Il a fallu attendre la génération G81, en 2021, pour voir arriver un M3 Touring officiel. Entre‑temps, une autre histoire s’est écrite.
De la M3 E46 Touring fantôme à la réalité anglaise
Le prototype de 2000 reprenait déjà l’esprit de la M3 : six cylindres atmosphérique de 3,2 litres, ailes élargies, quatre sorties d’échappement. BMW a renoncé, invoquant des coûts d’ingénierie élevés et une demande jugée trop faible face aux breaks sportifs Audi et Mercedes. La première M3 Touring de série, la G81 de 510 ch, n’est arrivée qu’en 2021, soit 35 ans après la première M3.
Entre ces deux dates, quelques préparateurs ont bricolé leurs propres breaks M3 E46, souvent pour des budgets déjà proches de 70 000 dollars, soit environ 65 000 €. Rien de vraiment reproductible. C’est là qu’intervient : Petroyle Restorations. Cet atelier d’une quinzaine de personnes près d’Oxford lance en 2026 une petite série de BMW M3 E46 Touring Petroyle construites presque comme si elles sortaient d’usine.
BMW M3 E46 Touring Petroyle : un break comme sorti de Munich
Pour chaque exemplaire, Petroyle part d’une base E46 et recompose une carrosserie de M3 break fidèle au prototype BMW. Bas de caisse, pare-chocs arrière, ailes avant et plancher de coffre passent en fibre de carbone, tandis que les flancs arrière restent en tôle, formés comme à l’époque. Un toit et un bouclier avant en carbone figurent au catalogue. Objectif : un poids très proche d’un coupé M3 E46 malgré la silhouette Touring.
Le châssis reçoit un soin particulier, avec renfort massif de la zone d’ancrage de l’essieu arrière, point faible bien connu des E46. La première voiture, le numéro 001, arbore la teinte Laguna Seca Blue avec un intérieur cuir Cinnamon, clin d’œil direct aux M3 d’origine. Couleurs, sellerie et quelques équipements modernes discrets, comme un système multimédia actualisé, se choisissent à la carte pour ce restomod haut de gamme.
Moteurs, prix et accès pour les fans français
Sous le capot, la configuration de base reste très puriste : le six cylindres S54 de 3,2 litres et 343 ch, souvent en bloc "zéro kilomètre", associé à une boîte manuelle à six rapports et à la propulsion. Petroyle propose aussi un V8 S65 issu des M3 E9x, voire le V10 atmosphérique S85 de 507 ch des M5 E60 et M6 E63, toujours en boîte manuelle, pour une BMW M3 E46 Touring Petroyle plus extrême qu’une M3 moderne.
Cette folie a un prix : environ 130 000 livres, soit entre 150 000 et 152 000 € de base, bien au‑delà des 108 900 € demandés pour une M3 Competition Touring G81 neuve. La production viserait une cinquantaine d’exemplaires, tous faits main. L’export et la conduite à gauche sont prévus, mais la presse spécialisée juge l’homologation presque impossible en France, où les transformations profondes de châssis et de motorisation restent très encadrées. Pour beaucoup de passionnés français, ce break M3 tant attendu restera donc un rêve lointain.














