Cette Audi A8 à air comprimé avance sans transmission et promet un 0 à 100 km/h totalement délirant
En Roumanie, une Audi A8 modifiée avance par saccades grâce à de l’air comprimé et affole les réseaux. Entre prouesse annoncée et lois de la physique, le mystère reste entier.
Sur certaines vidéos, on pourrait croire à un montage : une grande Audi A8 qui n'avance pas en roulant, mais qui se tortille comme un zombie collé à l'asphalte. Cette démarche étrange vient d'un prototype imaginé par le centre roumain Rosmar H. La berline avance grâce à des pistons alimentés par de l'air comprimé.
Sous la carrosserie, le groupe motopropulseur classique a disparu, remplacé par un réservoir d'air sous très haute pression. L'idée de cette voiture à air comprimé est d'utiliser cette réserve comme unique source d'énergie, puis de récupérer un peu d'énergie à chaque mouvement. Sur le papier, l'Audi doit se sortir de la boue, de la neige ou d'une pente à plus de 45°, ce qui intrigue autant que cela fascine.
Une Audi A8 transformée en machine pneumatique
À l'origine du projet, l'inventeur roumain Adrian Roșca choisit une Audi A8 comme démonstrateur pour son système "Mouvement par air comprimé". La grande berline sert de banc d'essai à ce qu'il décrit comme un "couple linéaire direct" : la transmission est remplacée par des cylindres d'air portés à environ 360 bar et fixés au châssis. Un brevet roumain, le n° 132244, encadre cette architecture pensée pour garder de la motricité là où les pneus patinent.
Concrètement, de longs pistons pneumatiques se cachent sous la voiture. Ils sortent l'un après l'autre, s'ancrent dans le sol via des "prismes de blocage", tirent la carrosserie, puis se rétractent pendant qu'un autre prend le relais. Ce "verrouillage séquentiel au sol" fait avancer l'Audi par petits bonds, avec un tangage qui rappelle vraiment la démarche d'un zombie pressé.

Comment l’air comprimé propulse cette Audi
Toute cette cinématique ne dit pas encore d'où vient l'énergie. Ici, elle se trouve dans un ou plusieurs réservoirs d'air comprimé que l'on remplit avec un compresseur haute pression, un peu comme on recharge une batterie. À chaque course puis retour de piston, une partie de l'énergie cinétique de la voiture est renvoyée vers ce réservoir, sur le même principe que le freinage régénératif d'une voiture électrique.
Les ordres de grandeur restent modestes. Un réservoir d'environ 100 litres rempli à 138 bar ne contient qu'entre 0,65 et 1,3 kilowattheure d'énergie exploitable, soit une petite batterie hybride. Un SUV électrique type Hummer EV dispose, lui, d'environ 170 kWh. Même en ajoutant des réservoirs ou en augmentant la pression, l'écart de densité énergétique reste énorme, et l'autonomie potentielle de cette Audi à air comprimé demeure très floue.
Promesses extrêmes et zones encore floues
Sur cette base, Adrian Roșca promet surtout un 0 à 100 km/h en moins de 0,1 seconde et des vitesses supersoniques. Pour garder l'adhérence, la voiture s'appuie sur des roues à effet d'aspiration S.I.A.R., censées coller aussi bien à la route que sur la neige, la glace ou la boue.
Le calendrier reste long : construction sur une base d'Audi A8 depuis 2023, essais, puis seulement une petite série d'hypercars envisagée autour de 2026-2027, avant d'éventuelles licences vers 2030. Autonomie, sécurité, bilan environnemental d'un système dépendant de l'électricité qui compresse l'air restent donc entièrement à démontrer. Les prochains essais diront si cette Audi qui avance par saccades sortira des labos ou restera une curiosité d'internet.














