Ferrari gagne toujours plus et veut prolonger la vie de ses moteurs
Ferrari confirme sa stratégie de rareté avec des bénéfices en hausse. En parallèle, Maranello explorerait les biocarburants pour prolonger l’avenir de ses moteurs thermiques.
Au moment où Ferrari enchaîne les lancements et prépare son avenir, Maranello confirme que sa stratégie ne repose toujours pas sur les volumes. Les résultats du deuxième trimestre 2026 montrent qu'une production volontairement limitée, des modèles exclusifs et des programmes de personnalisation toujours plus poussés suffisent à faire progresser les bénéfices. En parallèle, le constructeur ouvre une autre piste pour préserver son ADN mécanique : les biocarburants.
Ferrari gagne davantage… en livrant moins
Le deuxième trimestre 2026 marque un net rebond pour Ferrari. Le chiffre d'affaires progresse de 11 % à 1,94 milliard d'euros, le résultat d'exploitation grimpe de 16 % à 605 millions d'euros (31,2 % de marge), tandis que le bénéfice net atteint 463 millions d'euros (+9 %). Les flux de trésorerie industriels bondissent de 39 % à 276 millions d'euros. Pourtant, les livraisons reculent de 3,7 %, à 3 366 voitures. Une baisse qui ne préoccupe pas Benedetto Vigna. Le PDG rappelle que Ferrari privilégie depuis longtemps une logique de "Value over Volume", où la rareté alimente la désirabilité de la marque. La progression des ventes en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique (+13 %) compense en partie le recul des Amériques (-21 %) et de la Chine (-32,5 %). Après les tensions géopolitiques du début d'année, le Moyen-Orient est même rapidement revenu à son niveau habituel. Cette rentabilité est portée par un mix produit particulièrement favorable. Les livraisons des 12Cilindri, 12Cilindri Spider, Purosangue, 296 Speciale, Amalfi et 849 Testarossa progressent, tandis que les 296 GTS, Roma Spider et SF90 XX arrivent progressivement en fin de carrière. Quant à la nouvelle 12Cilindri Manuale, Ferrari confirme que sa production est déjà entièrement attribuée. Cette dynamique permet au constructeur de relever ses objectifs pour 2026. Ferrari vise désormais 7,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 2,97 milliards d'euros d'excédent brut d'exploitation, 2,26 milliards d'euros de résultat opérationnel et 1,55 milliard d'euros de flux de trésorerie, sauf aggravation de la situation géopolitique. Comme le résume Benedetto Vigna : "Les excellents résultats du deuxième trimestre témoignent de notre rigueur dans l'exécution et de l'efficacité continue de notre stratégie."
Ferrari mise aussi sur les biocarburants pour préserver son V12
Au-delà des résultats financiers, Ferrari a
livré un autre message important pour les passionnés de sport
automobile : le constructeur continue de travailler activement sur
les biocarburants. Interrogé sur l'avenir des
motorisations thermiques, Benedetto Vigna a confirmé que
Maranello considère désormais les biocarburants
comme une solution crédible pour réduire les émissions de
CO₂ tout en conservant les moteurs à combustion :
"Nous classons les biocarburants comme des carburants neutres
en carbone : nous en avons déjà testé plusieurs types et le moteur
fonctionne parfaitement. Rien ne change." Cette déclaration
est loin d'être anodine. Alors que la
réglementation européenne pousse progressivement
vers l'électrification, Ferrari rejoint plusieurs
acteurs du sport automobile qui voient dans les
carburants de synthèse et les biocarburants une solution pour
prolonger la vie des moteurs thermiques, notamment les
V8 et V12 qui font partie de
l'identité de la marque. Le constructeur ne précise pas encore quel
type de carburant est privilégié, mais confirme que plusieurs
solutions ont déjà été validées en interne.
Le carnet de commandes reste particulièrement solide : selon
Benedetto Vigna, la production est désormais
couverte jusqu'à la fin de l'année 2027, preuve
que la stratégie de rareté continue de fonctionner, qu'il s'agisse
des V12 atmosphériques, des hypercars hybrides... ou désormais des
premiers modèles
électriques.
Ferrari confirme surtout qu'elle n'a pas l'intention de bouleverser sa recette. La marque continue de miser sur des volumes limités, des modèles exclusifs et une forte personnalisation pour préserver ses marges, tout en préparant l'avenir. Et cet avenir ne passe pas uniquement par l'électrique : les essais déjà réalisés avec les biocarburants montrent que Maranello explore aussi des solutions pour faire durer ses emblématiques moteurs thermiques.














