Bugatti W16 Mistral : vers un record après seulement 500 kilomètres ? (+images)
Avec seulement 516 km, une Bugatti W16 Mistral rejoint le catalogue RM Sotheby's à Monterey. Elle pourrait rapporter des millions à son propriétaire.
Elle a parcouru l'équivalent d'un Paris-Lyon, et pas un kilomètre de plus. La Bugatti W16 Mistral qui rejoindra le catalogue RM Sotheby's à Monterey, du 13 au 15 août, affiche 321 miles au compteur, soit 516 kilomètres à peine. De quoi chauffer les pneus.
Une W16 Mistral comme neuve
Avec seulement 516 kilomètres au compteur,
cette W16 Mistral a roulé beaucoup trop peu pour user quoi
que ce soit. Les protections plastiques d'origine sont
d'ailleurs toujours en place sur les seuils de porte.
Livrée il y a quelques mois seulement, alors que la production du roadster vient
tout juste de s'achever et que les premières Bugatti Tourbillon
n'ont pas encore été remises à leurs propriétaires, la
voiture repart déjà sur le marché après un unique
propriétaire.
Pour tous ceux qui ont manqué leur allocation auprès de l'usine,
l'occasion ne se représentera pas de sitôt. Et si
la maison de ventes voit juste, le vendeur pourrait empocher
plusieurs millions de dollars de plus qu'il n'en a dépensés il y a
moins de deux ans.
Le document de vente d'origine ne laisse aucune place au doute.
Cette W16 Mistral a été facturée 5,325 millions
d’euros. Soit environ 6,055 millions de dollars au cours
actuel, options comprises. Son premier propriétaire a coché pour
325.000 euros de personnalisations au programme Sur Mesure.
À commencer par une teinte Italian Red associée à du
Nocturne.
Une livrée rare et un record à la clé
Le rouge reste rare chez Bugatti, et il fonctionne
ici sans jamais tomber dans la surenchère. Jantes noires, étriers
de frein rouges, silhouette tendue et allure exotique sans excès de
démonstration. L'habitacle reprend exactement la même
partition, avec un cuir Italian Red marié à du Beluga
Black.
Face à cette configuration, RM Sotheby's annonce une
fourchette d'estimation comprise entre 7,5 et 9,5 millions de
dollars pour la W16 Mistral. Soit une plus-value
potentielle de plus de trois millions pour un roadster qui
n'a quasiment jamais quitté son garage depuis sa livraison.
Sous le capot, la mécanique justifie à elle seule l'emballement des
collectionneurs. Le W16 Bugatti de 8,0 litres à
quatre turbocompresseurs est ici dans sa configuration la plus
poussée. Celle héritée de la Chiron Super Sport
300+. À savoir, 1.600 chevaux et 1.600 Nm de couple
envoyés aux quatre roues.
Les chronos donnent le vertige. Le 0 à 100 km/h tombe en 2,4
secondes, le 0 à 200 km/h en 5,6 secondes
seulement. Et la vitesse de pointe grimpe jusqu'à 453
km/h.
Un domaine que le futur acquéreur n'explorera évidemment jamais. Ce n'est pourtant pas un chiffre théorique sorti d'une simulation. Le 9 novembre 2024, sur l'anneau de vitesse d'ATP Papenburg en Allemagne, une W16 Mistral pilotée par Andy Wallace a officiellement relevé 453,91 km/h, arrachant à la Veyron 16.4 Grand Sport Vitesse et à ses 408,84 km/h le titre de roadster le plus rapide de la planète.
La dernière Bugatti du genre, et c'est tout l'enjeu
La rareté fait ainsi le reste. Bugatti n'a
produit que 99 W16 Mistral destinées à la clientèle. Un
volume nettement inférieur à celui de la Chiron dont le roadster
dérive techniquement. Surtout, ce modèle ferme définitivement le
chapitre du W16 quadriturbo chez Bugatti. Ce bloc de seize
cylindres apparu avec la Veyron et décliné pendant près
de deux décennies sur toute la lignée Chiron.
La relève, la Tourbillon, tourne la page avec
un V16 atmosphérique associé à une
chaîne hybride. Une autre philosophie, un autre son, une autre
époque pour la marque de Molsheim.
Sur un marché où les hypercars à moteur purement thermique se
transforment peu à peu en valeurs refuges, cette W16 Mistral coche
donc toutes les cases recherchées par les collectionneurs les plus
exigeants. Dernière de sa lignée, kilométrage anecdotique,
configuration soignée et historique limpide à un seul
propriétaire depuis sa sortie d’usine. Sans compter le
nombre d’exemplaires limité.
Payer au-dessus du tarif catalogue une voiture que l'usine ne
reproduira jamais, c'est ainsi que fonctionne le marché des
hypercars modernes.
Et Monterey en fournira une nouvelle démonstration à
la mi-août. Reste à savoir si les enchères valideront l'estimation
haute de 9,5 millions de dollars. Voire la dépasseront,
dans un contexte où les plus belles pièces continuent de
trouver preneur pendant que le reste de la cote marque le
pas.
Une chose paraît acquise : le prochain propriétaire n'ira pas
chercher les 453 km/h sur une route ouverte, et la W16 Mistral
restera encore longtemps une sculpture de 1.600 ch dont le compteur
avance au compte-gouttes.















