Sa Bugatti Veyron semblait être une excellente affaire… jusqu'à cette facture de réparation à six chiffres

Publié le 17 juillet 2026 à 19:00
Sa Bugatti Veyron semblait être une excellente affaire… jusqu'à cette facture de réparation à six chiffres

Pour tester la fiabilité de sa Bugatti Veyron Grand Sport, Ed Bolian lui a imposé un road trip de 4 000 km avant une inspection complète. Le diagnostic est impressionnant, mais la facture l'est encore plus.

Un gars de Géorgie achète une Bugatti Veyron Grand Sport bien en dessous du prix du marché… et au lieu de la bichonner au fond d’un garage, il lui inflige 4 000 km d’un coup. L’idée d’Ed Bolian, patron de VINwiki et auto-proclamé "propriétaire de Bugatti le plus pauvre du monde" : faire ressortir tous les défauts cachés pour savoir à quoi ressemble, en vrai, le coût d’entretien d'une Bugatti Veyron.

À l’arrivée, son road trip de 4 023 km porte le compteur de la Veyron à 41 000 km et ouvre la porte d’un atelier Bugatti agréé, Miller Motorcars. Diagnostic final : une longue liste de petits soucis et, sur le papier, une facture potentielle à six chiffres, de l’ordre de "quelques centaines de milliers de dollars" de réparations, soit plus de 185 000 €. Ed Bolian décide pourtant de ne pas signer le chèque. De quoi revoir l’image d’hypercar forcément ruineuse au moindre bruit suspect.

Ed Bolian, une Bugatti Veyron Grand Sport et un budget entretien serré

Avant cette inspection, Ed Bolian a déjà joué avec le feu. Pendant des années, il traque les Veyron "en détresse" : reprises bancaires, reconstructions douteuses, voitures qui ont pris l’eau. Impossible pour lui de payer une Grand Sport parfaite, il saute donc sur un exemplaire affiché largement sous le marché et refuse même une garantie tous risques qui aurait pu couvrir 130 000 à 175 000 euros de travaux.

Pour lui, le mythe des factures systématiquement délirantes mérite d’être nuancé. "On peut faire une révision complète des fluides pour environ 4 000 dollars au lieu de la grosse vidange annuelle à 21 000 dollars qui sert de titre accrocheur", explique-t-il, soit environ 3 500 € contre près de 18 000 €. Il rappelle aussi qu’un entretien annuel officiel peut tourner autour de 20 000 dollars (environ 17 000 euros) et qu’un train de quatre pneus frôle les 45 000 dollars, soit environ 40 000 €, ce qui l’oblige à arbitrer en permanence entre réseau Bugatti et spécialistes indépendants.

4 000 km au volant pour faire sortir tous les défauts mécaniques

Plutôt que de croiser les doigts, Ed Bolian décide donc de faire rouler sa Veyron Grand Sport au maximum avant de l’emmener en concession. Il enchaîne 2 500 miles, soit environ 4 000 km, pour que la moindre faiblesse se manifeste. Quand il confie l’auto à Miller Motorcars, la voiture a déjà beaucoup vécu pour une Veyron, avec 41 000 km au compteur.

Les techniciens relèvent alors une série de défauts : suintements et petites fuites autour du refroidisseur d’huile, fuites hydrauliques sur les vérins de suspension, eau dans un feu de position, microfissures dans le toit. "Si vous sortez le chéquier et laissez Bugatti tout réparer au tarif plein pot, on arrive probablement à quelques centaines de milliers de dollars de travaux", estime Ed Bolian. Rien de tout cela n’empêche pourtant la voiture de rouler, il classe donc ces points comme "non critiques" et refuse la facture théorique à six chiffres.

Ce que cette facture potentielle dit du vrai coût d’entretien d’une Veyron

Sur la durée, son pari tient. "Sur 24 000 km en 18 mois, la voiture ne m’a jamais empêché d’arriver à destination", raconte-t-il. Il décrit la Veyron comme "bien plus adaptée aux road trips qu’on ne l’imagine" et insiste sur un point souvent sous-estimé : "La plus grosse dépense, c’est la détérioration quand une voiture reste immobile. Le coût d’un gros service pour réveiller une auto qui a dormi dépasse largement l’entretien régulier d’une voiture qui roule".

D’autres propriétaires ont montré l’inverse, avec des révisions majeures de Veyron d’occasion pouvant atteindre 250 000 à 300 000 € quand il faut toucher à des organes lourds après des années de stockage. Dans ce paysage, la Grand Sport, dévoilée en 2008 au Pebble Beach Concours d’Elegance et produite à seulement 150 exemplaires entre 2009 et 2015, reste une hypercar à l’entretien extrêmement coûteux. L’expérience d’Ed Bolian illustre une façon de composer avec cette réalité : beaucoup rouler, traiter l’essentiel, et accepter de vivre avec une "liste de choses à faire" plutôt qu’avec une énorme facture de réparation immédiate.

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