900 ch, un V12 et trois pédales : cette supercar italienne refuse de vivre avec son époque
À l'heure où les supercars misent presque toutes sur l'hybridation et les boîtes automatiques, un petit constructeur italien fait le pari inverse. Sa première création ressuscite le V12 atmosphérique et la boîte manuelle, deux espèces en voie de disparition.
Imaginez une supercar italienne qui débarque en 2026 avec tout ce que l’époque essaie justement d’éteindre : un énorme V12 atmosphérique, près de 900 ch et une vraie boîte manuelle à trois pédales. C’est le pari de la Silvestri MN40 Tributo, première création d’un petit constructeur artisanal installé au cœur de la Motor Valley.
Là où les grandes marques enchaînent les hybrides et les boîtes auto à palettes, cette supercar joue la carte de l’analogique pur. Série ultra-limitée, hommage appuyé à une légende de l’ingénierie italienne, elle vise un public prêt à troquer l’efficacité absolue contre le plaisir très physique de passer ses rapports soi-même.
Silvestri MN40 Tributo, hommage italien à Nicola Materazzi
Derrière la MN40 Tributo, on trouve Silvestri Automobili, toute jeune marque basée à Sant’Agata Bolognese, le village déjà connu pour abriter Lamborghini. Sa première supercar porte les initiales de Nicola Materazzi, l’ingénieur qui a marqué l’histoire avec la Ferrari F40, la Lancia Stratos ou la Bugatti EB110. La présentation officielle a eu lieu le 25 juillet 2026 à Crocetta di Sant’Agata Bolognese.
Le dessin est signé Francesco Rocco, avec une carrosserie en fibre de carbone truffée de clins d’œil. Aileron fixe monumental, triple sortie d’échappement, fine ligne noire qui traverse le profil : le rappel à la F40 est assumé. Le nez, lui, mélange influences diverses, entre grande bouche béante et prises d’air acérées, pour un ensemble très sculpté qui reste avant tout fonctionnel.

Sous la fibre de carbone, un V12 atmosphérique de 900 ch
Au centre de la voiture, un V12 de 6,8 litres, entièrement atmosphérique et d’origine italienne, prend place en position centrale arrière. Il grimpe jusqu’à environ 9 500 tr/min pour délivrer 888 hp, soit environ 900 ch, et 800 Nm de couple. Aucun turbo, aucune hybridation : la fiche technique ressemble à celles qu’on ne voit presque plus, freinée par les normes CO₂ et les coûts.
Ce bloc est fixé sur un châssis spaceframe en aluminium tubulaire, développé selon des principes chers à Nicola Materazzi : répartition des masses et légèreté plutôt que couches d’électronique. Les suspensions pilotées utilisent un alliage léger appelé Ergal, les freins sont en carbone-céramique avec étriers dix pistons à l’avant et six à l’arrière, et les roues affichent 20 pouces devant, 21 pouces derrière.

Trois pédales, une grille apparente : le luxe d’être encore aux commandes
La transmission joue la différence jusqu’au bout. La Silvestri MN40 Tributo reçoit une boîte manuelle CIMA à sept rapports, montée en transaxle, avec grille ouverte façon supercars des années 90 et différentiel à glissement limité. Trois pédales, un levier qui claque dans sa grille, et un conducteur qui gère lui-même chaque changement de rapport ; une boîte séquentielle à palettes reste proposée en option, mais clairement en retrait dans le discours.
Dans un marché où les supercars neuves à boîte méca se comptent sur les doigts d’une main, l’ensemble fait figure de dinosaure assumé. Silvestri prévoit seulement 15 exemplaires sur trois ans, dont 13 réservés à des clients, les deux autres restant dans la famille. Le prix n’est pas public, mais l’objet est déjà taillé pour les collectionneurs : chaque passage de vitesse promet de rappeler qu’à l’origine, conduire une supercar demandait vraiment de s’impliquer.














