Subaru WRX : l’histoire méconnue derrière les célèbres jantes dorées

Publié le 14 juin 2026 à 06:00
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Indissociables des Subaru de rallye, les jantes dorées ne sont pourtant pas nées d'une stratégie marketing. Tout serait parti d'une erreur de livraison avant le Monte-Carlo 1997.

On ferme les yeux et on la voit tout de suite : une Subaru Impreza WRX bleue, ronronnement du boxer, posée sur ses jantes dorées. Ce combo bleu/or est devenu une sorte d’uniforme pour les fans de rallye. Pourtant, derrière cette signature visuelle, il n’y a pas un grand plan marketing minutieusement pensé, mais une erreur de livraison en plein milieu des années 90...

Subaru WRX : Monte‑Carlo 1997, le jour où l’or s’impose à Subaru

La surprise se joue au moment où Subaru prépare sa nouvelle Impreza WRC pour 1997. Prodrive, la structure britannique qui engage la voiture, avait validé des jantes gris anthracite fabriquées par Speedline. Au lieu du gris discret prévu, toute la palette arrive… en or. Pas un seul jeu de secours dans la bonne couleur. La saison débute par le Rallye Monte‑Carlo, impossible de renvoyer les roues : il faudra courir ainsi. Dans les ateliers, le concepteur Peter Stevens est "consterné" de voir sa nouvelle Impreza WRC posée sur ces roues criardes. La voiture est déjà très sculptée, large, agressive, et ces jantes dorées ajoutent une couche de spectacle non prévue. L’équipe n’a pourtant pas d’alternative concrète : démonter, repeindre puis remonter tous les jeux de roues avant le départ serait trop risqué juste avant une manche du Championnat du monde des rallyes. Lors d’un enregistrement en direct du podcast The Intercooler, David Richards, patron de Prodrive, a résumé la scène : "Nous sommes arrivés ; le premier rallye du WRC avait lieu à Monte‑Carlo en 1997. Nous sommes arrivés là-bas avec la nouvelle voiture et le fabricant des jantes était Speedline, je crois, d’Italie, et ils nous ont envoyé les jantes". L’Impreza dorée remporte la course avec Piero Liatti et Fabrizia Pons. Quand Richards appelle le président de Subaru pour s’excuser, la réponse tombe : "Non, non, non, la publicité est terminée, vous devez garder vos jantes dorées désormais."

Subaru WRX : avant l’erreur : le bleu/or, héritage du tabac 555

Bien avant Monte‑Carlo 1997, Subaru avait déjà posé les bases de ce look. En 1993, la Legacy RS de rallye adopte une grande livrée bleu nuit et or inspirée des paquets de cigarettes State Express 555, sponsor principal. Ce bleu deviendra plus tard le fameux "World Rally Blue". Sur certaines Legacy et sur les premières Impreza WRX STI de route, des jantes dorées apparaissent déjà, en clin d’œil direct aux voitures d’usine. Entre 1993 et 1997, cette palette se fixe dans les têtes : voitures officielles bleu/or en WRC, dérivés routiers qui reprennent la recette, puis trois titres constructeurs consécutifs au milieu des années 90. Quand la nouvelle Impreza WRC déboule finalement avec ses roues or "imposées" par Speedline, le public a déjà associé Subaru au duo de couleurs. L’accident de 1997 ne crée donc pas l’or, il l’ancre définitivement comme symbole.
Les années suivantes, Subaru va multiplier les séries spéciales de WRX et WRX STI à jantes dorées : Impreza 22B inspirée du WRC, éditions limitées européennes, puis versions modernes comme la WRX STI Launch Edition des années 2010. Même après le retrait officiel du WRC en 2008, la marque garde ce code couleur pour ses modèles les plus orientés performance.

L’histoire ne s’arrête pas là. En 2019, Subaru remet officiellement en avant la livrée bleu/or sur son programme compétition moderne, dans les championnats de rallye et de rallycross. Sur les parkings de rassemblements comme sur les réseaux, les préparations de WRX actuelles en bleu avec jantes or continuent d’affluer. Pour beaucoup de conductrices et conducteurs, monter des jantes dorées sur une Subaru, c’est simplement se raccorder à cette petite bourde logistique qui a fini par valoir de l’or...

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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