Weber F1 : plus puissante que la Bugatti Veyron, cette hypercar suisse de 1 200 ch a mystérieusement disparu

Publié le 10 juin 2026 à 19:00
Weber F1 : plus puissante que la Bugatti Veyron, cette hypercar suisse de 1 200 ch a mystérieusement disparu

Avec des performances théoriques capables de faire trembler la Veyron, la Weber F1 semblait destinée aux records. Pourtant, le projet suisse s’est volatilisé sans laisser de trace.

Sur le papier, la Weber F1 avait tout d’un cauchemar pour la Bugatti Veyron : hypercar suisse, plus légère, plus puissante, plus rapide, sortie tout droit de l’atelier d’un fournisseur de pièces pour la F1. Roman Weber, ingénieur-outilleur installé en Suisse, voulait ni plus ni moins signer la voiture de route la plus rapide du monde, capable de dépasser les 400 km/h.

La chronologie semble limpide. Le concept est dévoilé à Top Marques Monaco en 2007. Une petite série est ensuite annoncée pour 2008. Puis, la "Faster One" de 1 200 ch arrive en 2013, avec la promesse d’un lancement commercial dans la foulée. Pourtant, aucune Weber F1 ne circule, aucun essai de la presse spécialisée n’a été publié, et un article japonais de 2026 évoque un prototype introuvable. La marque suisse qui voulait défier Molsheim a-t-elle vraiment existé ailleurs que sur les rendus 3D ?

Weber F1, la supercar suisse née pour battre la Bugatti Veyron

Roman Weber crée sa société d’usinage de précision en 1988, d’abord tournée vers les implants et instruments médicaux. Dès 1990, l’atelier fournit des composants high-tech à plusieurs équipes de F1 et de DTM. Le site officiel de Weber Sportcars raconte qu’en 2002 naît une division dédiée aux voitures de sport. L'objectif affiché est de développer la plus rapide voiture de route jamais construite, en utilisant l’expérience accumulée dans les paddocks.

Premier résultat concret en mai 2007 à Monaco : une supercar compacte motorisée par un V8 Chevrolet 7,0 l LS7 de Corvette Z06, gavé par deux compresseurs. Le bloc annonce environ 900 ch pour 1 050 Nm. Le tout dans une coque monocoque en carbone d’environ 1 100 kg. Les chiffres promis donnent le tournis : 0‑100 km/h en 2,5 s, 0‑200 en 6,6 s, 0‑300 en 16,2 s, vitesse maximale théorique de 420 km/h. Le niveau d'appui aérodynamique est annoncé comme proche de celui d'une GT de course. L’idée est claire : répondre aux 1 001 ch et aux 407 km/h de la Veyron par un cocktail puissance/poids plus agressif.

Faster One : 1 200 ch, 400 km/h annoncés et beaucoup de zones d’ombre

Quelques années plus tard, le projet évolue en Weber F1 Faster One. Le V8 américain est remplacé par un V10 5,6 l biturbo d’origine BMW. Il a été retravaillé par d’anciens ingénieurs BMW et Sauber F1. Les fiches techniques évoquent 1 200 ch à 7 000 tr/min, 1 250 Nm, quatre roues motrices, une boîte séquentielle à 6 rapports, des disques céramique de 380 mm pincés par des étriers 12 pistons et un aérofrein arrière actif. Le poids grimpe à environ 1 250 kg. La vitesse de pointe reste annoncée au‑delà de 400 km/h. Une production avait été annoncée "à partir d’avril 2013". Le prix était alors communiqué uniquement sur demande.

En regardant de près, plusieurs détails interrogent. Les temps d’accélération revendiqués restent strictement identiques entre la version 900 ch et la Faster One de 1 200 ch : toujours 2,5 s de 0 à 100 km/h et 16,2 s pour atteindre 300 km/h, alors que la puissance progresse fortement et que la transmission intégrale est censée améliorer la motricité. Le coefficient de traînée n’est jamais publié, malgré un discours appuyé sur l’appui aérodynamique. La communication repose surtout sur des images générées par ordinateur. Il existe très peu de photos du prototype roulant.

Manque de fonds, prototype introuvable : l'hypercar Weber F1 devient un fantôme

Un article publié en 2026 par le site japonais WebCartop décrit un projet stoppé net pour cause de manque de financement. Selon ce média, Weber Sportcars aurait renoncé à industrialiser la F1. La marque se serait recentrée sur son cœur de métier, l’usinage de précision. Le premier châssis construit ne serait plus localisable. Aucune immatriculation connue d’une Weber F1 ou d’une Faster One n’apparaît dans les registres publics évoqués.

En parallèle, le site de Weber Sportcars reste en ligne, figé sur la promesse d’une hypercar dépassant les 400 km/h issue de la technologie F1. Aucun communiqué n’annonce officiellement l’abandon du programme, mais plus aucun développement n’est documenté. Aucune livraison à un client identifié n’a été confirmée. La Weber F1 survit désormais surtout dans les archives du web et les discussions de passionnés. C'est l’exemple typique d’une hypercar suisse ambitieuse qui a glissé, presque silencieusement, du rêve chiffré au statut de projet fantôme.

Nos marques populaires Voir tout
Sport Auto