Le designer de la Bugatti Chiron défie toute l'industrie avec une hypercar V12 de 1 070 ch en boîte manuelle

Publié le 16 juillet 2026 à 18:00
Le designer de la Bugatti Chiron défie toute l'industrie avec une hypercar V12 de 1 070 ch en boîte manuelle

Alors que l'industrie mise sur l'électrification, Sasha Selipanov prend le contre-pied avec Nilu27. Sa première hypercar mise sur un V12 atmosphérique de 1 070 ch, une boîte manuelle et une expérience de conduite entièrement analogique.

Alors que presque toutes les nouveautés passent à l’hybride ou au 100 % électrique, Sasha Selipanov, le designer de la Bugatti Chiron, fait exactement l’inverse. Il lance sa propre marque, Nilu27, avec une hypercar animée par un V12 de 6,5 litres, sans turbo, sans hybridation et quasiment sans écrans. Une sorte de manifeste mécanique à l’ancienne, assumé et spectaculaire.

Au programme : un V12 atmosphérique qui grimpe jusqu’à 11 000 tr/min, plus de 1 000 ch annoncés et une rare boîte manuelle à sept rapports. Le tout dans un coupé ultra-exclusif, produit en toute petite série. Derrière la fiche technique impressionnante, il y a surtout l’histoire d’un designer star qui a décidé de reprendre la main sur sa vision de l’auto plaisir.

De la Chiron à Nilu27 : le virage très personnel de Sasha Selipanov

Le nom d’Alexander "Sasha" Selipanov ne vous parle peut‑être pas tout de suite, mais ses voitures, si. Après des débuts chez Mazda puis Volkswagen, il signe les premiers traits de la Lamborghini Huracán. Il prend ensuite la tête du design chez Bugatti, où il supervise le style de la Chiron, l’une des hypercars les plus emblématiques de ces dernières années.

Une fois ce chapitre refermé, il passe par Genesis, puis rejoint Koenigsegg comme patron du design. Là, il dessine la spectaculaire Gemera à quatre places et la CC850, hommage moderne aux supercars des années 90. En 2023, il quitte ce circuit très codifié avec sa femme Inna pour fonder le studio Hardline27. De cette structure naît la marque Nilu27, contraction des prénoms de leurs filles, Nica et Lucia, et clin d’œil au numéro 27 du pilote Gilles Villeneuve.

Un V12 de 6,5 litres totalement analogique au coeur de l’hypercar

Le centre de gravité du projet, c’est le moteur. Mis au point avec Hartley Engines, en Nouvelle‑Zélande, il s’agit d’un V12 atmosphérique de 6,5 litres, ouvert à 80 degrés, en architecture "hot V" où les collecteurs d’échappement passent au milieu du V. Ils aboutissent à une pièce spectaculaire : un échappement 12‑en‑1 imprimé en 3D en Inconel, pensé autant pour les performances que pour la bande‑son.

L’équipe visait environ 1 069 ch sur le papier, et les premiers passages au banc ont montré un résultat encore supérieur. Le V12 prend ses tours jusqu’à une zone rouge située autour de 11 000 tr/min, un chiffre plus proche de la moto de course que du coupé de route. Pour accompagner cette mécanique, Nilu27 impose une boîte manuelle à sept rapports CIMA, avec grille apparente, et un poste de conduite presque entièrement analogique, où les compteurs et commandes physiques remplacent les grands écrans tactiles.

Châssis, production ultra limitée et place face aux hypercars modernes

Sous la carrosserie, Nilu27 repose sur une monocoque en carbone complétée par des sous‑châssis tubulaires en aluminium. La suspension à poussoirs, les freins carbone‑céramique Brembo et les pneus Michelin Pilot Sport Cup 2 R dessinent un programme très orienté piste, avec un poids visé dans les 1 200 kg. La marque prévoit d’abord 15 exemplaires non homologués route, destinés aux circuits, puis 54 voitures immatriculables, dont quelques pièces uniques.

Dans un paysage occupé par des hypercars hybrides comme la Ferrari SF90 ou des missiles électriques comme la Rimac Nevera, Nilu27 choisit la voie minoritaire du thermique pur et simple. Selipanov assume une vision centrée sur les sensations mécaniques plutôt que sur les chronos ou les assistances numériques, pour une clientèle de collectionneurs qui veut encore passer ses propres rapports et entendre travailler chaque cylindre. Les premiers roulages du V12 au banc marquent le début d’un programme qui doit maintenant aboutir aux prototypes complets, puis aux livraisons de ces rares coupés à très haut rendement émotionnel.

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