Porsche maintient sa prime de Noël malgré la chute de ses résultats

Publié le 30 novembre 2025 à 06:00
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Porsche voit ses bénéfices plonger et prépare une vague de licenciements. Pourtant, le constructeur versera bien la prime de Noël à ses employés, avec un geste inédit pour 22 000 salariés.

Quand la conjoncture se dégrade, beaucoup de salariés s'attendent à voir leur prime de fin d'année rabotée. Au cœur de la région de Stuttgart, Porsche, très exposé au ralentissement du marché, fait pourtant le choix inverse à l'approche de Noël, alors même que ses profits ont diminué...

Prime de Noël Porsche 2025 : un 13e mois complet pour une partie des salariés

Porsche AG a confirmé qu'en novembre 2025, environ 22 000 salariés de ses sites allemands toucheront un bonus de Noël pouvant aller jusqu'à l'équivalent d'un mois complet de salaire. En Allemagne, le versement d'une "prime de Noël", le Weihnachtsgeld, est courant mais la prime de Noël Porsche 2025 dépasse largement le cadre habituel, au point de se rapprocher d'un véritable 13e mois pour une partie du personnel. De quoi susciter beaucoup de curiosité, dans et hors de l'entreprise.
Dans la métallurgie et l'électricité en Allemagne, la prime de Noël versée au titre de la convention collective tourne en général entre 25 et 55 % du salaire mensuel, selon la classification et l'ancienneté. Sur son site consacré aux perspectives d'emploi, le constructeur détaille sa pratique interne : "Conformément aux dispositions tarifaires en vigueur, Porsche verse à ses salariés en CDI une prime de Noël équivalente à 55%. Depuis de nombreuses années, cette prime est volontairement complétée pour atteindre l'équivalent d'un treizième mois complet", explique le groupe.
Pour 2025, cette politique se traduit par une prime de Noël qui peut atteindre un salaire mensuel brut complet selon les groupes de rémunération. D'après des données, un opérateur de production chez Porsche gagne en moyenne autour de 4 700€ brut par mois, un ingénieur électricien environ 6 000€, un développeur logiciel près de 7 200€ et un chef d'équipe autour de 7 800€. Pour ces profils, le Weihnachtsgeld équivaut donc potentiellement à une somme similaire versée en une fois en fin d'année, au lieu de la simple fraction de 55 % prévue par la convention.

Une générosité qui tranche avec la crise et le plan d'économies chez Porsche

Ce choix retient d'autant plus l'attention que le constructeur traverse une phase qualifiée de crise sans précédent sur son marché. Sur les neuf premiers mois de 2025, Porsche a vu son bénéfice reculer d'environ 96 %. Le groupe est pénalisé par des ventes plus faibles en Chine, par des droits de douane plus élevés aux États-Unis et par des investissements de plusieurs milliards d'euros liés au repositionnement de sa stratégie électrique, auxquels se sont ajoutées des dépréciations et ajustements comptables de l'ordre de 4,7 milliards d'euros. Un vaste programme d'économies vise désormais près de 3 milliards d'euros par an, avec un plan de suppression d'environ 1 900 postes en Allemagne d'ici 2029, principalement via les départs naturels, des offres de préretraite attractives et des indemnités de départ, après la fin d'environ 1 500 contrats à durée déterminée en 2024 et de quelque 500 autres prévus en 2025.
Au niveau national, la fondation de recherche, de promotion et de formation Hans Böckler rappelle qu'environ 77 % des salariés couverts par une convention collective perçoivent une prime de Noël, contre 41 % seulement dans les entreprises non couvertes, pour des montants allant de 250€ à plus de 4 200€ selon les branches. Avec un bonus pouvant monter à 100 % du salaire mensuel, Le 13ème mois se situe donc nettement au dessus de la fourchette habituelle, et ce malgré la pression sur ses résultats. Ce maintien tranche aussi avec l'évolution d'une autre rémunération variable interne, la prime annuelle de performance. Pour l'exercice 2024, son plafond a été réduit à 5 250€ brut, contre 9 690€ l'année précédente.

La marque de Zuffenhausen verse une prime de Noël à ses salariés depuis 1954 et a déjà conservé cette surcote lors de précédentes périodes difficiles, comme en 2022 pendant la crise sanitaire. Même en période difficile, Porsche choisit donc de maintenir cette prime exceptionnelle, fidèle à une tradition ancienne et à sa volonté de soutenir ses salariés.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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