Porsche maintient sa prime de Noël malgré la chute de ses résultats
Porsche voit ses bénéfices plonger et prépare une vague de licenciements. Pourtant, le constructeur versera bien la prime de Noël à ses employés, avec un geste inédit pour 22 000 salariés.
Quand la conjoncture se dégrade, beaucoup de salariés s'attendent à voir leur prime de fin d'année rabotée. Au cœur de la région de Stuttgart, Porsche, très exposé au ralentissement du marché, fait pourtant le choix inverse à l'approche de Noël, alors même que ses profits ont diminué...
Prime de Noël Porsche 2025 : un 13e mois complet pour une partie des salariés
Porsche AG a confirmé qu'en novembre 2025,
environ 22 000 salariés de ses sites allemands
toucheront un bonus de Noël pouvant aller jusqu'à
l'équivalent d'un mois complet de salaire. En Allemagne, le
versement d'une "prime de Noël", le Weihnachtsgeld, est
courant mais la prime de Noël Porsche 2025 dépasse
largement le cadre habituel, au point de se rapprocher d'un
véritable 13e mois pour une partie du personnel.
De quoi susciter beaucoup de curiosité, dans et hors de
l'entreprise.
Dans la métallurgie et l'électricité en Allemagne, la prime de Noël
versée au titre de la convention collective tourne en général entre
25 et 55 % du salaire mensuel, selon la classification et
l'ancienneté. Sur son site consacré aux perspectives d'emploi, le
constructeur détaille sa pratique interne : "Conformément aux
dispositions tarifaires en vigueur, Porsche verse à ses salariés en
CDI une prime de Noël équivalente à 55%. Depuis de nombreuses
années, cette prime est volontairement complétée pour atteindre
l'équivalent d'un treizième mois complet", explique le
groupe.
Pour 2025, cette politique se traduit par une prime de
Noël qui peut atteindre un salaire mensuel brut complet
selon les groupes de rémunération. D'après des données, un
opérateur de production chez Porsche gagne en moyenne autour de 4
700€ brut par mois, un ingénieur électricien environ 6 000€, un
développeur logiciel près de 7 200€ et un chef d'équipe autour de 7
800€. Pour ces profils, le Weihnachtsgeld équivaut donc
potentiellement à une somme similaire versée en une fois en fin
d'année, au lieu de la simple fraction de 55 % prévue par la
convention.
Une générosité qui tranche avec la crise et le plan d'économies chez Porsche
Ce choix retient d'autant plus l'attention que le constructeur
traverse une phase qualifiée de crise sans précédent sur son
marché. Sur les neuf premiers mois de 2025,
Porsche a vu son bénéfice
reculer d'environ 96 %. Le groupe est pénalisé par
des ventes plus faibles en Chine, par des droits de douane plus
élevés aux États-Unis et par des investissements
de plusieurs milliards d'euros liés au repositionnement de sa
stratégie électrique, auxquels se sont ajoutées
des dépréciations et ajustements comptables de l'ordre de
4,7 milliards d'euros. Un vaste programme
d'économies vise désormais près de 3 milliards d'euros par an, avec
un plan de suppression d'environ 1 900 postes en
Allemagne d'ici 2029, principalement via les départs naturels, des
offres de préretraite attractives et des indemnités de départ,
après la fin d'environ 1 500 contrats à durée déterminée en 2024 et
de quelque 500 autres prévus en 2025.
Au niveau national, la fondation de recherche, de promotion et de
formation Hans Böckler rappelle
qu'environ 77 % des salariés couverts par une convention collective
perçoivent une prime de Noël, contre 41 % seulement dans les
entreprises non couvertes, pour des montants allant de 250€ à plus
de 4 200€ selon les branches. Avec un bonus pouvant monter à 100 %
du salaire mensuel, Le 13ème mois se situe donc nettement au dessus
de la fourchette habituelle, et ce malgré la
pression sur ses résultats. Ce maintien tranche aussi avec
l'évolution d'une autre rémunération variable interne, la prime
annuelle de performance. Pour l'exercice 2024, son plafond a été
réduit à 5 250€ brut, contre 9 690€ l'année précédente.
La marque de Zuffenhausen verse une prime de Noël à ses salariés depuis 1954 et a déjà conservé cette surcote lors de précédentes périodes difficiles, comme en 2022 pendant la crise sanitaire. Même en période difficile, Porsche choisit donc de maintenir cette prime exceptionnelle, fidèle à une tradition ancienne et à sa volonté de soutenir ses salariés.


