MotoGP - Marc Marquez va-t-il avoir plus de mal que l'années dernière avec sa Ducati ?
Marc Marquez termine 4e au GP du Brésil MotoGP 2026. Battu par les Aprilia, l'Espagnol reconnaît ses limites sur la piste de Goiânia.
En 2025, Marc Marquez et sa Ducati officielle n’ont rien laissé à la concurrence lors du championnat MotoGP. Mais en ce début de saison, l’histoire n’est pas si simple. Tant mieux pour le spectacle, dommage pour le pilote espagnol.
La Ducati officielle ne suffit plus à garantir le podium
Toute la saison 2025, Marc Marquez avait rendu
l'exercice tellement simple qu'on avait presque fini par l’oublier.
Sur une Ducati Desmosedici GP, avec lui sur la
selle, le podium était presque automatique. Sauf chute ou
abandon mécanique, il était là.
Jerez avait été la seule exception, et encore, il se battait pour
la victoire avant de tomber. Au Brésil ce dimanche, quelque chose a
changé. L'Espagnol décroche une quatrième place à
l'Autodromo Internacional Ayrton Senna de Goiânia, battu à
la régulière par Fabio Di Giannantonio sur une Ducati
strictement identique.
Ce genre de résultat, en 2025, il ne l'avait connu qu'une
seule fois — au Japon, face à Pecco Bagnaia, sur la même
moto.
Ça paraît peu, et c'était peu. Là, cela commence à faire une
tendance à surveiller. Même s’il n’est pas l’heure de s’inquiéter…
Nous ne sommes qu’au deuxième weekend de Grand Prix.
Surtout qu’il faut bien reconnaître que Marquez n’est pas à
son plus grand avantage sur cette piste brésilienne.
GP du Brésil : un circuit qui ne joue pas dans les forces de Marquez
La piste de Goiânia, Marquez le savait avant même d'y
poser ses roues. Il l'avait dit publiquement en début de
week-end : ce circuit l'inquiétait. La raison ? Un tracé
dominé par de longs virages à droite, précisément là où son épaule
droite, toujours en convalescence après sa blessure de 2025, lui
impose encore des limites.
Dans ces conditions, réussir un top 5 propre n'est pas un
échec en soi. Mais se faire battre par un coéquipier de
marque, même sur un circuit défavorable, ça pose des questions pour
la suite. Notamment quand on défend le titre. En course,
Marquez a maintenu le troisième rang pendant une bonne partie de
l’épreuve de MotoGP. Doublant même brièvement Di Giannantonio.
Mais le pilote VR46 a répondu du tac
au tac. Et quand Jorge Martín a profité d'un accrochage entre les
deux pour s'intercaler, la mécanique du podium s'était déjà
refermée contre lui.
Ce qui ressort aussi des déclarations de Marquez après course,
c'est l'explication technique du scénario. Goiânia n'est
pas un circuit qui invite aux dépassements propres.
La longue ligne droite est rendue inopérante par l'aspiration, et les rares zones de freinage se soldent systématiquement par des blockpass larges où les deux pilotes débordent en sortie.
Un Márquez plus lucide que défaitiste sur son niveau actuel en MotoGP
C'est exactement ce qui s'est passé à deux reprises
entre lui et Di Giannantonio. Marquez
le reconnaît sans fard : quand Di Giannantonio l'a doublé au virage
4, ils sont tous les deux sortis larges, et Martín s'est
engouffré dans le trou.
Quand lui-même a tenté le même mouvement, même résultat. Sur ce
genre de piste, la domination individuelle ne suffit pas —
le placement dans le groupe compte autant que la vitesse
pure. Et là, l'Espagnol n'avait pas les meilleures cartes.
Notamment à cause d'une erreur d'attaque dans une zone d'asphalte
dégradée qui a failli lui coûter l’avant.
La vraie question que pose ce GP du Brésil de MotoGP n'est
pas tant le résultat du jour que ce qu'il révèle sur l'état de
forme de Marquez dans le nouveau cycle 2026.
En Thaïlande, il n'était déjà pas au sommet de sa forme. Au Brésil,
il reconnaît avoir progressé — mais pas encore suffisamment pour
s'imposer sans conditions favorables.
Il dit se sentir mieux, dit que la confiance revient « petit à
petit ». Que le week-end pris dans son ensemble était
« acceptable » avec des points importants
récoltés.
Ce discours, dans la bouche d'un pilote de son niveau, sonne un peu comme de la gestion de l'attente. Ce n'est pas le Marquez qui écrase tout, c'est un Marquez qui gère. Qui encaisse, voire, qui fait son boulot sans éblouir. Pour un champion du monde en titre, c'est une posture inhabituelle.
Marquez face à une concurrence Ducati désormais pleinement armée
Ce qui rend la situation encore plus délicate, c'est
que la concurrence intra-Ducati monte. Di Giannantonio a réalisé
l'un de ses meilleurs week-ends de la saison. Martín, sur Aprilia, s'est
offert un podium en remontant dans leur sillage.
Et Bezzecchi a dominé la course depuis les premiers tours avec une
autorité qui rappelle ce que Marquez faisait lui-même il y a
quelques mois. La hiérarchie Ducati n'est plus aussi limpide
qu'elle l'était en 2025.
La moto est là, accessible à plusieurs pilotes capables
d'en tirer le meilleur. Marquez, lui, doit encore
retrouver le niveau physique et la plénitude de confiance qui
faisaient de lui un cas à part. D'ici Austin, où le prochain GP est
programmé, la question n'est pas de savoir s'il peut gagner. Mais
s'il peut retrouver cette constance qui faisait la différence.
Parce que sans elle, même la meilleure moto du plateau ne
garantit plus rien. Affaire à suivre au Texas donc… Pour
voir si la folie MM93 est de retour !
D’ici là, Marquez va devoir travailler pour s’assurer de remettre
l’église au centre du village.















