MotoGP : Marc Marquez pense que le manque vient de lui, « pas de la moto »
Cinquième à Austin malgré un long-lap, Marc Marquez pointe ses propres limites physiques. Son épaule le freine encore en début de course, pas la Ducati.
Septuple vainqueur sur le COTA, Marc Marquez repartait hier du Texas avec un modeste cinquième rang. Entre la chute du vendredi, une pénalité en course et une épaule qui ne répond plus comme avant, le champion du monde en titre a vécu trois jours compliqués. Et il ne cherche pas d'excuse du côté de sa moto.
Un week-end à démonter pièce par pièce pour Marc Marquez
Tout commence mal dès les EL1. Marc Marquez
perd l'arrière à 191 km/h au virage 10 et tape le mur. Des
abrasions au bras droit et à la paume gauche, des douleurs au cou
et au dos. Il repart quand même sur piste avant la fin de la
séance.
Le lendemain, sixième en qualifications sur sa MotoGP Ducati malgré le meilleur temps
du vendredi, il perçute Di Giannantonio lors de la course
Sprint. Il ramasse ainsi un « long-lap penalty » pour le
dimanche.
Sixième sur la grille, pénalité en poche. Le scénario idéal pour
Austin, c'est exactement l'inverse de ça. En course, le long-lap
l'expédie onzième. Il remonte méthodiquement. La chute de
Mir, un dépassement sur Raúl Fernández, puis l'abandon d'Ai Ogura
lui ouvrent la route.
Il passe son frère Álex, règle Enea Bastianini dans un duel de
plusieurs tours, déborde Bagnaia dans le final.
Cinquième. Propre, dans les circonstances de ce Grand Prix
de MotoGP du Texas. Mais ce n’est pas au niveau du
champion du monde de l’année dernière qui a survolé l’intégralité
du championnat.
Ce que la moto n'a pas à voir là-dedans
Marc Marquez a été clair en conférence de presse. Le
problème n'est pas la Ducati. « Le manque vient de moi,
pas de la moto ». L'explication est physique. Son
épaule droite, fracturée la saison
passée, le contraint encore à piloter dans une position
qu'il décrit lui-même comme non naturelle.
Quand les pneus sont neufs et la moto agressive, il ne peut
pas répondre comme il le faudrait. Ces premiers tours —
précisément ceux qui font la différence entre jouer la victoire et
se battre pour le top 5 — lui coûtent tout.
Marc Marquez s'adapte ensuite, trouve un rythme, revient.
Mais le mal est fait. « Je m'habitue à une
position, je reste rapide en me contentant de rouler, mais je ne
peux pas faire la différence ».
Ce n'est pas la confession d'un pilote qui doute, c'est le
diagnostic d'un compétiteur qui sait exactement où le bât blesse.
Austin sans long-lap ? « Je pouvais me battre pour le
podium, pas pour la victoire », a reconnu Marc
Marquez. Autant dire que ce n’est pas une position qui plait à
l’espagnol.
Une bonne saison MotoGP s'écrit sur le long terme
Le GP des Amériques avait aussi valeur de test pour
Ducati, soupçonnée d'avoir subi la carcasse renforcée du
pneu arrière sur les deux premières manches. Le week-end texan, sans ce
paramètre parasite, a quand même vu Bezzecchi et Aprilia dominer.
Bezzecchi signant même sa cinquième victoire consécutive.
Marc Marquez pointe cinquième au championnat, à 36 longueurs
du leader. La bonne nouvelle, c'est qu'il dispose de trois
semaines avant la prochaine course pour travailler sur ces premiers
tours.
C'est précisément l'objectif qu'il s'est fixé. « Je veux
faire un progrès personnel, plus que sur la moto ». Il
n'y a rien de désespéré là-dedans. Juste un champion qui attend de
retrouver son corps.
Toutefois, on ne peut nier que si la Ducati en elle-même n’est pas à
la peine, les Aprilia ont bel et bien été améliorées cette
année. Autrement dit, la MotoGP Ducati est peut-être encore la
meilleure… Mais l’écart avec la concurrence a nettement
diminué. Il faut simplement que son pilote retrouve sa forme
olympique de l’année passée.















