Bentley électrique : la marque utilise un orchestre pour reproduire un son de V8 !
Pour donner une voix à son SUV électrique Torcal, Bentley a enregistré un vrai V8, puis fait rejouer son émotion par un orchestre.
Comment donner du caractère à une voiture silencieuse ? Bentley a tranché : plutôt qu'un bruit de moteur synthétique, la marque a convoqué un orchestre entier. Tambours, altos et basses au service de la sensation. Objectif, retranscrire l'émotion d'un V8 avec de vrais instruments, joués par de vraies mains. Voici la « Bentley Dynamic Symphony ».
Un V8 disséqué en studio par les ingénieurs Bentley
Tout part d'un constat que connaissent bien les
amateurs de belles mécaniques. Un moteur, ça se ressent
autant que ça s'écoute. Pour comprendre ce qui rend ses V8 si
envoûtants, Bentley en a installé un en studio, a
enregistré sa partition puis l'a passée au crible.
Le verdict a surpris les ingénieurs eux-mêmes. Ce n'est pas tant le
timbre mécanique brut qui déclenche l'émotion, mais le rythme. La
cadence, les montées en régime, ce battement presque
organique qui donne vie au bloc.
Mieux encore, les micros paraboliques ont révélé qu'un moteur n'a
rien d'une machine parfaitement régulière. Il produit de minuscules
variations, des imperfections que l'oreille humaine capte
instinctivement. Exactement comme un batteur qui joue à
côté du V8. De là est née l'idée un peu folle de Bentley
de confier la bande-son à des musiciens.
Voilà qui n’est pas sans rappeler ce qu’a fait Mercedes-AMG il y a peu avec sa
GT 63 électrique. Elle aussi
simule un vrai bruit de V8. Et c’est
réussi.
Des tambours plutôt qu'un moteur de synthèse
Si tout l'orchestre a été mis à contribution, les
tambours en forment le cœur battant. Ce sont eux qui reproduisent
le mieux la pulsation et la cadence d'un moteur en action.
Avec ce petit grain d'imperfection humaine impossible à
imiter par un simple générateur numérique.
Autour des percussions s'ajoutent des altos et des guitares basses,
qui apportent le corps et la profondeur du son du futur SUV Bentley
électrique. Le résultat ne cherche pas à copier bêtement un
enregistrement de V8. Il veut en faire renaître les sensations,
tout en rendant hommage aux mythes maison, du légendaire 6,75 litres aux V8
compresseurs des années 1930.
Et comme tout bon moteur Bentley qui se respecte, cette symphonie
ne reste pas figée. Elle réagit aux sollicitations du conducteur,
le tempo grimpant à l'accélération pour coller à la montée en
puissance. La promesse est belle sur le papier : un son
unique, vivant, qui ne sonne pas « faux » au bout de dix
minutes. Reste à savoir ce que cela donnera dans la vraie
vie !
Torcal : le premier électrique qui fait du bruit
Cette bande-son habillera le Torcal, le premier SUV
100 % électrique de Bentley. Long d'environ cinq mètres, il
se glissera sous le Bentayga dans la gamme et reprendra les traits
du concept EXP 15 dévoilé
l'an dernier. Attention toutefois : il ne remplace pas le Bentayga,
qui reste au catalogue et doit même recevoir une nouvelle
génération thermique en 2028.
Le Torcal, lui, en est aux ultimes réglages avant sa présentation
officielle, programmée le 23 septembre à Londres. C'est là
que l'on saura si le pari sonore de Crewe tient
ses promesses, casque sur les oreilles et pied droit sur
l’accélérateur.
Faire chanter un orchestre pour combler le silence d'un moteur
électrique : l'idée a quelque chose de romanesque. Et elle tranche
avec les bruitages de vaisseau spatial dont nous abreuvent la
plupart des marques. Reste la vraie question, celle qui se
jugera au volant. Ce concert embarqué signé Bentley
procurera-t-il autant de frissons qu'un vrai V8 lâché à plein
régime ?















