F1 : pourquoi l'aileron « Macarena » de Ferrari ne sera pas de sortie à Suzuka ?
Ferrari a amené son aileron Macarena à Suzuka mais n'en a pas équipé la SF-26. Instabilités au freinage, fiabilité insuffisante. Il va rester au box.
La SF-26 tourne ce week-end à Suzuka sans son appendice le plus attendu. Ferrari a bien transporté son aileron arrière rotatif au Japon, mais la décision a été prise de ne pas l'installer sur les monoplaces. Troisième Grand Prix de F1 de la saison, et toujours pas de Macarena en piste.
Un calendrier de développement chamboulé pour Ferrari
L'annulation des Grands Prix de Bahreïn et d'Arabie saoudite,
consécutive à la guerre au Moyen-Orient, a
redistribué les cartes chez Ferrari. Le planning de
développement établi par Loïc Serra, directeur technique châssis,
s'est retrouvé décalé d'un mois.
Résultat : la Scuderia aborde Suzuka sans nouveauté majeure sur la
SF-26. La trêve forcée d'avril devient au moins une opportunité
pour finaliser les évolutions prévues avant la reprise à Miami,
début mai. Charles Leclerc n'a d'ailleurs
pas cherché à masquer la réalité de sa Ferrari. Il ne
s'attendait pas à réduire l'écart sur Mercedes ce week-end, sur un
circuit qui appartient à Honda. La cible, c'est Miami.
Avec, entre autres, une réduction de poids pour se rapprocher de la
limite réglementaire. Objectif que la F1 SF-26 n'a pas encore
atteint.
L'aileron Macarena, dont le flap peut pivoter jusqu'à 270 degrés,
a d'abord été testé lors des EL1 du Grand Prix de Chine. Un
gain en vitesse de pointe est bien réel dans la phase d'ouverture.
Mesures à l'appui.
Mais à la fermeture, des instabilités sont apparues : la coordination avec l'aileron avant n'est pas encore au point. Ce qui génère un déséquilibre juste avant les phases de freinage. Exactement le genre de comportement qu'aucun pilote de F1 ne tolère en qualifications ou en course.
Moteur et recharge : le vrai chantier du moment
La pièce n'est pas abandonnée, elle est renvoyée sur
le banc statique de Maranello pour une mise au point plus
approfondie. En parallèle, une ailette à monter sur le halo,
fabriquée dans un nouveau matériau composite, était également
présente à Suzuka.
Là aussi, Ferrari a choisi de ne pas la faire courir. La
pièce est prévue pour une échéance ultérieure. Pendant que
l'aileron attend sa validation, les techniciens de Maranello
concentrent leurs efforts sur l'unité de puissance.
L'objectif est d'exploiter plus agressivement la partie
thermique pour améliorer la capacité de recharge de la
batterie, identifiée comme un point de faiblesse direct face à Mercedes.
Ce n'est pas une révolution architecturale, mais un travail
d'optimisation sur les calibrations et les stratégies de
déploiement. Lewis Hamilton a d'ailleurs
pointé le sujet en conférence de presse à Suzuka. Il évoque jusqu'à
quatre dixièmes perdus avec sa Ferrari dans les lignes droites par
rapport à McLaren. Cela serait attribuables en partie au
déploiement énergétique. Ferrari a du boulot, et tout le monde le
sait.
Miami comme horizon pour Ferrari
L'aileron Macarena passera donc le week-end japonais
sur son banc de test. Une fois les problèmes de
coordination aérodynamique résolus et les cycles de
fiabilité validés, une version corrigée devrait être engagée en
course.
Miami, avec son tracé rapide et ses longues lignes droites, semble
le terrain idéal pour tirer parti des gains en vitesse de pointe
promis par le dispositif. Reste à savoir si la Scuderia aura le
temps de boucler cette mise au point dans les semaines à
venir. Et si l'écart sur Mercedes sera encore gérable à ce
moment-là.















