Calendrier F1 2026 : Bahreïn et Arabie saoudite re-programmés ? Pourquoi pas d'Imola ou Portimao ?
Alors que le début de saison F1 2026 entame sa première pause de deux semaines avant le Japon, faisons le point sur l'état du calendrier suite à l'annulation des Grands Prix de Bahreïn et d'Arabie saoudite. Pourquoi d'autres destinations, un temps évoquées, n'ont-elles pas été activées ?
Comme nous vous en parlions sur Sport Auto, de sérieuses inquiétudes pesaient sur le maintien des deux épreuves sensées se dérouler au Moyen-Orient en avril prochain.
Tensions au Moyen-Orient : après le WEC, la F1 tire la prise
Du fait de l'éclatement du conflit entre la coalition
USA-Israël et l'Iran, organiser une manifestation
d'ampleur à caractère sportif dans la région relevait du non-sens,
le WEC tirant la prise en premier. Si
la Formule 1 a davantage attendu, il est apparu
évident qu'aller de l'avant avec les courses de
Shakir puis de Djeddah allait
être extrêmement compliqué.
C'est ainsi que l'annonce de la FIA tombait samedi soir dernier en
France, en plein durant le Grand Prix de Chine finalement remporté par le prodige Kimi
Antonelli. "Après des évaluations approfondies, en raison
de la situation en cours au Moyen-Orient, les Grands Prix de
Bahreïn et d’Arabie saoudite n’auront pas lieu en avril",
explique le communiqué de la fédération.
Avec une précision de taille : "bien que plusieurs alternatives
aient été envisagées, il a finalement été décidé qu’aucune épreuve
de remplacement ne serait organisée en avril".
La
FIA explique que cette "décision a été prise
en pleine concertation avec Formula One Group, les promoteurs
locaux et nos clubs membres dans la région", ajoutant que
"les manches de Formule 2, de Formule 3 et de la F1 Academy
n’auront également pas lieu aux dates prévues", en toute
logique.
FIA : "La sécurité et le bien-être de notre communauté en priorité"
"La FIA placera toujours la sécurité et le bien-être de
notre communauté et de nos collaborateurs en priorité",
communiquait Mohammed Ben Sulayem, le
président de la FIA. "Après une réflexion
approfondie, nous avons pris cette décision en gardant pleinement à
l’esprit cette responsabilité. Nous continuons d’espérer un retour
au calme, à la sécurité et à une stabilité rapide dans la région,
et mes pensées vont à toutes les personnes affectées par ces
récents événements."
"Bien que cette décision ait été
difficile à prendre, elle est malheureusement la bonne à ce stade
compte tenu de la situation actuelle au Moyen-Orient",
ajoutait Stefano Domenicali, le PDG du Formula
One Group. "Je tiens à profiter de cette occasion pour remercier la
FIA ainsi que nos incroyables promoteurs pour leur soutien et leur
totale compréhension, alors qu’ils se réjouissaient de nous
accueillir avec leur énergie et leur passion habituelles. Nous
avons hâte de revenir parmi eux dès que les circonstances nous le
permettront."
Bahreïn et Arabie saoudite : les réactions des promoteurs
Bahreïn et l’Arabie saoudite,
que la FIA décrit comme "extrêmement importants pour
l’écosystème de notre saison de course" ont entretemps réagi à
la décision : "Nous soutenons pleinement la décision de la F1
et nous leur sommes reconnaissants, ainsi qu’à la FIA, pour leur
soutien et leur partenariat durable", déclarait le
Sheikh Salman bin Isa Al Khalifa, directeur
général du Bahrain International Circuit.
"Nous nous réjouissons d’accueillir à nouveau des fans du monde
entier à Bahreïn lorsque la F1 y reviendra."
"La Fédération saoudienne de l’automobile et de la moto
respecte la décision prise par la F1 concernant le calendrier des
courses 2026", ajoutait le prince Khalid bin Sultan
Al-Abdullah Al-Faisal, président de la Fédération
saoudienne de l’automobile et de la moto (SAMF) et
président de la Saudi Motorsport Company
(SMC). "Les fans à travers le Royaume attendaient une
nouvelle fois avec impatience le Grand Prix d’Arabie saoudite ce
mois d’avril, mais nous comprenons les considérations ayant conduit
à cette décision et restons en étroite collaboration avec la
F1."
Portimao, Imola, Istanbul : un temps évoqués, pourquoi pas activés ?
Dès que la perspective d'une double annulation de
Bahreïn et de l'Arabie saoudite a commencé à prendre du
poids, avec ce que cela représente comme pertes financières
pour la F1 et les écuries (on parle tout de même d'une
part du gâteau en moins de plus de 100 millions
d'euros), s'est posée la question du
remplacement des deux épreuves par d'autres
circuits.
Parmi les destinations évoquées pour "sauver la
mise", Portimão, Imola ou encore le circuit
d'Istanbul sont revenus sur la table. Organiser
une deuxième épreuve sur le circuit de Suzuka a
même été un temps considéré. Au final, toute la volonté du monde
s'est heurtée à des obstacles non-négligeables. A
commencer par les délais opérationnels.
Quand on sait que mettre en place un événement de la taille
d'un Grand Prix nécessite des mois de
préparation - même pour un sport comme la F1 qui
s'était admirablement débrouillé lors la pandémie de
Covid-19 mais avec plusieurs mois de non-activité comme
matelas de secours - initier une telle organisation en l'espace
d'une poignée de semaines aurait relevé du
défi logistique, humain et, surtout,
financier, inédit.
L'aspect économique a aussi également pesé pour
les promoteurs. Car pour sécuriser le droit
d'accueillir la F1, tout circuit doit régler une
ardoise auprès de la discipline et de la FIA dont le
montant est négocié à l'avance via des contrats.
Or, parvenir à un accord acceptable entre parties concernées aurait
relevé de la mission impossible dans un laps de temps aussi
serré.
S'ajoute à cela le facteur
trop-plein. Car au-delà des considérations d'ordre
économique, le personnel de la F1 est soumis à une pression
inhabituelle depuis plusieurs mois, entre la fin de saison
dernière début décembre, une trêve hivernale (la
plus courte de l'histoire) qui mentait son nom au
vu de la course contre la montre pour terminer la
préparation des nouvelles monoplaces, et le
retour en piste pour leur "mise à feu" dès la
fin du mois de janvier à Barcelone.
Depuis lors, les écuries n'ont eu guère le temps de réellement
souffler, entre des essais hivernaux plus longs
que les années précédentes et une entame de saison sous forme d'un
double-header australo-chinois avec ce que cela
implique en terme de déplacements, décalage horaire,
fatigue, etc. D'autant plus que la situation
géopolitique très tendue au Moyen-Orient a eu le don
d'ajouter une couche de contrainte logistique pour toutes les
personnes en déplacement vers l'Australie, les routes habituelles
étant déviées ou rallongées entre l'Europe et l'Océanie.
Gageons que cette pause forcée dans un calendrier déjà saturé donnera l'occasion aux membres d'écurie et au personnel de la discipline de recharger quelque peu leurs batteries. Mais vu qu'il ne s'agit pas d'une "trêve" comme en hiver ou durant le mois d'août, aucune fermeture d'usine n'est prévue durant le mois d'avril. On peut dès lors s'attendre à ce que les teams poursuivent le développement d'arrache-pied entre le Grand Prix du Japon, fin mars, et le retour en piste prévu seulement... début mai à Miami.















