Calendrier F1 2026 : Bahreïn et Arabie saoudite re-programmés ? Pourquoi pas d'Imola ou Portimao ?

Publié le 19 mars 2026 à 10:30
Mis à jour le 19 mars 2026 à 11:43
Calendrier F1 2026 : Bahreïn et Arabie saoudite re-programmés ? Pourquoi pas d'Imola ou Portimao ?

Alors que le début de saison F1 2026 entame sa première pause de deux semaines avant le Japon, faisons le point sur l'état du calendrier suite à l'annulation des Grands Prix de Bahreïn et d'Arabie saoudite. Pourquoi d'autres destinations, un temps évoquées, n'ont-elles pas été activées ?

Comme nous vous en parlions sur Sport Auto, de sérieuses inquiétudes pesaient sur le maintien des deux épreuves sensées se dérouler au Moyen-Orient en avril prochain.

Tensions au Moyen-Orient : après le WEC, la F1 tire la prise

Du fait de l'éclatement du conflit entre la coalition USA-Israël et l'Iran, organiser une manifestation d'ampleur à caractère sportif dans la région relevait du non-sens, le WEC tirant la prise en premier. Si la Formule 1 a davantage attendu, il est apparu évident qu'aller de l'avant avec les courses de Shakir puis de Djeddah allait être extrêmement compliqué.
C'est ainsi que l'annonce de la FIA tombait samedi soir dernier en France, en plein durant le Grand Prix de Chine finalement remporté par le prodige Kimi Antonelli. "Après des évaluations approfondies, en raison de la situation en cours au Moyen-Orient, les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite n’auront pas lieu en avril", explique le communiqué de la fédération. Avec une précision de taille : "bien que plusieurs alternatives aient été envisagées, il a finalement été décidé qu’aucune épreuve de remplacement ne serait organisée en avril".
La FIA explique que cette "décision a été prise en pleine concertation avec Formula One Group, les promoteurs locaux et nos clubs membres dans la région", ajoutant que "les manches de Formule 2, de Formule 3 et de la F1 Academy n’auront également pas lieu aux dates prévues", en toute logique.

FIA : "La sécurité et le bien-être de notre communauté en priorité"

"La FIA placera toujours la sécurité et le bien-être de notre communauté et de nos collaborateurs en priorité", communiquait Mohammed Ben Sulayem, le président de la FIA. "Après une réflexion approfondie, nous avons pris cette décision en gardant pleinement à l’esprit cette responsabilité. Nous continuons d’espérer un retour au calme, à la sécurité et à une stabilité rapide dans la région, et mes pensées vont à toutes les personnes affectées par ces récents événements."
"Bien que cette décision ait été difficile à prendre, elle est malheureusement la bonne à ce stade compte tenu de la situation actuelle au Moyen-Orient", ajoutait Stefano Domenicali, le PDG du Formula One Group. "Je tiens à profiter de cette occasion pour remercier la FIA ainsi que nos incroyables promoteurs pour leur soutien et leur totale compréhension, alors qu’ils se réjouissaient de nous accueillir avec leur énergie et leur passion habituelles. Nous avons hâte de revenir parmi eux dès que les circonstances nous le permettront."

Bahreïn et Arabie saoudite : les réactions des promoteurs

Bahreïn et l’Arabie saoudite, que la FIA décrit comme "extrêmement importants pour l’écosystème de notre saison de course" ont entretemps réagi à la décision : "Nous soutenons pleinement la décision de la F1 et nous leur sommes reconnaissants, ainsi qu’à la FIA, pour leur soutien et leur partenariat durable", déclarait le Sheikh Salman bin Isa Al Khalifa, directeur général du Bahrain International Circuit. "Nous nous réjouissons d’accueillir à nouveau des fans du monde entier à Bahreïn lorsque la F1 y reviendra."
"La Fédération saoudienne de l’automobile et de la moto respecte la décision prise par la F1 concernant le calendrier des courses 2026", ajoutait le prince Khalid bin Sultan Al-Abdullah Al-Faisal, président de la Fédération saoudienne de l’automobile et de la moto (SAMF) et président de la Saudi Motorsport Company (SMC). "Les fans à travers le Royaume attendaient une nouvelle fois avec impatience le Grand Prix d’Arabie saoudite ce mois d’avril, mais nous comprenons les considérations ayant conduit à cette décision et restons en étroite collaboration avec la F1."

Portimao, Imola, Istanbul : un temps évoqués, pourquoi pas activés ?

Dès que la perspective d'une double annulation de Bahreïn et de l'Arabie saoudite a commencé à prendre du poids, avec ce que cela représente comme pertes financières pour la F1 et les écuries (on parle tout de même d'une part du gâteau en moins de plus de 100 millions d'euros),  s'est posée la question du remplacement des deux épreuves par d'autres circuits.
Parmi les destinations évoquées pour "sauver la mise", Portimão, Imola ou encore le circuit d'Istanbul sont revenus sur la table. Organiser une deuxième épreuve sur le circuit de Suzuka a même été un temps considéré. Au final, toute la volonté du monde s'est heurtée à des obstacles non-négligeables. A commencer par les délais opérationnels.
Quand on sait que mettre en place un événement de la taille d'un Grand Prix nécessite des mois de préparation - même pour un sport comme la F1 qui s'était admirablement débrouillé lors la pandémie de Covid-19 mais avec plusieurs mois de non-activité comme matelas de secours - initier une telle organisation en l'espace d'une poignée de semaines aurait relevé du défi logistique, humain et, surtout, financier, inédit.
L'aspect économique a aussi également pesé pour les promoteurs. Car pour sécuriser le droit d'accueillir la F1, tout circuit doit régler une ardoise auprès de la discipline et de la FIA dont le montant est négocié à l'avance via des contrats. Or, parvenir à un accord acceptable entre parties concernées aurait relevé de la mission impossible dans un laps de temps aussi serré.
S'ajoute à cela le facteur trop-plein. Car au-delà des considérations d'ordre économique, le personnel de la F1 est soumis à une pression inhabituelle depuis plusieurs mois, entre la fin de saison dernière début décembre, une trêve hivernale (la plus courte de l'histoire) qui mentait son nom au vu de la course contre la montre pour terminer la préparation des nouvelles monoplaces, et le retour en piste pour leur "mise à feu" dès la fin du mois de janvier à Barcelone.
Depuis lors, les écuries n'ont eu guère le temps de réellement souffler, entre des essais hivernaux plus longs que les années précédentes et une entame de saison sous forme d'un double-header australo-chinois avec ce que cela implique en terme de déplacements, décalage horaire, fatigue, etc. D'autant plus que la situation géopolitique très tendue au Moyen-Orient a eu le don d'ajouter une couche de contrainte logistique pour toutes les personnes en déplacement vers l'Australie, les routes habituelles étant déviées ou rallongées entre l'Europe et l'Océanie.

Gageons que cette pause forcée dans un calendrier déjà saturé donnera l'occasion aux membres d'écurie et au personnel de la discipline de recharger quelque peu leurs batteries. Mais vu qu'il ne s'agit pas d'une "trêve" comme en hiver ou durant le mois d'août, aucune fermeture d'usine n'est prévue durant le mois d'avril. On peut dès lors s'attendre à ce que les teams poursuivent le développement d'arrache-pied entre le Grand Prix du Japon, fin mars, et le retour en piste prévu seulement... début mai à Miami.

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À propos de l’auteur
Guillaume Alvarez
Guillaume Alvarez
Rédacteur-Editeur pour Sport Auto, l'Auto-Journal et F1i. Je partage mon temps entre l'écriture, le reportage et les circuits, la plume et le micro portés par la passion de l'automobile et de la compétition, du Karting à la Formule 1, en noir et blanc comme en couleurs.
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