Guerre au Moyen-Orient : quelles conséquences pour le sport auto (WEC, F1) ?
Alors qu'un conflit fait rage du côté du Moyen-Orient, comment la communauté du sport automobile, dont le WEC et la F1, va-t-elle être potentiellement affectée par ce nouveau soubresaut géopolitique ?
Depuis ce samedi 28 février, le Moyen-Orient est le terrain d'un début potentiel de conflit suite aux attaques perpétrées en Iran par une coalition entre les Etats-Unis et Israël. En de guise de représailles, l'état musulman a répliqué sous formes de frappes sur des bases américaines situées dans des pays alliés dont l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn ou le Qatar.
Conflit USA-Iran : le WEC premier concerné
Au vu de ce contexte déjà explosif sur fond de tensions
internationales croissantes, l'inquiétude grandit dans les
hautes sphères de la course automobile quant au maintien,
ou non, de plusieurs événements d'envergure dans cette
partie du monde dans les semaines à venir.
Le WEC a été le premier à dégainer dans
ce sens. Logique quand on sait que le Championnat du monde
d'Endurance doit se produire au
Qatar d'ici quelques semaines. "La sécurité
des concurrents, des collaborateurs, de l’ensemble de nos
partenaires et des spectateurs demeure notre priorité
absolue", déclare le WEC dans une brève communication
sur son site officiel.
"À ce titre, la direction du FIA WEC maintient un dialogue
permanent avec les autorités compétentes de l'État du Qatar au
sujet du prologue et des 1812 km du Qatar, dont le déroulement est
respectivement programmé les 22 et 23 mars, puis du 26 au 28 mars.
Nous continuerons d'évaluer la situation au quotidien. De nouvelles
informations seront communiquées ultérieurement."
A
l'heure d'écrire ces lignes, le Prologue de la saison 2026
du Mondial d'Endurance est prévu dans 20 jours sur le
Circuit de Losail. S'il est urgent d'attendre
avant toute éventuelle décision de la part de autorités
compétentes, internationales comme locales, la question se pose de
la légitimité d'organiser un événement sportif
dans un espace géographique soumis à de telles tensions. D'autant
plus que l'administration américaine a d'ores et déjà laissé
entendre que l'opération militaire lancée contre l'Iran pourrait
s'étendre sur un délai de "cinq à six semaines".
Conflit USA-Iran : la FIA en "contact étroit" avec les acteurs de terrain
La FIA a également communiqué son inquiétude
vis-à-vis de l'escalade en cours dans la région du
Golfe. "En tant que président de la FIA, mes pensées
vont à toutes les personnes touchées par les récents événements au
Moyen-Orient", a déclaré Mohammed Ben
Sulayem, président réélu de la fédération, sur
Instagram. "Nous sommes profondément attristés par les pertes en
vies humaines et nous nous tenons aux côtés des familles et des
communautés affectées.
En ce moment d’incertitude, nous espérons un retour au calme,
la sécurité et un rétablissement rapide de la stabilité. Le
dialogue et la protection des civils doivent rester des priorités.
Nous sommes en contact étroit avec nos clubs membres, les
promoteurs des championnats, les équipes et nos collègues sur le
terrain, alors que nous suivons l’évolution de la situation avec
attention et responsabilité.
La sécurité et le
bien-être guideront nos décisions alors que nous évaluons les
prochains événements prévus dans le cadre du Championnat du monde
d’endurance et du Championnat du monde de Formule 1. Notre
organisation est fondée sur l’unité et un objectif commun. Cette
unité est aujourd’hui plus importante que jamais."
Conflit USA-Iran : la F1 vers des changements de calendrier ?
Car le WEC n'est pas l'unique
compétition de stature mondiale concernée. C'est aussi le cas de la
Formule 1 dont
le coup d'envoi en Australie est maintenu mais
avec d'évidentes contraintes logistiques pour se rendre sur place
après les restrictions dans l'espace aérien
au-dessus de la zone de conflit, pourtant un point de passage
fréquenté par bon nombre de vols internationaux.
En attendant de voir comment les nouvelles monoplaces gèreront leur
départ dans l'Albert Park de Melbourne, nous avons appris que
Pirelli a été contraint d'annuler deux
journées d'essais prévues sur le circuit de Sakhir, à
Bahreïn. Le manufacturier italien comptait profiter du
week-end avant l'Australie pour tester ses composants pour
la pluie sur la piste artificiellement arrosée.
McLaren et Mercedes-AMG étaient
sensées participer à ce roulage, avant que décision ne soit prise
de tout annuler suite à des bombardement sur
Manama, la capitale du pays.
"Les deux journées d’essais de développement des pneus pluie
prévues aujourd’hui et demain sur le circuit de Bahreïn ont été
annulées pour des raisons de sécurité, en raison de l’évolution de
la situation internationale", a communiqué Pirelli. "Tout
le personnel de Pirelli actuellement à Manama est en sécurité dans
ses hôtels. L’entreprise travaille à garantir leur sécurité
continue et à organiser leur retour à domicile dans les plus brefs
délais."
Pour l'heure, rendez-vous est pris loin dans la
lointaine Australie pour les trois coups d'une
saison 2026 sous tous les projecteurs. Le Championnat du
monde, long de 24 week-ends de course, doit toutefois
se rendre au Moyen-Orient en avril. D'abord du
10 au 12, pour le Grand Prix de
Bahreïn, puis du 16 au 19 en vue du Grand Prix
d'Arabie saoudite à Jeddah. D'ici un peu moins
d'un mois et demi, qu'en sera-t-il de la situation géopolitique
?
"Nos trois prochaines courses auront lieu en Australie, en Chine et au Japon, et non au Moyen-Orient. Elles ne se dérouleront pas avant plusieurs semaines", a déclaré un porte-parole de la F1 à la BBC. "Comme toujours, nous suivons de près toute situation de ce type et travaillons en étroite collaboration avec les autorités compétentes". Affaire à suivre, donc.















