Aston Martin et Adrian Newey dans la tourmente : Audi F1 à la rescousse ?
Du remue-ménage autour d'Adrian Newey ? Sport Auto revient en détails sur ce qui s'apparente à un échange de bons procédés entre une formation Audi F1 qui arrive à la rescousse d'une écurie Aston Martin F1 à la dérive...
Alors que le paddock goûte pour la première fois à une petite pause méritée au sortir de son premier double-header en Australie puis en Chine, l'actualité gronde entre Aston Martin et Audi dans un inattendu échange de communiqués. Sport Auto remet de l'ordre ci-dessous dans ce qui s'apparente à un échange de personnel entre Silverstone et la marque aux anneaux.
Acte 1 : l'aveu de Lawrence Stroll
Plus tôt cette semaine, le bruit courrait que Lawrence
Stroll, l'influent président de l'empire Aston Martin F1,
aurait admis avoir commis une erreur en nommant Adrian
Newey au rôle de team principal, en parallèle de ses
fonctions à la tête du département technique. Le
milliardaire canadien avait pourtant soutenu sa nouvelle
recrue en interne lorsqu'il était apparu que la
relation de travail avec Andy Cowell, le team
principal au moment de l'arrivée de Newey, s'était
dégradée. Au point que Cowell avait été
replacé dans un poste à l'usine.
Au vu des graves problèmes techniques que
rencontre l'écurie depuis l'intersaison, liés en partie à
l'intégration compliquée du groupe-propulseur
Honda dans l'AMR26, il n'en fallait pas plus pour
raviver les rumeurs de tensions quant à la suite du projet. Et pour
ne rien arranger, Aston Martin n'a pas semblé vouloir
mettre de gants en commentant les soucis du
bloc-moteur du constructeur nippon, Newey surprenant même avec
plusieurs aveux, notamment sur un manque de
communication ayant accouché de surprises peu
agréables.
Acte 2 : Adrian Newey remplacé ? Aston Martin dément !
C'est le bruit de couloir persistant de ces derniers jours :
Adrian Newey quitterait son rôle de team principal
pour se recentrer sur le développement de l'ARM26 qui en a
bien besoin. Il se dit que c'est l'ingénieur anglais lui-même
qui serait à l’origine de cette réflexion, avec
comme finalité de lui trouver un remplaçant. Parmi les noms
évoqués, on retrouvait notamment
Martin Whitmarsh, Jonathan
Wheatley ou
Mattia Binotto. Approché,
GianPiero Lambiase, le populaire ingénieur de
course de Max Verstappen,
aurait décliné. Pas de fumée sans feu ?
Face à l’ampleur prise par ces informations, Aston Martin a décidé
de réagir officiellement pour couper court aux spéculations :
"l’équipe ne commentera pas les spéculations médiatiques
concernant sa direction. Adrian Newey continue de diriger
l’équipe en tant que Team Principal et Managing Technical
Partner."
Acte 3 : Audi annonce un départ de taille
Quel rapport avec la situation d'Aston Martin ?
Dans un contexte inédit de communications qui semblent se répondre,
l'Audi F1 Team annonce le départ de son
team principal Jonathan Wheatley, justement pressenti
comme candidat pour succéder à Newey. "Alors qu'elle poursuit
son ascension vers les premières places du classement, l'équipe
Audi Revolut F1 va procéder à des changements importants au sein de
sa direction", écrit l'ex-formation Sauber
Motorsport.
"Pour des raisons personnelles,
Jonathan Wheatley quitte l'équipe avec effet immédiat. L'équipe le
remercie pour sa contribution au projet et lui souhaite bonne
chance dans ses projets futurs. Mattia Binotto, responsable du
projet Audi F1, continuera à diriger l'équipe tout en assumant des
responsabilités supplémentaires en tant que directeur de
l'écurie.
Depuis qu'il a pris les rênes du projet en
2024, Mattia a été chargé de la transformation de l'équipe alors
qu'Audi se préparait à entrer en F1 en tant que constructeur de
châssis et de groupes moto-propulseurs. La structure future de
l'équipe sera définie dans son intégralité à un stade ultérieur,
alors que l'organisation continue de s'adapter à l'environnement en
constante évolution de la Formule 1. Grâce à l'engagement sans
faille d'Audi AG, l'équipe Audi Revolut F1 Team continuera de
progresser pour pouvoir prétendre aux titres de champion d'ici
2030."
Acte 4 : Stroll, le retour !
Moins d'une demi-heure après l'annonce du départ de Wheatley,
Aston Martin répliquait par un nouveau communiqué
de la part de Lawrence Stroll en personne.
"Compte tenu des rumeurs qui circulent actuellement au sujet du
rôle d’Adrian Newey au sein de notre équipe, je tiens à saisir
cette occasion pour mettre les choses au clair", déclare le
président de la marque.
"En tant que président exécutif et actionnaire majoritaire, je
tiens à réaffirmer qu’Adrian Newey est mon partenaire et un
actionnaire important. Il est le directeur technique d’AMR, et nous
entretenons un véritable partenariat fondé sur une vision commune
de la réussite de l’entreprise. Ici, nous fonctionnons
différemment, et si nous n’adoptons pas actuellement le rôle
traditionnel de directeur d’écurie que l’on voit ailleurs, c’est un
choix délibéré.
"En tant qu’ingénieur le plus titré de l’histoire de ce sport,
Adrian se concentre principalement sur le leadership stratégique et
technique, domaine dans lequel il excelle. Il est épaulé par une
équipe de direction hautement qualifiée pour mener à bien tous les
aspects de l’activité, tant au Campus qu’en bord de piste. Nous
sommes régulièrement sollicités par des cadres supérieurs d’autres
écuries qui souhaitent rejoindre Aston Martin, mais conformément à
notre politique, nous ne commentons pas les rumeurs et les
spéculations."
Si de telles déclarations n’excluent pas une possible arrivée de Jonathan Wheatley, la structure d'Aston Martin F1 ne devrait à priori pas être chamboulée par sa possible nomination dans un organigramme où Newey conserve les pleins pouvoirs et la confiance de son employeur...















