Lamborghini : le directeur financier crée la surprise avec une phrase choc
Annoncée comme la prochaine grande révolution, la supercar 100 % électrique de Lamborghini vient d’être freinée net. Derrière ce revirement, le directeur financier impose sa lecture du risque.
Chez Lamborghini, la première supercar 100 % électrique devait être la prochaine grande révolution. Tout laissait penser que la marque suivrait la vague des batteries sans hésiter. Pourtant, le directeur financier a tiré le frein...
Lamborghini : la gamme électrique repoussée
Dans un entretien avec nos confrères chez Euroborsa, Paolo Poma, directeur financier d'Automobili Lamborghini, lâche une phrase qui résume la nouvelle ligne du taureau : "L’électrique ? Ce n’est pas encore le moment", tranche-t-il. La fameuse quatrième ligne de produit, souvent associée au concept Lanzador, ne sera donc pas la première voiture électrique de série de Sant’Agata. Après analyse du marché, Paolo Poma constate que, dans le segment des supercars de luxe, la demande pour du 100 % électrique reste quasiment inexistante. Investir des centaines de millions dans une plateforme dédiée, alors que les clients ne la réclament pas, devient un pari jugé trop risqué. Résultat : la prochaine nouveauté sera une Lamborghini hybride, dans le sillage de la Revuelto, plutôt qu’un modèle à batteries seul. L’électrique n’est pas enterré, mais renvoyé au-delà de 2030, quand le marché sera jugé mûr. Entre-temps, la marque préfère capitaliser sur ce qui fonctionne déjà très bien.
Lamborghini : priorité à la rentabilité et non au calendrier politique
Les chiffres donnent du poids à ce discours. En 2025, Lamborghini a livré 10 747 voitures, réalisé 3,2 milliards d'euros de chiffre d’affaires et 788 millions d’euros de profit, soit une marge d’environ 24 %. Dans ce contexte, Paolo Poma rappelle une règle simple : "D’abord la soutenabilité économique, ensuite la stratégie long terme", résume-t-il. La marque finance elle-même ses investissements et doit donc choisir ses batailles. Le directeur financier insiste aussi sur la double facture technologique : garder des moteurs thermiques et hybrides très rentables, tout en finançant des plateformes électriques encore loin d’être amorties. Les droits de douane d’environ 15 % aux États-Unis, premier marché représentant près d’un tiers des revenus, rajoutent de la pression. Autrement dit, les projets sans retour rapide, l’électrique pur pour l’instant, passent au second plan. Plutôt que de vendre une réduction de CO₂, Lamborghini vend une expérience. La Revuelto est ainsi présentée comme un High Performance Electrified Vehicle : la batterie sert à doper les performances tout en faisant baisser les émissions. Toute la nouvelle gamme suivra cette logique, avec des dérivés plus extrêmes et très margés sur un cycle de vie d’environ neuf ans. Derrière la prudence actuelle, Paolo Poma évoque aussi un contexte politique qu’il juge trop précipité après le dieselgate : "Nous avons probablement été trop pressés. Depuis 2015, avec le scandale des moteurs diesel du groupe Volkswagen, un fort soutien politique s’est exercé en faveur des véhicules électriques, notamment en Allemagne, sans que les conséquences n’en aient été pleinement évaluées."
Plus de dix ans plus tard, Lamborghini choisit de ralentir plutôt que de s’aligner sur un calendrier qui, selon elle, ne correspond pas encore à la demande de ses clients.














