Vector W8 : cette supercar américaine, produite à seulement 17 exemplaires, a été un fiasco total mais vaut aujourd’hui plus de 1,4 million d’euros

Publié le 16 juin 2026 à 18:30
Vector W8 : cette supercar américaine, produite à seulement 17 exemplaires, a été un fiasco total mais vaut aujourd’hui plus de 1,4 million d’euros

Avec son design de chasseur furtif et ses performances annoncées à plus de 350 km/h, la Vector W8 incarnait l’ambition démesurée de Jerry Wiegert. Une aventure aussi spectaculaire que fragile.

Une silhouette en coin façon vaisseau spatial, un V8 bi‑turbo planté derrière les sièges, et pourtant, rien à voir avec Ford ou General Motors. La Vector W8, sortie au début des années 1990, vient d’un petit atelier californien dirigé par l’ingénieur Jerry Wiegert, persuadé qu’il pouvait battre Ferrari et Lamborghini sans l’aide des géants de Detroit.

Cette supercar née hors des circuits industriels reste un cas unique : la seule supercar indépendante américaine du XXe siècle. Moteur central, performances façon Ferrari F40, homologation routière et capital privé, les cases sont cochées. Corvette, Viper ou Ford GT restent des produits maison ; la Vector, elle, s’est construite sans filet.

Vector W8 : la seule vraie supercar indépendante américaine du XXe siècle

Pour parler de supercar indépendante, il faut cumuler quelques critères : moteur très puissant en position centrale, performances extrêmes, production en petite série et marque sans lien avec un grand groupe. La Vector Aeromotive Corporation, créée par Jerry Wiegert à Los Angeles, coche tout cela. Les W8 sont assemblées presque à la main, en une vingtaine d’exemplaires, pour des clients prêts à payer très cher.

Face à elle, les candidates américaines tombent toutes sur un détail. Corvette et Viper restent des sportives de General Motors et Chrysler. La Ford GT40 a brillé au Mans, mais c’est une voiture de course, pas une supercar de route vendue en série. La De Tomaso Pantera mélange design italien et V8 Ford, et les innombrables kit‑cars ne sont pas vraiment homologués : la W8 occupe un créneau désert.

Une supercar américaine pensée comme un avion de chasse

L’histoire commence en 1971, quand Jerry Wiegert trace les premiers croquis de sa Vector sur la table à dessin. Un prototype roulant W2 apparaît à la fin des années 1970. Elle passera plus d’une décennie en développement avant que la W8 de série n’arrive enfin en 1990. Obsession de Wiegert : transposer l’aéronautique sur la route, avec monocoque en aluminium en nid d’abeilles, matériaux carbone/Kevlar, composants de suspension certifiés aviation et extincteurs intégrés.

Au centre trône un V8 6,0 litres en aluminium, gavé par deux turbos, donné pour 625 ch et 813 Nm de couple. La marque annonçait 3,8 secondes sur le 0‑100 km/h et plus de 350 km/h. Les essais ont trouvé des valeurs proches : autour de 4 secondes et 351 km/h. Dans l’habitacle, l'instrumentation numérique est inspirée des jets. Des sièges Recaro et un système hi‑fi sont également présents. Le tout est vendu environ 450 000 $, soit autour de 387 000 €.

Fiabilité, faillite, culte : le prix de cette indépendance

Cette sophistication a vite montré ses limites. Lors d’un essai très suivi, une boîte de vitesses a lâché, puis la voiture a surchauffé. Elle a été réparée en urgence pour enfin tenir ses promesses. Le tennisman André Agassi aurait payé l’équivalent d’environ 370 000 € pour une W8 dont la moquette a fondu. Il l’a finalement renvoyée car il l'a jugée trop dangereuse.

La société, minée par ces déboires et des finances fragiles, n’a livré qu’environ 17 W8 avant la faillite. Aujourd’hui, les rares survivantes s’échangent autour de 1,4 million d’euros, icônes pour des passionnés de cette audace américaine vraiment indépendante.

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