Top Gear : le Stig brise le silence et attaque la BBC après le crash de Freddie Flintoff

Publié le 26 juillet 2026 à 18:00
Top Gear : le Stig brise le silence et attaque la BBC après le crash de Freddie Flintoff

Plus de trois ans après l'accident de Freddie Flintoff, un nouveau rebondissement secoue Top Gear. L'ancien Stig sort de l'anonymat et poursuit BBC Studios devant la justice.

On croyait le Stig condamné au silence éternel derrière sa visière blanche. Paul Rees, pilote professionnel et ancien homme en combinaison immaculée de Top Gear, vient pourtant de sortir de l’ombre pour attaquer BBC Studios en justice. Il affirme avoir été le passager "caché" d'Andrew "Freddie" Flintoff lors du crash du 13 décembre 2022 et réclame jusqu’à 175 000 € de dommages-intérêts.

Ce même crash a déjà valu à Freddie Flintoff un accord amiable estimé à 10,5 millions d'euros. Rees, lui, accuse aujourd’hui la production de négligence grave en matière de sécurité, tandis que la BBC nie toute faute et renvoie une partie de la responsabilité vers… son propre pilote expert. De quoi transformer un accident de tournage en véritable affaire explosive autour de Top Gear.

Top Gear : le crash qui a tout fait basculer pour le Stig et la BBC

Le 13 décembre 2022, l’équipe tourne sur le circuit de Dunsfold Park Aerodrome, dans le Surrey, pour un segment de Top Gear. Freddie Flintoff prend le volant d’une Morgan Super 3, petit roadster à trois roues et sans toit, avec Paul Rees à ses côtés. La voiture se renverse et glisse sur plusieurs dizaines de mètres, les deux hommes coincés tête en bas, retenus uniquement par leurs ceintures classiques.

Flintoff en sort grièvement blessé : côtes cassées, mâchoire supérieure fracturée, visage lacéré qui nécessitera une chirurgie reconstructrice lourde et modifiera durablement son apparence. Rees pense d’abord s’en sortir presque indemne. Il raconte que son champ de vision est devenu "entièrement rouge" sous le sang de Flintoff et se souvient s’être dit qu’ils auraient "de la chance de s’en tirer vivants, même en fauteuil roulant". Un an plus tard, des examens révèlent pourtant une fracture du dos, avec douleurs chroniques, crises d’angoisse et flashbacks assimilés à un trouble de stress post-traumatique.

Paul Rees, l’ex-Stig traumatisé qui sort de l’ombre

Dans les documents judiciaires, Paul Rees explique qu’il a incarné le Stig entre 2019 et 2022. Pilote de course et ancien participant à la Porsche Supercup, il travaillait comme consultant conduite pour l’émission, testait les voitures et doublait parfois les animateurs. Son identité était restée secrète, conformément au mythe du personnage, jusqu’à ce que le procès la fasse émerger au grand jour.

Au-delà du symbole, Rees décrit un avant et un après dans sa vie. Il dit revoir sans cesse la Morgan se retourner, sentir le poids de Freddie Flintoff sur lui et se demander comment sa tête n’a pas heurté l’asphalte. Il affirme qu’il vivait avec une douleur diffuse avant de découvrir la fracture de sa colonne, et qu’il lutte depuis avec des attaques de panique et des souvenirs intrusifs du tournage. Derrière le casque blanc, il ne se présente plus comme un super-héros de plateau, mais comme un travailleur blessé qui cherche réparation.

Procès du Stig contre la BBC : les accusations et la défense se répondent

Dans sa plainte, Paul Rees soutient que les procédures de sécurité ont été sacrifiées. Il affirme avoir prévenu la production que l’entrée de ce virage, à haute vitesse, dans une Morgan Super 3 dépourvue d’arceau, de harnais de course et de casque, était trop dangereuse. Il évoque aussi des inquiétudes plus anciennes sur des tournages où, selon lui, les coupes budgétaires auraient réduit la présence de responsables sécurité, comme lors d’un repérage au Maroc. Après le crash, il raconte avoir été laissé sans nouvelles, avant une séance de thérapie de groupe puis une convocation à Londres où il dit s’être senti transformé en "bouc émissaire".

BBC Studios conteste vigoureusement toute négligence et soutient que la manœuvre n’était pas déraisonnable. La société de production affirme que Rees n’a pas exprimé d’objection avant le tournage ni signalé de blessure immédiate. Elle met en avant les enregistrements audio tournés dans la voiture, où l’on entendrait Flintoff s’inquiéter quand une roue se soulève et Rees le rassurer puis le pousser à accélérer, répétant "power, power, power". "Nous contestons cette plainte et nous nous défendons. L’affaire étant désormais devant la justice, il ne serait pas approprié de commenter davantage", a indiqué un porte-parole de la BBC. Le procès se déroule alors que la version britannique de Top Gear reste mise en pause depuis l’accident, sans calendrier officiel de retour.

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