Touring Superleggera ressuscite la Ferrari V12 à boîte manuelle avec une 550 Targa à près d'un million d'euros
À contre-courant des Ferrari modernes, la Veloce12 Aperta mise sur un V12 atmosphérique, une boîte manuelle à grille et un toit Targa. Un restomod rarissime réservé à quelques privilégiés.
Dans les concessions Ferrari, les nouveaux V12 se pilotent tous via des palettes derrière le volant. Pour retrouver le geste du levier chromé dans sa grille, il faut remonter aux GT des années 1990. C’est précisément là que va piocher Touring Superleggera avec sa Veloce12 Aperta, une 550 Targa revisitée aussi rare qu’affûtée.
La base est une Ferrari 550 Maranello de série, mais chaque panneau de carrosserie est redessiné, le moteur V12 reste atmosphérique et la boîte demeure manuelle à six rapports. À la clé, un restomod sur mesure, doté d’un toit Targa, pensé comme une GT de week-end plutôt que chasseuse de chronos.
Ferrari V12 manuelle : un chapitre refermé
À la fin des années 1990, une GT comme la Ferrari 550 Maranello proposait encore un V12 avant, un long capot et une vraie pédale d’embrayage. La 575M qui lui a succédé a progressivement basculé vers les boîtes robotisées type F1, plébiscitées pour leurs temps de passage et leur efficacité sur circuit.
En vingt ans, la clientèle a réclamé plus de confort, de performances faciles et moins de CO₂, poussant Ferrari à généraliser les transmissions automatiques. Résultat : plus aucune Ferrari neuve n’associe aujourd’hui un V12 atmosphérique à une boîte manuelle. Pas même la récente Ferrari 12Cilindri, livrée exclusivement avec une boîte robotisée à double embrayage.
Veloce12 Aperta : la 550 Targa redessinée par Touring Superleggera
Sous la peau, le châssis d’origine est conservé, mais la carrosserie passe entièrement au carbone. La face avant gagne une calandre noire plus large, un splitter en fibre, des prises d’air supplémentaires et une entrée de capot retravaillée. Les flancs reçoivent de nouvelles portes et ailes, tandis que l’arrière adopte des feux à LED très sculptés.
Le vrai changement vient du toit. Le coupé d’origine perd son pavillon fixe au profit d’un toit Targa façon Porsche 911, avec deux panneaux amovibles qui se rangent dans le coffre. Une nouvelle lunette arrière dégage un espace de rangement gainé de cuir. Le volume atteint 327 litres et l’habitacle se pare d’un cuir surpiqué et d’aluminium brossé.
V12 atmosphérique, boîte méca et prix stratosphérique
Mécaniquement, le V12 F133 de 5,5 litres conserve son architecture d’origine mais grimpe à environ 503 ch et 760 Nm. Il est associé à un échappement Supersprint. Toute cette puissance passe toujours aux roues arrière via une boîte manuelle à six rapports à grille apparente. Les chiffres suivent : 0 à 100 km/h en 4,4 secondes et vitesse de pointe de 290 km/h. Des performances aidées par des freins Brembo et une suspension adaptative TracTive.
Cette 550 Targa réinventée ne s’adresse pas à tout le monde. La conversion Veloce12 se facture autour de 690 000 € hors voiture donneuse. Une 550 en bel état coûte déjà entre 120 000 et 155 000 €. Le ticket d’entrée tutoie donc le million. La production restera très limitée, quelques exemplaires pour marquer le centenaire du carrossier italien Touring Superleggera, destinés à des collectionneurs en quête d’une expérience V12 analogique introuvable en neuf.














