Tesla Cybertruck vs Ford F-150 Raptor R : plus d'une seconde d'écart sur 400 m
À la Gigafactory Texas, un Tesla Cybertruck affronte un Ford F-150 Raptor R sur 400 mètres. Au fil de la course, chaque mètre bouleverse un peu plus la hiérarchie attendue.
Sur une piste tracée sur le site de la Gigafactory Texas, deux monstres ont été alignés pour une drag race sur 400 m : un Tesla Cybertruck Cyberbeast face à un Ford F-150 Raptor R. Au feu vert, le pick-up électrique est parti si fort que le V8 semblait presque au ralenti. À chaque mètre, l’écart visuel se creusait un peu plus, comme si le Ford tirait une remorque invisible. La course a été pliée bien avant la ligne.
Sur le papier déjà, le duel était déséquilibré : le Cybertruck revendique environ 845 ch et un 0 à 100 km/h autour de 2,6 s, quand le Raptor R tourne plutôt à 720 ch et 3,7 s environ. Sur le 400 m, l’électrique signe autour de 11,1 s quand le Ford reste au‑delà de 12 s. Soit plus d’une seconde d’écart, ce qui représente plusieurs longueurs de pick-up à l’arrivée. Fait intéressant, on voit pourtant le Raptor commencer à recoller tout en haut du run.
Tesla Cybertruck vs Ford Raptor R : une drag race à sens unique
Le déroulé de la course est presque caricatural. Au départ, le Cybertruck bondit instantanément, sans patinage visible ni temps mort, alors que le Raptor R met un battement de cœur à s’extirper de la ligne. Sur les premières dizaines de mètres, l’écart grandit à vue d’œil, au point qu’on a l’impression qu’on pourrait glisser un autre Cybertruck entre les deux. À mi‑piste, la messe est déjà dite : l’électrique est loin devant, et il continue de s’échapper.
Sur le chronomètre, cette impression se traduit par ce fameux écart d’environ 1 à 1,2 s sur 400 m. À ces vitesses, cela veut dire des dizaines de mètres d’avance pour le Tesla au moment de couper la cellule. Sur les images, on distingue pourtant un léger rapprochement du Ford sur la toute fin du run. Le V8 finit par mieux exploiter sa puissance maxi, la poussée du Cybertruck commence à s’affaisser, mais l’écart accumulé au départ reste impossible à rattraper sur une si courte distance.

Couple instantané, boîte de vitesses et pneus : pourquoi l’écart se creuse
La clé, c’est le couple instantané. Le Cybertruck, avec ses trois moteurs électriques, délivre son couple maximum dès le premier tour de roue. Il n’a pratiquement pas de pièces en mouvement entre les moteurs et les pneus, ce qui permet de transférer la puissance comme on actionne un interrupteur. En face, le 5,2 l V8 suralimenté du Raptor R doit monter en régime, faire souffler son compresseur, puis transmettre l’effort à travers une boîte automatique à plusieurs rapports.
Chaque changement de rapport côté Ford interrompt légèrement la poussée et ajoute des pertes mécaniques. Les énormes pneus tout‑terrain de 37 pouces, parfaits pour le sable ou les rochers, ne sont pas les alliés d’une accélération sur bitume : gros crampons, plus de flexion, plus d’inertie. Le Cybertruck reste lourd, autour de 3,1 tonnes, avec des pneus de 35 pouces, mais son surplus de couple masque ce handicap. Sur 400 m, ces dixièmes perdus à chaque phase d’accélération se cumulent et transforment un léger déficit technique en gouffre visuel.
Le V8 Ford garde des atouts… mais pas sur 400 mètres
Le Raptor R n’est pourtant pas un agneau. Son V8 de 5,2 l, proche de celui de la Mustang GTD record, offre un caractère très marqué, une réponse à l’accélérateur pleine de vie et une sonorité que les fans de thermique recherchent encore. À haute vitesse, quand le couple du Cybertruck commence à baisser, la puissance maxi du V8 s’exprime mieux, ce qui explique pourquoi le Ford semble enfin gagner un peu de terrain en fin de run. Sur un demi‑mile ou un tour complet de circuit, le scénario pourrait être moins à sens unique.
Ce face‑à‑face dit tout de la nouvelle hiérarchie des pick-up de performance. Sur une ligne droite courte, un pick-up électrique comme le Cybertruck fait aujourd’hui la loi, au point de battre non seulement le Raptor R, mais aussi des sportives comme certaines Porsche 911 ou Lamborghini Aventador dans d’autres courses filmées. Le Ford garde pour lui le son, le tempérament mécanique et l’efficacité en tout‑terrain extrême. Mais dès que le jeu consiste à couvrir 400 m le plus vite possible, le chrono penche nettement du côté de l’électrique.














