Seulement 2 500 exemplaires : cette rare Mazda 323 GT-R est aujourd'hui à vendre
Au début des années 1990, la Mazda 323 GT-R Groupe A naît pour le WRC dans l’ombre des stars. Restée quasi anonyme, elle intrigue aujourd’hui les chasseurs de pépites.
Certaines voitures ont tout pour devenir des icônes, mais passent étrangement sous les radars. C'est le cas de la Mazda 323 GT-R, petite compacte japonaise du début des années 1990, créée pour l’homologation en rallye Groupe A. Sur le papier, c’est une vraie arme de spéciale ; dans la rue, elle ressemble à la 323 du voisin.
Surprise : cette version de série, censée valider la voiture de rallye, ne se pavane pas avec des ailes élargies ni un aileron géant. De loin, la 323 GT-R pourrait croiser une Clio sur le parking du supermarché sans vraiment attirer l’œil. C’est précisément ce calme apparent qui intrigue aujourd’hui les amateurs de 4x4 turbo des années 1990.
Mazda 323 GT-R Groupe A : une série limitée taillée pour le rallye
Pour courir en Groupe A au début des années 1990, la réglementation imposait de produire au moins 2 500 exemplaires de route proches de la voiture de course. Mazda a donc fabriqué environ 2 500 Mazda 323 GT-R sur une seule année, avec un quatre cylindres 1,8 l turbo de 185 à un peu plus de 200 ch selon les marchés et une transmission intégrale permanente.
Ce petit 4x4 turbo cache un différentiel central à glissement limité, une boîte manuelle renforcée et des trains roulants spécifiquement développés. Avec environ 1 180 kg sur la balance et une répartition de couple légèrement favorisée vers l’arrière, la GT-R se montre bien plus vive qu’une 323 classique et nettement plus affûtée que l’ancienne 323 GTX qu’elle devait remplacer en rallye.
Une carrière sportive manquée face aux stars du WRC
La 323 GT-R clôt une lignée commencée avec les 323 4WD puis GTX, déjà engagées en Championnat du monde des rallyes. Au moment où cette évolution, la plus affûtée, arrive, Mazda Rally Team Europe s’apprête pourtant à réduire la voilure : après la victoire au Mans de la 787B et en pleine crise japonaise, le constructeur met fin à son programme officiel WRC fin 1992.
Homologuée pour prendre le relais en spéciales à partir de 1993, la GT-R ne bénéficiera finalement que d’un engagement discret, essentiellement en Groupe N et dans des championnats nationaux. Une 323 GT-R remporte bien le titre du Championnat du monde des rallyes de production en 1993 avec Alessandro Fassina, mais le grand public ne retient que les Lancia Delta HF Integrale, Toyota Celica GT-Four ou Subaru Impreza plus médiatisées.
Une compacte anonyme devenue pépite de collection
Visuellement, rien ne crie performance. La carrosserie trois portes reste sage, à peine soulignée par un capot ventilé et un petit becquet. À bord, planche de bord simple, seuls les sièges plus enveloppants donnent un indice. L’exemplaire blanc UF de 1992 proposé par Iconic Auctioneers illustre parfaitement cette allure de sleeper.
Poussée par cette histoire contrariée et une production très limitée, la 323 GT-R attire désormais les collectionneurs de youngtimers. La GT-Ae, encore plus rare, et certaines couleurs spécifiques, comme ce blanc UF, font grimper les enchères. Celles-ci placent le modèle entre 20 000 et 30 000 £, soit environ 24 000 à 35 000 €, encore loin d’une Lancia Integrale, alors que les pièces de transmission et de freinage deviennent déjà difficiles à trouver.














