Il rêvait d’une Ferrari unique : 17 ans plus tard, elle embarque deux moteurs d’avion et développe 18 000 ch

Publié le 24 juin 2026 à 08:30
Il rêvait d’une Ferrari unique : 17 ans plus tard, elle embarque deux moteurs d’avion et développe 18 000 ch

Dans son garage de Sherwood Park, Ryan McQueen a façonné une Ferrari Enzo à réaction de 18 000 ch. Dix-sept ans de nuits blanches ont donné naissance à un monstre que peu oseraient démarrer.

Dans une banlieue tranquille de l'Alberta, une "Ferrari" fait trembler les vitres : le Canadien Ryan McQueen a assemblé dans son garage une supercar artisanale inspirée de la Ferrari Enzo. Après près de 17 ans de bricolage obsessionnel, sa création Insanity Jet Car délivre environ 18 000 chevaux, comme un avion posé sur quatre roues.

Vue de loin, on pourrait croire à une voiture de collection. Dès que les réacteurs s'allument, le doute disparaît : hurlement continu, flammes à l'arrière, vibrations dans tout le corps. Deux moteurs d'avion ont remplacé le V12 italien, avec des accélérations annoncées comme supérieures à celles d'une Bugatti Chiron, pour un engin resté pourtant 100 % fait maison.

Une réplique de Ferrari Enzo née dans un garage de l’Alberta

Au départ, Ryan McQueen est un passionné comme beaucoup d'autres, père de famille installé à Sherwood Park, près d'Edmonton. Le déclic vient en découvrant en direct des camions à réaction pilotés par Les Shockley ou Bob Motz : il sort de la piste avec une seule idée, créer son propre jet car, sans diplôme d'ingénieur ni atelier high-tech, juste un garage de banlieue.

Plutôt que copier un dragster, il choisit la silhouette spectaculaire de la Ferrari Enzo. À partir d'une maquette radiocommandée, il agrandit les formes, les redessine sur AutoCAD et apprend à travailler la fibre de verre pour mouler une carrosserie maison. En parallèle, il se forme à la soudure et conçoit un châssis tubulaire dimensionné pour encaisser les contraintes d'un jet-car.

Sous la carrosserie, un dragster à réaction plus extrême qu’une hypercar

Derrière cette coque rouge très crédible se cachent deux réacteurs Rolls-Royce Viper, des moteurs conçus dans les années 1950 pour des avions militaires. Ensemble, ils développent environ 14 000 livres de poussée et propulsent l'Insanity Jet Car, longue d'environ 6,4 mètres pour 2,3 mètres de large, vers une vitesse théorique de 400 mph, soit près de 640 km/h.

Cette mécanique boit autant qu'elle pousse : le réservoir peut engloutir autour de 400 litres de carburant en quelques minutes à pleine charge. Les hypercars les plus gourmandes paraissent presque raisonnables à côté. Au sol, le comportement reste celui d'un dragster pur : départ en ligne droite sur piste fermée, sans virage ni compromis de confort.

Un projet démentiel à voir sur piste, pas dans la rue

Au fil des années, Ryan McQueen a consacré à son rêve un budget estimé entre 70 000 et 100 000 dollars, soit environ 60 000 à 87 000 euros, entre les réacteurs, les matériaux et la remorque. L'engin n'a évidemment rien d'homologué pour la route : il ne sort que sur des pistes d'aérodrome ou de dragster, avec parachutes de freinage, coupe-circuits et cellule renforcée.

Lorsqu'il la lance vraiment, le pilote encaisse des pics de plus de 4 G à l'accélération avant un freinage aux parachutes qui peut approcher 5 G en négatif. Pour le public, l'expérience est tout aussi physique : bang sec au démarrage, mur de chaleur, odeur de kérosène brut et un vacarme qui continue de résonner longtemps après le passage de la voiture.

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