Une gendarme roulant en Porsche visée après la disparition d’un million d’euros chez un retraité

Publié le 28 février 2026 à 19:00
porsche

À Hiersac, en Charente, une ex-gendarme de 34 ans est soupçonnée d’avoir profité d’un riche nonagénaire rencontré en service. Derrière la Porsche et le million d’euros évoqués, les enquêteurs déroulent une affaire aux contours encore flous.

Dans la petite brigade de Hiersac, en Charente, la présence d’une jeune gendarme arrivant au volant d’une Porsche avait fait jaser. Trois ans plus tard, cette femme de 34 ans se retrouve au centre d’une information judiciaire pour des soupçons d’escroquerie au préjudice d’un retraité fortuné, rencontré dans le cadre de son service.

Les faits allégués remontent à 2022, quand la militaire est affectée à la brigade territoriale, à l’ouest d’Angoulême. Elle y croise un nonagénaire, passé par l’agro‑industriel dans le Nivernais et installé dans un village charentais. Peu à peu, elle rend des services, fait le ménage et les courses, jusqu’à tisser une relation de confiance. Derrière cette proximité, les enquêteurs décrivent aujourd’hui un système bien plus lucratif.

De la brigade de Hiersac au statut d’OPJ : une ascension qui vire au soupçon

Originaire de Normandie, la gendarme gravit les échelons et devient officier de police judiciaire en février 2024, selon un arrêté publié au Journal officiel. Aux yeux de ses collègues, elle apparaît alors comme une professionnelle expérimentée, au-dessus de tout reproche. Sauf que certains se disent "intrigués […] de la voir arriver en Porsche à la brigade de Hiersac", a confié un ancien collègue à La Charente Libre. Ce détail de train de vie a fini par prendre une autre couleur quand les mouvements d’argent du retraité ont été épluchés.

Gendarmerie nationale © Frédéric BISSON (Flickr)

Il est assez rare de voir des Porsche garées près de la gendarmerie.

Selon une source proche de l’enquête, la trentenaire aurait progressivement détourné des louis d’or et des actions en bourse appartenant au nonagénaire, pour un préjudice estimé à près de un million d'euros. Une partie de cette somme aurait servi à financer des cadeaux, des prêts à son entourage et des dépenses personnelles, au point d’afficher un niveau de vie sans rapport avec sa solde. Le retraité est décédé en avril 2025, à 90 ans, laissant derrière lui un patrimoine en partie volatilisé.

Interpellation en 2025 et proches mis en examen pour recel et blanchiment

Face aux soupçons, la gendarme a été interpellée en mai 2025. Elle a alors été mise en examen, puis placée en détention provisoire durant plusieurs semaines, avant d’être remise en liberté sous contrôle judiciaire. Elle n’exerce plus aujourd’hui au sein de l’institution. L’information judiciaire, ouverte à Angoulême, se concentre sur les flux financiers ayant transité depuis les comptes du retraité vers la jeune femme.

Cette semaine, l’enquête a connu un nouveau tournant avec l’interpellation de cinq proches : la mère de l’ancienne gendarme, deux ex-petits amis et deux de ses sœurs, entre la Normandie et la Charente, par la brigade de recherches de Cognac. Ils sont soupçonnés d’avoir profité de cadeaux ou de prêts financés par l’argent du nonagénaire et ont été mis en examen pour recel et blanchiment. Tous ont été placés sous contrôle judiciaire, avec l’interdiction de se rencontrer.

Ce que prévoit la loi en matière d’abus de faiblesse sur les seniors

En droit français, l’abus de faiblesse ou l’abus de l’état d’ignorance vise le fait de profiter de la vulnérabilité d’une personne, par exemple liée à l’âge. Cette infraction est punie de trois ans de prison et de 375 000 € d’amende. Les mis en cause restent, à ce stade, présumés innocents.

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