Personne ne s’attendait à croiser cette De Tomaso P72 "Aurelian Night" dans les rues de Munich
Sous la pluie allemande, la première De Tomaso P72 de série a quitté les salons pour affronter le trafic réel. Une scène inhabituelle pour une auto à plus de 1,6 million d’euros.
Dans les rues humides de Munich, entre deux tramways et une file d’Uber, un coupé bleu nuit a fait lever les téléphones. Sous les réverbères, sa carrosserie aux hanches exagérées semblait presque liquide. Ce n’était pas une voiture de cinéma, mais une De Tomaso P72 "Aurelian Night" bien réelle, surprise en pleine circulation.
Les images, partagées par le spotter Instagram @maxrusso.design, montrent le premier exemplaire de série de la P72, cette hypercar néo‑rétro qu’on n’avait vue jusque‑là que lors de salons ou de shootings officiels. La voir rouler sur un bitume détrempé, avec son prix à sept chiffres et ses pneus larges, donne tout de suite une autre dimension à l’objet.
De Tomaso P72 Aurelian Night : 700 ch sous la pluie de Munich
Derrière cette silhouette très douce se cache un cœur bien plus brutal : sous le capot, un V8 5,0 litres d’origine Ford Coyote suralimenté développant environ 700 ch et 820 Nm. La P72 envoie toute cette cavalerie aux seules roues arrière via une boîte manuelle à 6 rapports. Dans une ville humide, chaque accélération demande une vraie finesse de pied droit.
Le châssis en carbone et la suspension à push‑rod, inspirée des voitures de course, ajoutent à ce côté très mécanique. Les amortisseurs se règlent manuellement, comme sur une voiture de piste, pour adapter le comportement à la route ou au circuit. Sur les pavés brillants de Munich, cette configuration donne surtout l’impression de voir une machine de concours sortie, sans filtre, dans le monde réel.
Lignes courbes et or rose : la diva rétro qui ne ressemble à rien d’autre
Le dessin signé Jowyn Wong (studio Wyn Design) rend hommage à la De Tomaso P70 des années 60, avec des ailes très galbées, des vitres en bulle et une poupe presque organique. La teinte bleu profond baptisée "Aurelian Night" paraît noire à l’ombre, puis révèle des reflets violets et acier sous la pluie, quand les flaques renvoient la lumière des phares.
Sur cet exemplaire, le contraste vient des nombreux détails en or rose : jantes, coques de rétroviseurs, lames aérodynamiques, prises d’air, ligne centrale et entourage de diffuseur. L’habitacle suit la même logique, avec un cuir bleu Venetian, des cadrans entièrement analogiques, des commutateurs en aluminium usiné et aucune dalle tactile. On s’assoit dans une sorte de bijou rétro, loin des habitacles ultra‑digitaux des électriques actuelles.
Une hypercar rarissime déjà en circulation
D’après De Tomaso Automobili, la P72 sera produite à seulement 72 exemplaires, tous personnalisés, pour un tarif qui tourne autour de 1,6 million d’euros hors taxes. Le modèle est apparu pour la première fois en 2019 au Goodwood Festival of Speed, puis a été développé en Allemagne avec HWA avant la présentation de la version de série en 2025. La "Aurelian Night" est le tout premier exemplaire client livré.
Avant de rejoindre définitivement son propriétaire, cette voiture doit faire une tournée d’événements en 2026, ce qui explique sa présence sur les routes allemandes. Munich voit déjà passer son lot de supercars, mais croiser une P72 reste hors norme. Pour les passionnés armés de smartphones comme @maxrusso.design, chaque apparition devient une petite chasse au trésor, et pour ceux qui l’ont vue passer ce jour‑là, un souvenir automobile pas vraiment banal.














