Los Angeles : ce rassemblement de sportives tourne mal, 72 véhicules saisis
Réunis pour une séance photo dans le célèbre canal de Los Angeles, des dizaines de propriétaires de sportives ont vu leurs voitures... partir à la fourrière.
À Los Angeles, ce qui ressemblait à un rassemblement de sportives a viré au cauchemar mécanique. Dimanche soir, des dizaines de voitures de sport se sont alignées dans le lit bétonné du Los Angeles River, pour une session de prises de photos. Supercars, pompes à feu aux carrosseries impeccables : le décor parfait. Pourtant, la soirée s'est terminée avec 72 véhicules saisis par la police, remorqués sous les yeux de leurs propriétaires sidérés.
Dans le lit du L.A. River, un décor de cinéma qui s’embrase
La police de Los Angeles (LAPD) a dépêché sa Street Racing Task Force, qui a bouclé les accès, distribué des contraventions pour intrusion et lancé une vague d'arrestations. Les conducteurs jurent qu'il ne s'agissait que d'un "photo meet" bon enfant, sans course ni rodéo. La loi, elle, considère que le simple fait de descendre une voiture dans ce canal de contrôle des crues suffit à déclencher les sanctions. Entre incompréhension et colère, le bras de fer est lancé. Le rendez-vous s’est organisé sur les réseaux, autour d’un message simple : venir poser sa sportive dans le lit du fleuve, tout près de North San Fernando Road, pour un shooting au coucher du soleil. En début de soirée, plus d’une centaine de voitures se retrouvent dans le canal, alignées sur le béton, capots ouverts, portes en élytre pour les photos. Des témoins évoquent quelques donuts et burnouts isolés, réalisés par des conducteurs déjà repartis quand la police est arrivée. Lorsque les premières unités marquent leur présence, l’ambiance bascule. Un hélicoptère tourne au-dessus de la scène, les rampes d’accès sont bloquées, les voitures sont invitées à remonter en file indienne. Celles jugées en infraction partent directement sur des dépanneuses vers la fourrière municipale, parfois pour jusqu’à 30 jours. Les agents ne parlent pas de street race, mais d’intrusion dans une zone interdite.
Un canal mythique… mais juridiquement hors-limites
Sur le papier, le Los Angeles River est au cœur d’un vaste projet de réouverture au public : pistes cyclables, parcs, zones de kayak et de loisirs s’y multiplient. Le lit bétonné où les voitures se sont engouffrées reste pourtant un canal de contrôle des crues, géré par le Los Angeles County Flood Control District et l’U.S. Army Corps of Engineers. Les textes interdisent clairement d’y faire circuler un véhicule motorisé, quelle que soit l’intention. L’ambiguïté vient de l’image du lieu. On reconnaît ce décor dans des films comme Grease ou 60 secondes chrono, et même dans des jeux vidéo, ce qui nourrit l’idée d’un terrain de jeu urbain. Sur place, pas de barrière massive, seulement des panneaux "No trespassing" jugés petits ou peu visibles par plusieurs conducteurs. Beaucoup assurent qu’ils ne se sont pas sentis en zone interdite, persuadés d’occuper un espace public comme un autre. Au total, près de 90 personnes ont été interpellées, avec 84 délits mineurs et 2 délits graves inscrits dans le bilan policier. La quasi-totalité reçoit au minimum une contravention pour intrusion sur une propriété publique, même celles qui affirment n’avoir fait que garer la voiture pour des photos. Ce type d’infraction peut peser sur un casier et faire grimper les primes d’assurance, bien au-delà du simple stress de la soirée.
Pour récupérer leur voiture, les propriétaires doivent régler le remorquage, les frais de garde et les amendes, une addition évoquée autour de 3 000 dollars, soit environ 2 800 €. "On y est allés sans mauvaise intention, on a pris quelques photos, c’est tout", raconte Alex Pimienta, présent ce soir-là, qui pointe "quelques voitures qui faisaient les imbéciles" avant de s’éclipser. De son point de vue, une amende aurait suffi...
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