Honda NSX (1991) : ravagée par une inondation, elle maintient sa cote élevée
Noyée lors d’une crue au Japon, cette Honda NSX de 1991 a pourtant suscité un incroyable engouement aux enchères.
À première vue, ce coupé rouge ne ressemble plus à une supercar de rêve. Cette Honda NSX, première génération NA1, a été noyée lors d'une crue au Japon, l'eau montant jusqu'aux poignées de porte et laissant intérieur, mécanique et faisceaux complètement trempés. Pourtant, elle a été mise aux enchères sur Yahoo Auctions Japan pour une coquette somme...
Honda NSX (1991) : de sportive noyée à pièce de collection potentielle
Celle-ci a été mise en vente pour 8 004 000 yens, soit 44 702 euros. Cette somme représente entre 44 000 et un peu plus de 50 000 € selon le taux de change retenu, pour une voiture officiellement déclarée sinistrée. Le vendeur la présentait comme bonne pour la ferraille ; avec 236 776 km au compteur et une boîte automatique à quatre rapports, elle cumule déjà tout ce qu'un collectionneur évite d'habitude. Le destin de cette Honda NSX inondée bascule lors d'une crue estivale, quand l'eau envahit l'habitacle d'une voiture simplement stationnée. Les photos montrent la lame atteignant haut sur les portières du coupé rouge. L'annonce précisait que le propriétaire n'avait pas tenté de la redémarrer et qu'un simple branchement de batterie déclenchait déjà le klaxon, signe que l'électronique souffrait. Sous la tôle marquée par l'eau se cache pourtant une base singulière. Il s'agit d'une NSX NA1 de 1991, moteur V6 atmosphérique de 3,0 litres en position centrale arrière. La couleur rouge, le dessin signé début des années 90 et la réputation du modèle donnent à cette voiture un statut de youngtimer culte.
Honda NSX (1991) : aux enchères, la cote de la Honda NSX résiste à tout
Sur la plateforme japonaise, l'annonce s'ouvre
à 1 000 000 de yens, un tarif déjà élevé pour une sportive inondée
vendue strictement en l'état, sans garantie. Les mises s'enchaînent
pourtant rapidement. Au fil des relances, le prix de
départ est multiplié par huit et 93 enchères sont
enregistrées avant l'adjudication finale. Si les
acheteurs se montrent aussi décidés, c'est que la
première génération de NSX est devenue un classique coté. Avec sa
structure en aluminium, ses nombreuses pièces spécifiques et une
production limitée, le modèle se fait rare. Même gravement
endommagée, une NSX reste donc une réserve de
pièces précieuses, ce qui suffit déjà à soutenir les prix.
Sur le papier, l'affaire peut sembler tentante : une icône des
années 90 pour moins cher qu'un bel exemplaire
sain. Dans la réalité, une voiture sortie des eaux cache souvent un
chantier immense. L'eau s'infiltre partout, jusque
dans les faisceaux, calculateurs, relais et connecteurs, mais aussi
dans les mousses de sièges et les garnitures. Elle contamine les
fluides et prépare une corrosion sournoise dans chaque recoin
métallique.
Pour l'acheteur de cette NSX, deux scénarios se dessinent : l'utiliser comme stock de pièces rares pour sauver d'autres voitures, ou se lancer dans une restauration lourde avec l'aide d'un spécialiste. Cette seconde option impose de tout démonter, sécher, contrôler et souvent remplacer une grande partie de l'électricité et de la sellerie, pour une facture très élevée. Pour un passionné français, il faudrait encore ajouter les frais d'importation, l'homologation et un historique de sinistre majeur, autant de points qui compliquent l'assurance comme la revente...














