Ferrari Luce : ce choix de volant imposé par le fils d’Enzo bouscule tout dans la 1ère Ferrari électrique
Pour la première Ferrari 100 % électrique, un volant 3 branches a suscité plus de débats que les écrans. Pourquoi Piero Ferrari s’y est-il accroché autant ?
Première Ferrari 100 % électrique, la
Ferrari Luce arrive avec un intérieur bardé
d’écrans, de verre high-tech et de commandes tactiles imaginées
avec le studio LoveFrom de Jony Ive. Pourtant, au milieu de ce
cockpit très numérique, un détail beaucoup plus classique a
cristallisé les discussions à Maranello.
Ce détail, c’est un
volant 3 branches en cuir et aluminium, à la
jante étonnamment fine et aux branches métalliques apparentes,
inspiré des Ferrari des années 50. Pensé par Jony Ive et Marc
Newson, il n’aurait pourtant jamais vu le jour sous cette forme
sans l’insistance très personnelle de Piero Ferrari. Et là,
l’histoire devient vraiment parlante.
Comment Piero Ferrari a imposé le volant 3 branches de la Ferrari Luce
Marc Newson raconte que le fils d’Enzo ne s’est pas contenté de
jeter un œil au projet. "Nous avons aussi eu le plaisir de
travailler avec Piero Ferrari, qui est toujours très présent dans
l'entreprise. C'est un homme de peu de mots, mais le volant est un
sujet sur lequel il s'est exprimé de manière très profonde", a
raconté Marc Newson au magazine américain Road and Track. "Il
n'a pas dit grand-chose, mais il était absolument catégorique sur
le fait qu'il devait s'agir d'un design à trois branches. Il y a
veillé."
Pour les designers, cette exigence renvoie
directement aux volants Nardi des Ferrari de route et de course des
années 50 et 60. Piero Ferrari, gardien de l’héritage familial, a
veillé à ce que la première électrique de la marque garde ce repère
visuel intemporel. L’objet n’est plus seulement une commande de
direction, il devient un symbole de continuité entre la vision
d’Enzo et
l’ère des batteries.
© Ferrari
Rien n'a été laissé au hasard dans la Ferrari Luce.
Jony Ive et Marc Newson, un volant d’inspiration vintage pour l’ère électrique
Jony Ive s’est inspiré du volant riveté en bois de sa propre
Ferrari 250 Europa, tandis que Marc Newson connaît par
cœur les sensations de sa Ferrari 857 S. Le résultat est
un cercle de cuir posé sur une structure en aluminium usiné dans la
masse, aux branches polies laissées visibles. Tout a été pensé pour
que le volant soit léger en main et d’une grande finesse
visuelle.
Les contraintes modernes n’ont pas simplifié la tâche. "Nous ne
voulions pas que le volant soit plus épais que cela. Nous avons
beaucoup travaillé sur les proportions d'un point de vue
esthétique. Puis, bien sûr, est venue la fonctionnalité. Nous avons
travaillé de manière très intense avec les pilotes d'essai Ferrari,
en particulier un gars appelé [Raffaele de Simone], donc nous avons
testé cette chose jusqu'à ses limites", a expliqué Marc
Newson.
"Je ne veux pas être critique vis-à-vis de ce qui se passe
ailleurs dans l'industrie, mais les volants sont assez lourds et
assez patauds. Il est tout simplement beaucoup plus facile de faire
quelque chose de plus gros."
Un objet fétiche qui résume la stratégie électrique de Ferrari Luce
Derrière cette allure épurée, la colonne intègre un airbag
moderne et des modules compacts pour le Manettino
et l’eManettino, conçus pour se déformer avec la colonne en cas de
choc, tout comme les palettes derrière le volant. La Luce doit
obtenir ses homologations de sécurité tout en restant une vraie
Ferrari à conduire, et cela se joue en grande partie dans ces
quelques centimètres devant
le pilote.
Pour Jony Ive, ce volant condense l’enjeu : respecter la mythologie
tout en évitant la copie nostalgique. "Je suis tellement fier
de ce volant", a confié Jony Ive. "C'est agréable, quand
on a conscience des références historiques, de voir qu'il faut une
sorte de courage et de confiance pour ne pas faire simplement du
pastiche." La Luce arrivera en concessions d’ici la fin de
l’année, mais son premier contact avec les clients passera déjà par
ces trois branches.














