Une Ferrari 250 GT de 1956 mise aux enchères pour environ 1 million d’euros, une affaire en or pour les collectionneurs
En mai, une rare Ferrari 250 GT Boano aluminium de 1956 passera chez Broad Arrow à Villa d’Este avec une estimation maximale de un million d'euros. Un montant plutôt "faible" pour ce modèle emblématique qui pourrait s'avérer une bonne affaire pour les collectionneurs.
Une Ferrari 250 GT Boano de 1956, carrosserie aluminium et pedigree de course, va passer sous le marteau de Broad Arrow Auctions lors du Concorso d’Eleganza Villa d’Este, le 16 mai sur les rives du lac de Côme. Son estimation officielle va de 1 à 1,18 million de dollars, soit environ 850 000 à 1 million d’euros, très loin des records stratosphériques des 250 les plus connues.
Derrière ce châssis 0565 GT se cache pourtant l’une des Ferrari de route les plus rares de l’après‑guerre : une Boano "Alloy" parmi seulement 14 coupés entièrement en aluminium sur quelque 68 à 80 exemplaires produits. Pour certains collectionneurs, ce niveau d’estimation ressemble déjà à une fenêtre d’entrée inattendue dans le club très fermé des 250, et les chiffres racontent une autre histoire.
Une Ferrari 250 GT Boano aluminium parmi 14, taillée pour la course
Livrée roulante par Maranello, la voiture a été habillée en novembre 1956 par Carrozzeria Boano à Turin, avec une coque en aluminium allégée "low roof". Elle reçoit un V12 Colombo de 2 953 cm³ développant environ 250 ch, associé à une boîte manuelle à quatre rapports, des carburateurs Weber, un échappement Abarth et un volant Nardi, un ensemble pensé pour l’endurance autant que pour la route.
Engagée dès décembre 1956 à la Nassau Speed Week aux Bahamas, elle ouvre son histoire par la compétition avant de rejoindre les États‑Unis via Luigi Chinetti Motors. "C'est le Graal absolu des coupés 250 GT carrossés par Boano. Elle offre à son prochain propriétaire un laissez-passer pour les plus grands événements de conduite historique au monde, de la California Mille, la Copperstate 1000 et la Colorado Grand jusqu'à la Mille Miglia Storica elle-même", explique Jakob Greisen, spécialiste automobile chez Broad Arrow Auctions, à Robb Report.
Un pedigree de haut vol et une restauration concours certifiée Ferrari Classiche
Vendue neuve en 1957 à Marc Merlin, la 250 GT Boano 0565 GT passe ensuite quarante ans en Californie avant de rejoindre la collection du Suisse Ralph C. Bruggmann, puis celle du Turc Cengiz Artam. Sous sa garde, elle participe à la Mille Miglia Storica 2000 puis au Goodwood Revival 2001. Vers 2015, le spécialiste britannique DK Engineering mène une lourde révision mécanique, facturée plus de 112 000 livres, soit près de 124 000 euros.
En 2019, la famille Sahli à Zurich débourse 975 000 euros et relance une restauration intégrale via son atelier Sahli Karrosserie : retour à la teinte d’origine Blu avec toit Avorio, cuir fauve neuf, outillage d’époque remis à neuf. Le tout s’accompagne d’un précieux Red Book Ferrari Classiche et d’un moteur comme d’une boîte "matching numbers". "C'est une occasion impossible à répéter pour le collectionneur Ferrari averti d'acquérir l'une des grandes Ferrari de l'âge d'or de la marque", estime encore Jakob Greisen. "Je pense que la période des 250 dans les années 1950 et 1960 a produit certains des meilleurs et des plus emblématiques modèles. C'étaient des voitures que vous pouviez conduire au restaurant le soir puis emmener sur la piste le lendemain et gagner", ajoute-t-il.
1 million d'euros pour cette 250 GT Boano : un prix étonnamment raisonnable
Ces dernières années, plusieurs Boano aluminium ont dépassé ce niveau : Gooding & Co a adjugé un coupé 1956 à environ 1,485 million de dollars (près de 1,26 million d’euros) à Pebble Beach, tandis qu’un autre exemplaire s’est vendu 1 352 500 dollars (environ 1,15 million d’euros) chez RM Sotheby’s en Arizona. En 2023, une 250 GT Boano alu de 1956 a même atteint 1 512 000 euros à Monaco, record pour le modèle.
Face à ces références, l’estimation Broad Arrow, pour une auto fraîchement restaurée, certifiée Ferrari Classiche et déjà acceptée à la Mille Miglia Storica, apparaît plutôt mesurée. "Tandis que les grosses sommes se dirigent vers des Ferrari plus modernes, comme les Enzo, F40 et LaFerrari, voire certaines 360 Challenge et 430 Scuderia, les modèles des années 1950 et 1960 suscitent moins d'intérêt, ce qui en fait une opportunité fabuleuse pour les collectionneurs Ferrari avertis", observe Jakob Greisen. Reste à voir si la salle de ventes confirmera cette lecture du marché sur les bords du lac de Côme.














