Un préparateur britannique équipe une Toyota GR Supra d'un vieux V8 Lexus de 2007 pour le Repco Supercars Championship en Australie
En 2026, la Toyota GR Supra débarque en Repco Supercars avec un V8 Lexus atmosphérique préparé au Royaume-Uni. Comment Swindon Powertrain a-t-elle transformé ce bloc de 2007 en arme pour le championnat australien ?
Sur la future Toyota GR Supra du championnat australien, le moteur ne vient ni du catalogue BMW ni d'un laboratoire high-tech. Sous la carrosserie de cette silhouette Supercars se prépare un gros V8 atmosphérique, développé au Royaume-Uni pour rugir à plus de 7000 tr/min, avec une base mécanique que beaucoup pensaient rangée sur les étagères.
En 2026, Toyota deviendra le troisième constructeur engagé en Repco Supercars Championship, aux côtés des Ford Mustang et Chevrolet Camaro, avec une Toyota GR Supra totalement dédiée à la course. Pour tenir tête aux V8 américains, la marque s'appuie sur un bloc Lexus 2UR-GSE lancé en 2007, transformé en profondeur par l'entreprise britannique Swindon Powertrain. Reste à comprendre comment ce V8 de 19 ans a été transformé.
Toyota Supra Supercars V8 : un programme taillé pour l'Australie
Le projet Supra engage Toyota sur au moins cinq saisons en Supercars. L'objectif est d'aligner dès la première année quatre à cinq voitures sur la grille. Deux seront confiées à Walkinshaw Andretti United, deux autres à Brad Jones Racing, histoire de peser immédiatement face aux équipes déjà rompues aux V8 locaux.
Le règlement Gen3 impose un V8 atmosphérique entre 5,0 et 5,7 litres. Il doit être alimenté par une injection indirecte commune et géré par un boîtier électronique standard. Impossible donc de conserver le six cylindres turbo de la Supra de route : pour viser environ 600 ch avec fiabilité, Toyota devait partir d'un gros V8 déjà éprouvé.
V8 Lexus 2UR-GSE : la vieille base idéale pour la Toyota GR Supra
Ce rôle revient au V8 Lexus 2UR-GSE, un 4 969 cm3 apparu en 2007 sur la Lexus IS F. Celui-ci est passé sous le capot des RC F, GS F et LC 500. Conçu pour encaisser les hauts régimes et les longues distances, ce bloc tout aluminium a bâti sa réputation sur sa robustesse et son caractère très linéaire.
Ce V8 offre un alésage de 94 mm, une architecture déjà proche des besoins de la catégorie. Les éléments internes sont dimensionnés largement. En 2026, il aura 19 ans. Mais son bloc et ses culasses restent capables de supporter les contraintes d'une saison complète. Les coûts restent limités grâce à la réutilisation d'une majorité de pièces de série.
Swindon Powertrain : transformer un vieux V8 Lexus en arme de Supercars
Basée à Swindon, l'équipe de Swindon Powertrain a augmenté la course du vilebrequin de 89,5 à 94 mm. Elle obtient une configuration carrée 94 x 94 mm, autour de 5,2 litres, sans toucher au bloc d'origine. L'injection directe a laissé place à une injection indirecte par le haut, avec un collecteur d'admission entièrement imprimé en 3D. Cela permet de répartir l'air de manière homogène et de caler la sonorité sur la courbe de couple.
Les chambres de combustion ont été retravaillées, des arbres à cames spécifiques ont été dessinés en interne. La distribution variable électrique d'admission a aussi été remplacée par un système hydraulique, compatible avec le calculateur standard. Malgré ces évolutions, le bloc, les culasses et la plupart des organes lourds restent ceux du moteur Lexus. Les V8 sont ensuite assemblés et entretenus chez Walkinshaw TWG Racing près de Melbourne. Le pont technologique entre l'Angleterre et l'Australie est bouclé.














