Abarth admet que le passage au 100 % électrique... était une erreur
Abarth admet que sa stratégie 100 % électrique n'était pas la bonne. Entre retour thermique et contraintes écologiques, le Scorpion joue gros...
Chez Abarth, le virage vers le tout-électrique devait ouvrir un nouveau chapitre pour la marque italienne. En quelques années, le constructeur a retiré du catalogue ses emblématiques 595 et 695 à essence pour ne garder que des modèles branchés alignés sur la stratégie électrifiée de Stellantis.
Abarth : les ventes sont en chute
Sur le papier, cette stratégie suivait la tendance générale du marché. Dans les chiffres, c'est tout l'inverse : ventes en chute, gamme réduite à deux modèles et dirigeants qui reconnaissent désormais que le passage au 100 % électrique ressemble à une impasse. La suite se prépare déjà en coulisses. Depuis l'arrêt des Abarth 595 et 695 thermiques en 2024, la gamme européenne repose uniquement sur les Abarth 500e et Abarth 600e. Au premier semestre 2025, 1 030 Abarth ont été immatriculées en Europe, contre 4 867 un an plus tôt, soit une chute proche de 80 %. En France, 564 voitures seulement ont trouvé preneur, soit -61,3 % sur un an. Sur cette période, la gamme vraiment 100 % électrique n'a convaincu qu'environ 872 clients en Europe. En Italie, cela représente moins de 200 Abarth sur toute l'année 2025. Et ces volumes restent faibles alors que la 500e tourne autour de 36 900 € et la 600e proche de 45 000 €...
Abarth : les doutes face au tout-électrique
"Quand vous parlez aux passionnés d'Abarth, ce n'est pas
seulement une marque de performance. C'est une marque de
préparation," explique Gaetano Thorel, patron
de Fiat et Abarth. "Les Abarths électriques sont très
performantes, mais un Abarthista ne peut pas mettre les mains
dedans," poursuit-il. "Nous étudions donc la possibilité
de refaire une Abarth thermique... si nous pouvons lui donner le
bon ADN." Pour Olivier François, directeur général de
Fiat, la question est aussi sensorielle. "Pour
la performance pure, les voitures électriques sont les meilleures.
Mais nous savons aussi que les clients d'Abarth veulent le son et
l'expérience de conduite pure," explique-t-il. Les 500e et
600e restent silencieuses et peu modifiables, loin
de l'esprit garage des anciennes.
Face à ce constat, un projet de Abarth Grande
Panda commence à prendre forme. La nouvelle
Fiat Grande Panda repose sur la plateforme Smart
de Stellantis, capable d'accueillir des motorisations essence,
hybrides ou électriques. Une variante sportive
pourrait combiner moteur thermique à l'avant et moteur électrique à
l'arrière, inspirée du concept Grande Panda 4×4
: "Nous allons certainement exploiter l'héritage
Abarth dans d'autres modèles," confie Gaetano Thorel.
Les règles européennes de CO₂ constituent un obstacle de taille. Relancer une Abarth thermique pèserait lourd sur les marges, même si une Grande Panda sportive pourrait servir de laboratoire pour un retour partiel au moteur à combustion.














