Il dépense 40 000 € pour homologuer ce pick-up Porsche unique… et il vaut désormais moins cher qu'une citadine
Transformé en pick-up en Nouvelle-Zélande, ce Porsche Cayenne S Diesel a nécessité près de 40 000 € de travaux et d’homologation. Une somme aujourd’hui supérieure à sa valeur de revente.
Imaginez dépenser l’équivalent d’une belle maison pour rendre légal un utilitaire… qui vaut moins cher qu’une citadine neuve. C’est pourtant ce qu’a fait un propriétaire de Porsche Cayenne pick-up en Nouvelle-Zélande, avec près de 47 000 $ (environ 40 000 €) investis pour homologuer un engin aujourd’hui affiché autour de 30 000 $ (environ 25 700 €).
Le point de départ, c’est un Cayenne de seconde génération transformé artisanalement en pick-up, désormais en vente chez un concessionnaire de Christchurch. SUV de luxe au départ, le modèle a été amputé de son arrière pour recevoir une benne, tout en gardant son habitacle cossu. Résultat : une pièce unique qui intrigue autant qu’elle interroge sur la frontière entre passion et bon sens financier.
Porsche Cayenne pick-up : d’un SUV diesel à un ute très spécial
À la base se cache un Porsche Cayenne S Diesel 2011, animé par un V6 3,0 l turbodiesel d’environ 240 ch et 550 Nm de couple. La puissance passe aux quatre roues via une boîte automatique à huit rapports et le système Porsche Traction Management, avec volant à droite pour coller au trafic local. Le compteur affiche tout de même près de 204 000 km, signe que ce Cayenne n’a rien d’une voiture de collection préservée.
Pour transformer le SUV en pick-up, l’arrière du toit a été découpé et les portes arrière supprimées : l’ex-Cayenne cinq portes devient un pick-up à cabine allongée deux portes, posé sur son empattement d’origine. La benne reste courte, mais le hayon a été retravaillé pour fonctionner comme celui d’un vrai utilitaire, avec une cloison arrière vitrée façon pick-up classique. De profil, la tôle reste quasiment 100 % Cayenne, simplement rehaussée de pneus tout-terrain montés sur les jantes d’origine, alors qu’à bord on retrouve cuir noir, sièges chauffants, climatisation bizone et système de navigation d’époque.
40 000 € engloutis dans la conversion et l’homologation
L’annonce précise que le précédent propriétaire a investi plus de 80 000 dollars néo-zélandais, soit environ 40 000 €, dans la transformation et la certification routière du véhicule. Le Porsche Cayenne pick-up est aujourd’hui proposé à 49 996 NZD, l’équivalent d’environ 25 700 €, chez le distributeur Christchurch European. Autrement dit, la somme dépensée pour le rendre légal et entièrement homologué dépasse largement son prix de vente actuel.
Dans un pays où les ute, ces pick-up à l’australienne, circulent par milliers, faire valider un exemplaire unique reste pourtant tout sauf anodin. Modifier en profondeur la structure d’un SUV implique en général des renforts de châssis, des vérifications de sécurité, des dossiers techniques et une batterie d’inspections avant d’obtenir une réception individuelle. Entre main-d’œuvre spécialisée et démarches administratives, la facture grimpe vite sur ce type de projet très personnalisé.
Un exemplaire unique qui parle aux fans de ute néo-zélandais
Au catalogue, Porsche s’arrête aux SUV Cayenne et Macan ou aux breaks de chasse Panamera Sport Turismo et Taycan Cross Turismo, sans jamais avoir lancé de pick-up de série. Voir un Cayenne transformé en ute homologué colle pourtant bien à la culture locale, où l’utilitaire sert autant pour le travail que pour les loisirs.
Sur le plan purement rationnel, les quelque 25 000 € demandés correspondent, sur la plupart des marchés, au tarif d’un pick-up diesel moderne comme un Toyota Hilux ou un Ford Ranger, ou d’un SUV premium d’occasion plus classique. Ici, l’acheteur paie avant tout l’originalité d’un one-off, avec un Cayenne S Diesel de 2011 déjà bien kilométré et une revente forcément incertaine. Un profil qui parle plutôt à une poignée de collectionneurs de curiosités roulantes qu’aux amateurs de bon plan.














