Essai - Porsche Macan GTS électrique (2026) : à priori négatif ?
A Sport Auto, nous ne sommes fans ni des SUV ni des voitures électriques. Alors un SUV électrique, c’est la double peine. Voyons si le Porsche Macan GTS parvient à renverser ce jugement...
Le programme de la journée comporte du bon et du moins bon : rouler sur la route du col de Vence, pousser jusqu’à Gréolières, voire un bout de la route Napoléon. Ça, c’est le bon. La voiture ? Un SUV électrique. Ça, c’est le moins bon. Une Porsche Macan GTS en l’occurrence.
Porsche Macan GTS électrique : 571 chevaux sous le capot
Ses 516 ch annoncés en mode Normal et 571 avec Launch Control la
placent entre les versions 4S (448 et 516 ch) et Turbo (584 et 639
ch). Idem concernant les temps revendiqués pour passer de 0 à 100
km/h : 3’’8 pour notre monture du jour contre 3’’3 au Turbo et 4’’1
au 4S. S’agit-il juste du championnat du monde des lignes droites
?
Non, le GTS a des atouts supplémentaires dans sa manche, à
commencer par une hauteur de caisse abaissée de 10 mm par rapport à
tous les autres Macan (Turbo compris), des réglages de trains
roulants spécifiques et un système de refroidissement de batterie
renforcé permettant d’aller tourner sur circuit (quelle drôle
d’idée !) sans que cette dernière décède au bout du premier
tour.
Le message est sans doute : « Avec votre GTS, vous pouvez
attaquer plus longtemps qu’avec les autres électriques. » Nous
verrons bien à l’issue de notre essai. Pour compléter ce tour du
propriétaire, le GTS reprend le différentiel arrière piloté
électroniquement de la version Turbo, avec la fonction PTV
(Porsche Torque Vectoring), et peut recevoir en option les
roues arrière directrices (1 872 €), L comme c’est le cas sur notre
Macan d’essai. Autrement dit, il tente de mettre toutes les chances
de son côté pour contrer les effets de sa masse élevée : 2 470 kg
quand même !
Porsche Macan GTS électrique : pas de vraie régénération
Premiers tours de roues dans le centre-ville de Nice, puis un
peu d’autoroute A8, l’occasion de constater que les deux moteurs
synchrones à aimants permanents sont taiseux comme des carpes :
c’était évidemment attendu, mais pour qui a conduit feu le Macan
GTS de première génération et son V6 chantant, le contraste est
rude.
A la place, Porsche nous propose des bruitages plus agaçants
qu’autre chose, qu’il est heureusement possible de couper. A la
recherche de réglages de régénération au lever de pied, vous ferez
chou blanc : Porsche demeure fidèle à sa philosophie sur le sujet,
à savoir qu’il vaut mieux rester en roue libre que ralentir pour
réaccélérer, démarche de toute façon plus énergivore. Vu comme
ça…
Pas de palettes au volant pour jouer au pilote donc, juste un
pictogramme abscons sur l’écran central si jamais vous tenez
vraiment à avoir un peu de régénération. Adeptes du One Pedal, des
fausses boîtes de vitesses façon Ioniq 5 N, passez votre chemin. A
propos de boîte, d’ailleurs, le Macan n’a droit qu’à un réducteur
simple et ne reprend pas le principe de celle à 2 rapports de la
Taycan.
Porsche Macan GTS électrique : ça pousse fort !
Fin du parcours de liaison, les choses sérieuses commencent, le
Macan va pouvoir se révéler… ou pas ! Question accélération, pas de
surprise, ça pousse fort, mais la réponse ne donne pas de coup de
pied aux fesses, comme s’il y avait un mini-lissage de l’arrivée du
couple. Seul le mode Launch Control engendre un vrai
à-coup au démarrage, histoire que vous sentiez bien que le film a
débuté.
Les premiers virages arrivent vite et la gestion de la pédale de
frein ne pose pas de problème : l’attaque et le dosage sont
naturels, et il sera bien difficile de percevoir à quel moment la
régénération laisse place à la morsure des plaquettes. Nous sommes
encore en mode Normal, le plus confortable, mais déjà la suspension
pilotée pneumatique contrôle admirablement le roulis, très faible.
Première épingle, les roues arrière directrices aident l’arrière à
pivoter, même si l’avant n’est pas fainéant et n’en avait pas
vraiment besoin.
La direction renvoie de bonnes sensations et une bonne consistance,
loin de la légèreté proposée par une certaine A390. Autant le dire
tout de suite : dès les premières mises en appui, on voit bien que
l’effet péniche n’est pas là et que l’engin a l’air efficace et
précis. Manque peut-être une petite touche de fun : c’est le moment
de passer en Sport Plus, histoire d’essayer d’y remédier.
Porsche Macan GTS électrique : à l’aise partout
C’est l’occasion pour le Macan de nous remettre du son
artificiel auquel nous couperons une fois de plus la chique au bout
de trente secondes. Pas de gros changement au niveau de la
suspension, certes un peu plus ferme mais dans la nuance. La
nouveauté vient de l’arrière qui devient plus réactif, aussi bien
en entrée qu’en sortie, permettant de tenter quelques virgules à
loisir.
La balade alterne virages serrés et courbes rapides, où notre Macan
ne se départit jamais de son aisance, de sa facilité. La suspension
travaille très bien, jamais en butée, toujours en contrôle.
Optimiste sur une courbe qui se referme ? Pas de problème, on en
rajoute au volant et le Macan resserre bien. Gros freinage en
descente de col ?
Pas de problème non plus : l’attaque demeure franche, la puissance
de décélération intacte. Montée importante alors qu’il ne reste que
35 % de la batterie ? La relance paraît aussi forte qu’à 95 %. Ce
dernier point sera sans doute démenti par des mesures, mais en
ressenti, il n’y a pas de différence. La vraie route ne peut pas
remplacer le circuit, mais il semble que la promesse de Porsche sur
l’endurance de son Macan GTS ne soit pas totalement illusoire.
Il est temps de rentrer : les 586 km d’autonomie WLTP annoncés,
eux, ne seront pas tenus. Pardon pour ces trivialités, mais sur une
électrique, le rayon d’action reste une donnée phare. Comptez 400
bons kilomètres à rythme normal, et 300 seulement en conduite
rapide. Mais 300 km de petits virages dans des routes de montagne,
il y a de quoi y passer quelques heures. Nous y avons passé la
journée, ponctuée de pauses photos et d’une redescente tranquille
vers Nice où la voiture regagnait des kilomètres d’autonomie,
éloignant le stress de la panne sèche.
L'avis de Sport Auto : 4/5
Au fil de la journée, l’a priori s’est transformé : d’accord, il manque une bande-son, la montée en régime, des pétarades au lever de pied. Mais quelle efficacité, quelle maîtrise châssis ! Et puis ça pousse quand même fort. Sur un terrain pas vraiment favorable, le Macan GTS s’en est finalement bien sorti.
Porsche Macan GTS électrique : fiche technique
- Moteurs : 2 électriques (synchrones à aimants permanents)
- Puissance : 516 ch (571 ch en mode Launch Control)
- Couple : 92,8 mkg (97,3 mkg en mode Launch Control)
- Transmission : intégrale, 1 rapport à réducteur
- Capacité de batterie : 95 kWh net
- Puissance de charge maxi : 270 kW
- Antipatinage : de série déconnectable
- Autobloquant : série (piloté électroniquement)
- L - l - h : 4 805 - 1 952 - 1 613 mm
- Empattement : 2 893 mm
- Poids : 2 470 kg
- Pneus AV & AR : 255/45 & 295/40 R 21
- Prix de base : 107 500 €
- Options/primes CO2 : 31 821/0 €
- Prix du modèle essayé : 139 321 €
- V. max. : 250 km/h
- 0 à 100 km/h : 3’’8
- 0 à 200 km/h : 13’’3
- 400 m D.A. : 12’’0
Retrouvez notre essai du Porsche Macan GTS électrique dans le Sport Auto n°771 du 27/03/2026.














