Après l’achat d’une Bentley Continental GTC, un client tente d’obtenir une remise contre la suppression d’un avis négatif
À Trenton, une vente de Bentley Continental GTC à plus de 130 000 euros s’est transformée en conflit public autour d’un avis en ligne. Le concessionnaire assure disposer de documents contredisant les accusations du client.
Un cabriolet Bentley Continental GTC, le soleil du New Jersey et un client qui paie comptant : sur le papier, la vente réalisée par le garage J&S AutoHaus à Trenton avait tout d’une transaction fluide. Quelques jours plus tard, le même client a pourtant dégainé un avis 1 étoile particulièrement sévère, en accusant le vendeur d’avoir passé sous silence certains défauts esthétiques.
L’histoire ne s’arrête pas à ce commentaire public. Le manager à l’origine de l’avis négatif a proposé une "solution" : il se disait prêt à supprimer son texte si le garage acceptait de lui accorder une remise après coup. Le concessionnaire a refusé et laissé l’avis en ligne, transformant une vente bouclée en bras de fer autour de la réputation numérique.
Bentley Continental GTC : un achat de luxe qui dérape en guerre d’avis
Le Bentley Continental GTC est un cabriolet grand tourisme de génération actuelle, en occasion, dont un exemplaire de 2020 affichant 35 000 miles (environ 56 300 km) se négocie autour de 151 000 dollars, soit près de 130 000 €. Le client avait les moyens de s’offrir cette sportive britannique sans financement, avant de revenir vers le vendeur non pas pour un problème mécanique, mais pour quelques détails de carrosserie et de sellerie.
Ce manager, issu lui-même du monde de la distribution automobile, a publié un commentaire 1 étoile accusant le vendeur de ne pas l’avoir informé de l’absence de film de protection de carrosserie (PPF) sur le pare-chocs arrière, en pointant aussi un accroc réparable sur ce pare-chocs et une petite déchirure sur un siège. Puis il a demandé 4 000 dollars (environ 3 400 €) pour accepter de retirer cet avis.
Avis 1 étoile contre transparence écrite : le garage sort les preuves
Du côté de J&S AutoHaus, les équipes ont ressorti le dossier de vente. Les défauts mentionnés dans l’avis étaient listés noir sur blanc : absence de PPF à l’arrière, frottement sur le pare-chocs, déchirure limitée sur l’assise. Le vendeur affirme que le client a signé en reconnaissant ces points, ce qui contredit frontalement le récit laissé en ligne.
Sur les plateformes, le garage affiche déjà un historique de notes loin du 5/5 parfait : 2,4 sur Yelp, 4,0 sur Cars.com, 4,3 sur DealerRater, 4,4 sur Google et 4,7 sur KBB. Autrement dit, l’enseigne n’a pas bâti son activité sur l’obsession du score immaculé. Elle a donc choisi de ne pas payer la somme demandée et de maintenir l’avis, en s’appuyant sur une base de clients solide et des partenaires répartis dans tout le pays, là où une petite structure très dépendante de quelques avis pourrait se retrouver nettement plus fragilisée.
Derrière l’avis, un directeur général déjà sanctionné par la FTC
Le garage n’a pas dévoilé publiquement le nom de son client, mais a précisé qu’il s’agissait du directeur général du groupe de concessions du Maryland Lindsay Automotive Group. Aux États-Unis, la Federal Trade Commission (FTC) a conclu avec ce groupe un accord prévoyant 3,1 millions de dollars (environ 2,6 millions d'euros) d’amende et plus de 75 millions de dollars (environ 64,5 millions d'euros) de remboursements clients, dans une affaire portant sur des services additionnels présentés de manière trompeuse et des pratiques de tarification qualifiées de prédatrices.
Lors des échanges avec J&S AutoHaus, ce dirigeant se serait par ailleurs vanté de gagner 510 dollars de l’heure, soit plusieurs centaines d’euros, ce qui renforce le contraste avec la tentative d’obtenir 4 000 dollars (environ 3 400 euros) après la vente. Pour le vendeur du New Jersey, un avis défavorable de plus ne devrait pas bouleverser l’activité, mais pour le groupe dirigé par ce manager, déjà scruté par les autorités, cette séquence s’ajoute à un environnement où chaque commentaire public, même déposé par un client, peut alimenter la perception globale de ses pratiques.














