Alpine A110 de la Gendarmerie : cette ancienne voiture d’interception part aux enchères
Ex-voiture d’interception sur autoroute, cette Alpine A110 1600 S de la Gendarmerie nationale s’apprête à passer sous le marteau chez Aguttes en mars 2026. Derrière cette berlinette de la BRI, une histoire rare et un pedigree qui affolent déjà les collectionneurs.
Une berlinette qui filait autrefois derrière les excès de vitesse va quitter son garage pour changer de mains. Cette Alpine A110 1600 S a servi la Gendarmerie nationale, avant de connaître une deuxième vie en compétition.
Le 15 mars 2026, elle sera proposée aux enchères lors de la vente "Avions et Automobiles de Collection - La Vente de Printemps" organisée par Aguttes, avec une estimation de 90 000 à 120 000 €. Châssis n°16823, ex-voiture d’État livrée à la Brigade Rapide d’Intervention d’Auxerre, cette A110 de gendarmerie à vendre fait partie d’un club ultra-restreint.
Une Alpine A110 1600 S de la Gendarmerie nationale aux enchères
Produite en 1970, cette Alpine A110 1600 S fait partie des cinq exemplaires livrés le 14 avril 1970 à la Gendarmerie nationale, numérotés de 16822 à 16826. Affectée à la BRI d’Auxerre sous l’immatriculation 601 1156, elle a été accidentée en 1971 puis cédée démontée par le Domaine à Joël Mouetron, qui l’a transformée pour le rallye et la course de côte.
© Aguttes
Cette Alpine a servi aux gendarmes il y a plusieurs décennies.
La berlinette passe ensuite entre les mains du pilote Claude Michy, puis est achetée en 2003 par son propriétaire actuel, qui lance une restauration. Aujourd’hui peinte en bleu Alpine et débarrassée de ses équipements, elle reçoit des ailes plates, une jupe arrière démontable, un radiateur avant majoré, de gros freins, une boîte à crabots et un moteur Carcreff 1 950 cm³, tandis que les plaques d’identification rivetées et la plaque peinture marquée "S" rappellent sa première vie en bleu gendarmerie.
Pourquoi les Alpine A110 de la Gendarmerie nationale sont si recherchées
Dès 1966, la Gendarmerie nationale a cherché des voitures françaises capables d’intercepter les automobilistes sur les autoroutes. La Matra Djet, pénalisée par sa boîte 4 d’Estafette, s’incline face aux berlinettes Alpine 1300 puis 1500 et 1600 S de 138 ch pour 700 kg, dotées de la boîte 5 de la R8 Gordini et capables de dépasser 200 km/h. La Gendarmerie commande trois A110 1500 en 1967, puis cinq A110 1600 S livrées le 14 avril 1970, complétées par trois voitures en mars et trois en novembre 1971, soit seulement onze A110 1600 S d’État, neuf exemplaires recensés aujourd’hui.
Pour ces missions d’autoroute, l’usine Alpine de Dieppe a adapté la berlinette :
- treillis métallique intégré dans le toit pour améliorer la réception radio ;
- tableau de bord spécifique avec compteur Kienzle faisant tachygraphe ;
- jupe arrière ajourée pour mieux ventiler le moteur ;
- boîte 364 renforcée avec "couple gendarmerie" 11×34 et teinte "bleu gendarmerie".
La Gendarmerie ajoutait gyrophare, radio, sirène deux tons et marquages officiels, ce qui donnait une A110 différente d’une berlinette de rallye civile.
Du musée au garage privé : le destin des A110 de gendarmerie
Certains de ces onze A110 1600 S ont rejoint le patrimoine public. Un exemplaire de 1971, immatriculé 611 0995, a été racheté par le Fonds de dotation de la Gendarmerie et restauré pour le musée de Melun. D’autres, comme le châssis 16823 qui passera chez Aguttes le 15 mars, poursuivent leur vie chez des collectionneurs.














